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Avant-première de "No Popcorn on the floor" en Pays Basque nord

Jean-Marie Izquierdo

30/04/2009

Le film de Gaël Mocaër "No popcorn on the floor" sort mercredi, en France. Mardi soir, au cinéma Oscar d'Anglet, le réalisateur et les acteurs ont présenté l'histoire de leur cinéma et ont parlé du cinéma.

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Comme de coutumes depuis sa virée internationale au Chili, au Pays-Bas, à Paris ou encore en Iran ou Bilbao, c''est l''exploitant du cinéma qui a d''abord présenté le film.

Il n''y eut donc pas de pop-corn ni de bandes annonces lors de cette avant-première.

C''est plutôt le discours introductif du directeur d''Oscar cinéma à Anglet, François-Xavier Menou, qui servit d''entrée en matière.

Il a souligné combien il était heureux de projeter des films originaux et rares, par passion du cinéma.

L''histoire d''un film sur la vie d''un cinéma associatif

Après la projection du premier long-métrage documentaire de Gaël Mocaër, les acteurs du film prirent la parole pour partager, de vive voix, leurs sentiments à la fois sur le film et l''évolution du cinéma aujourd''hui.

"Ce film a débuté en octobre 2004, le tournage a duré un an et demi, le montage un an et demi et la distribution a pris un an de plus avec un budget dérisoire, de 400 000 euros, c''est ce qui correspond à 15 minutes de film" introduit Ramuntxo Garbisu.

Il n''y a donc pas eu de scénario, rien n''était scénarisé, 80% des 480 heures ne sont pas écrites, seules certaines scènes ont été reconstituées pour les besoins de la réalisation. "Je travaille un peu comme pour un documentaire animalier. Je pose la caméra dans l''espoir d''avoir quelque chose qui se dégage. C''est filmé avant d''être raconté, c''est très empirique" poursuit Gaël Mocaër, le réalisateur.

Une histoire d''hommes et de femmes

Ce film d''une heure trente est ainsi le résultat de 480 heures d''enregistrement. C''est un film-témoignage de l''artisanat du cinéma, de la réalité d''un cinéma associatif et des hommes et des femmes qui le font réalité au quotidien, montrant ses bricolages, ses difficultés et ses solutions, ses tentatives et ses échecs…

Comme l''a rappelé l''un des protagonistes majeur du film, Ramuntxo Garbisu, alors directeur du cinéma associatif L''Atalante, "No Popcorn on the floor" est l''histoire de personnes qui résistent à l''industrie cinématographique, luttant contre le temps de la consommation instantanée de tout ce qui peut être produit et consommé : qu''il s''agisse de pop-corn ou de films. C''est l''histoire d''un cinéma, de leur cinéma et de leur lutte pour offrir aux citoyens un peu de proximité et d''humanité contre la standardisation de la distribution massive des grosses productions.

Muriel, qui travaille toujours à L''Atalante explique qu''elle continue de le voir avec la même émotion, la même "mélancolie et le même spleen". Ce film raconte sa vie, quotidiennement et montre "un mélange d''idées du cinéma qui se perd et d''humain, ce qui en fait une réussite parce qu''il est à la fois drôle, émouvant et touchant".

Une réalité racontée sans concession

Une réalité qui se veut un témoignage réaliste et sans concession. "Une proposition nous avait été faite au moment de chercher un distributeur. On nous a proposé d''acheter le film, non pas pour le diffuser mais pour ne pas le diffuser. On nous a proposé d''en faire des chroniques, de quelques minutes pour le diffuser à la télévision. La réflexion entre Gaël et moi a pris 4 minutes. Le film se veut réaliste et pas fictionnel, il n''est pas question qu''il en soit autrement" conclut Ramuntxo Garbisu.

Borja, qui a quitté L''Atalante depuis et Jean-Georges, le projectionniste ne diront pas autre chose : "c''est l''histoire de gens qui se passe au quotidien. Une partie d''humanité sans mièvrerie aucune".

Un petit miracle en soi, à l''image du miracle qui consiste à résister, pendant 14 ans, au raz-de-marée de l''industrie du cinéma. Une résistance qu''aimait à faire reconnaître, avec dérision et fatalité, l''ancien directeur de L''Atalante, en interpellant, chaque année les hommes d''Eglise pour faire admettre la survie du cinéma comme miraculeuse !

Ce film qui raconte l''histoire d''un cinéma engagé est désormais projeté, pour deux semaines, au moins, au cinéma L''Atalante mais aussi à Paris, Lyon, Nantes, Nice, Montpellier… parce que son histoire est humaine et universelle.



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