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Jacques Audiard, accueilli tel "un prophète" à San Sebastian

Ramuntxo Garbisu

22/09/2009

Le réalisateur français a été touché par l'accueil du public de Zinemaldia pour son nouveau film, Grand Prix du Jury à Cannes, et hors-compétition ici, à Donosti/San Sebastian.

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Le nouveau film de Jacques Audiard, "Un prophète", bénéficiait de sa reconnaissance internationale à Cannes en mai dernier (Grand Prix du Jury), mais même sans cela, toute la "Croisette" basque du Festival Zinemaldia de Donosti/San Sebastian bruissait d''une rumeur insistante : "C''est celui-là, le film français qu''il faut aller voir, pas les autres".

Si les films de François Ozon, Bruno Dumont ou Christophe Honoré ont les honneurs de la compétition, il semble bien que, de l''avis du public, ils aient fait une large unanimité contre eux.

"Ennuyeux", "prétentieux", "vide" : aucun de ces méchants qualificatifs n''est venu ponctuer le ressenti unanime des spectateurs vis à vis du "Prophète" de Jacques Audiard, présenté dans la section non-compétitive des "Perles du Festival".

Un travail de "réconciliation" entre le public basque et le cinéma français que Jacques Audiard s''est amusé à minimiser lors de sa conférence de presse, mardi 22 septembre.

"Je n''ai pas le sentiment d''être isolé dans le milieu du cinéma français", déclara-t-il, en jetant un coup d''oeil complice à son co-scénariste, Thomas Bidegain, venu profiter avec lui de la joyeuse ambiance régnant dans la salle de presse.


Pour le cinéaste, une occasion rare de recueillir les impressions du public

Le réalisateur a largement pu savourer sa "non-compétition" ici à Donosti, ce qui lui a permis de prendre le temps de recueillir les réactions - chaleureuses - du public, "les gens du théâtre connaissent et aiment ces moments-là : ils sont plus rares dans le cinéma".

"La compétition, ou la concurrence entre les films, sont des notions auxquelles je suis totalement imperméable. Seule la sélection à Cannes, et ses impératifs de livraison, sont de nature à perturber mon travail, mais cela ne va pas plus loin", confia-t-il.

Avant de compléter : "Par contre, le présenter ici est une expérience vraiment agréable, dans un Festival dont les salles sont remplies de public, et pas que de professionnels : ils sont là, c''est une occasion rare d''avoir un retour en direct de ce que l''on a fait", savoura-t-il d''un large sourire.


Sortir des codes du genre

Pour ce film noir qui narre le parcours intérieur d''un jeune homme incarcéré avant de se transformer en caïd des lieux, Jacques Audiard a reconnu se sentir "à l''étroit" avec des personnages trop contenus et définis par avance.

"Il nous fallait dépasser les simples fonctionnalités du stéréotype du gansgter qui menace ou tue à chaque scène, et introduire une autre dimension, plus intérieure : celle des fantômes de ses victimes qui viennent hanter ses nuits".

Une idée presque "toute simple", s''étonne-t-il : "ce qui est sûr, c''est que si le personnage de Tony Montana dans Scarface avait été progressivement poursuivi par les fantômes des tombereaux de victimes qu''il laisse derrière lui, il aurait été stoppé bien avant dans sa folie meutrière", conclut-il.



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