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Sorties cinéma

''Poison violent'' et ''Droit de passage'', à l'abri de la pluie

Rédaction

04/08/2010

La météo qui maltraite nos envies d'été peut inciter certains à se rapprocher des salles de cinéma, où Harrison Ford marque son retour, mais moins que la révélation d'une cinéaste "à la Pialat".

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Faudra-t-il s''habituer à inclure dans nos vacances d''été au Pays Basque une sortie cinéma au début du mois d''août, comme la météo pluvieuse et maussade de ces jours-ci nous y invite ?

Histoire de ne pas gâcher certains moments précieux d''une vie, il y a une utilité certaine à trier un petit peu dans les sorties cinéma qui sont proposées avant la rentrée, et après que un blockbuster comme "Inception" de Christopher Nolan ait tout écrasé (avec talent) sur sa route.

Ce mercredi sortent donc une petite combinaison de films, entre sorties "techniques" qui se proposent de faire patienter vos enfants (à défaut de les enthousiasmer) et certaines films "ni faits ni à faire" qui ont attendu l''été pour sortir en catimini et ainsi ruiner un peu plus les rêves de gloire de son réalisateur.

Cette première semaine d''août réserve tout de même les retrouvailles avec l''acteur américain Harrison Ford, dont le charisme est à lui seul la pierre de voûte de ce "Droit de passage" signé Wayne Kramer, convaincante envolée narrative et humaine sur le sort des sans-papiers sur le sol américain.

Mais c''est bien du coté de "Un poison violent" qu''il faut aller chercher la sensation de la semaine, au moins si la révélation d''un nouveau talent comme Katell Quillévéré vous fait ressortir confiant pour les semaines à venir.


"Droit de passage" : destins croisés d''agents de l''immigration et d''aspirants américains

L''immigration n''est pas une problématique binaire, américains à l''intérieur de leurs frontières, reste du monde à leurs portes.

En présentant l''histoire à Los Angeles de personnages de différentes nationalités qui vivent illégalement dans cette ville, et qui tentent d''obtenir un statut légal par divers moyens illégaux, le film présente également l''histoire de citoyens américains qui touchent à ce milieu, dont celle de Max Brogan (Harrison Ford), un policier d''expérience de la section de l''immigration, qui tente d''aider une jeune mère mexicaine expulsée.

L''enchevêtrement des fils, un peu simple sans être grossier, dessine d''abord une carte sombre contrastée de l''Amérique comme terre d''accueil à double tranchant.

Kramer n''hésite pas à démonter la vision traditionnelle du rêve américain, à crier le caractère illusoire du "melting pot" ou à mettre en relief les abus d''une administration post 11 septembre particulièrement paranoïaque.

Et tout le film est dominé par le regard mi-bienveillant mi-désabusé du personnage d''Harrison Ford.



Visible au Sélect de St Jean de Luz, à MonCiné d''Anglet


"Un poison violent" : une oeuvre personnelle et touchante sur l''émancipation féminine

Alors que la jeune Anna doit faire sa confirmation, dernière étape dans son engagement catholique, ses parents se séparent.

En plein désarroi, sa mère trouve refuge auprès d''un prêtre et ami d''enfance. De son côté, Anna cherche du réconfort auprès de son grand-père mourant. Elle va se rapprocher aussi de Pierre, un jeune adolescent hermétique à toutes formes de religion...

Un troublant désir naît chez la jeune fille qui va ébranler sa foi...

Pour son premier film, Katell Quillévéré dépeint avec finesse les affres du tourment qui habite une jeune adolescente tiraillée entre sa foi et son désir naissant pour un garçon plus âgé qu''elle.

Un thème classique, mais on est loin du carcan nauséeux parisien et ses histoires bourgeoises cloisonnées au 16e dont les productions françaises se font l''apanage.

Manifestement autobiographique, "Un poison violent" règle des comptes avec une éducation culpabilisante et un environnement étouffant, symbolisé par la pluie bretonne.

Prix Jean-Vigo, Un poison violent s''inscrit modestement et sans racolage dans une certaine tradition française de la chronique de vie de province, sans effet pictural, dans une veine qui se rapprocherait de celle de Maurice Pialat, souligne Le Monde.

Visible au Royal de Biarritz

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On vous aura prévenus

Insoupçonnable, de Gabriel Le Bomin

Henri, riche commissaire-priseur, semble inconsolable depuis la mort de son épouse lorsqu’il rencontre l’entraîneuse Lise. Il ne tarde pas à épouser la jeune femme et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu’à ce qu’elle fasse venir le charmant Sam qu’elle présente comme son frère…

Gabriel Le Bomin a été très remarqué avec son premier long-métrage, Les fragments d’Antonin (2005). Il s''inscrit avec ce nouveau film dans le genre "thriller de l''été", comme on classe certains livres dans "roman de gare".

Un oeil moyennement attentif vous permettra de ne pas vous arrêter sur les tics du genre, avec sa pléiade d''acteurs "qu''on avait jamais vu aussi bien jouer depuis longtemps"...

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Le Café du pont, de Manuel Poirier.

Librement adapté du livre de souvenirs de Pierre Perret , Le Café du pont est censé évoquer un pan familial de son enfance, mais il y a une notion qui doit séparer "une vie sans histoire" d''une "histoire sans vie", c''est celle du travail nécessaire pour éviter l''un et favoriser l''autre. Scénario poussif et sans générosité, brochettes d''acteurs qui s''autoparodient sans le vouloir, et Pierre Perret qui s''avoue lui-même catastrophé par le résultat.



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