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De Gasteiz à Angoulême

"L'art de voler" au festival de la BD

Rédaction

25/01/2012

"L'art de voler", un roman graphique de l'écrivain Antonio Altarriba, professeur à l'Université du Pays Basque, figure parmi la sélection officielle du festival de la bande dessinée d'Angoulême.

  • "L'Art de voler" d'Antonio Altarriba et Kim.

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La 39e édition du Festival international de la bande dessinée d'Angoulême ouvre ses portes ce jeudi 26 janvier. Parmi la sélection officielle du festival figure "L'art de voler" (Denoël Graphic).

Publié pour la première fois en 2009 et traduit en français en 2011, "L'art de voler" est un roman graphique de l'écrivain Antonio Altarriba, professeur de littérature française à l'Université du Pays Basque à Vitoria-Gasteiz, et du dessinateur Kim, membre fondateur de l'hebdomadaire satirique "El Jueves".

Dans "L'art de voler", Antonio Altarriba raconte la vie de son père qui s'est donné la mort en s'élançant du quatrième étage de sa maison de retraite à l'âge de 90 ans, et "fait revivre un siècle d’histoire où l’Espagne a perdu ses illusions, ses idéaux et ses espadrilles sous la botte des dictateurs".

L'histoire d'un homme marqué par la tragédie de son pays. L'histoire d'un combattant de l'idéal dont la vie a été marquée par l'échec et la frustration, dans le désir de bâtir un monde plus juste.

Le père d'Antonio Altarriba incarne "tous les espoirs et toutes les désillusions d'un XXe siècle où le vent de la liberté n’a cessé de souffler contre les ordres nouveaux", selon Daniel Couvreur.

"Cette petite bombe anarchiste raconte l'histoire simple d'un homme qui refusera toujours d'abdiquer devant l'obscurantisme", estime-t-il, et qui a rêvé "d'abattre l'exploitation de l'homme par l'homme".

Le père d’Altarriba a connu l'exode rural, la deuxième république, la guerre civile, l'exil, les camps de concentration et la participation à la Résistance en France, le retour en Espagne sous la dictature, puis la transition démocratique et l'exil intérieur. Or, il n'a jamais réussi à prendre son envol.

Tout au long de son histoire, son père essaye de s'envoler, "avec les ailes de l'idéologie, avec les ailes de l'amour, de la prospérité économique". "À chaque fois, il essaie d'atteindre un idéal, à chaque fois, il se casse la gueule, il ne réussit pas", explique l'auteur.

"Mon travail a été d'incarner cette phrase que mon père ne cessait de répéter à la fin de sa vie et qui était tellement désespérée : "Tout cela, pour rien..."," explique Antonio Altarriba dans un entretien. Or, dans sa dernière tentative, celle du quatrième étage de sa résidence, son père a réussi : "il vole dans l'imaginaire de mes lecteurs".

En écrivant ce livre, Antonio Altarriba a voulu accomplir la volonté de son père, celle de "transmettre la mémoire de tout ce qui s'est passé et des idéaux pour lesquels il avait lutté".

Le résultat: un vibrant hommage au courage, aux idéaux vaincus et à l'art si difficile de voler...

 

À lire aussi: un entretien avec Antonio Altarriba, réalisé par Didier Pasamonik.

Pour plus d'infos sur le festival de la BD d'Angoulême, voici la vidéo de présentation:

 



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