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Le "non merci" du Boucau à l'activité industrielle du Port de Bayonne

Ramuntxo Garbisu

04/03/2009

En officialisant un futur Parc d'activité commerciale sur les terrains de l'usine controversée de Fertiladour, la Ville du Boucau est restée sourde aux pressions des usagers industriels du Port, de la CCI de Bayonne et de la Région Aquitaine : son image publique dépendait fortement de cette fronde.

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Après avoir confié le développement industriel de la zone portuaire du Port de Bayonne (Pays Basque nord) à la Chambre de Commerce et d''Industrie de Bayonne,&' || 'nbsp; son Vice-Président de la Région chargé des Transports, Jean-Louis Carrère (tout nouvellement Président de la Plateforme Aquitaine-Euskadi), se faisait fort de "remettre Boucau dans le droit chemin" : traduisez, de poursuivre une activité industrielle sur l''espace foncier de 7 hectares libéré par la cessation d''activité de l''usine Interfertil, anciennement Fertiladour.

Un appel un peu rude qui n''aura guère ébranlé la volonté des élus communistes et socialistes de cette commune située sur l''embouchure de l''Adour : par délibération du 20 février dernier, la Mairie du Boucau a de fait acté sa volonté de tourner la page de son image de zone industrielle classée à risque, par la naissance en 2010 d''un nouveau Parc d''Activité à vocation essentiellement commerciale en lieu et place de l''ancienne usine de broyage d''engrais Fertiladour.

Cette Zone d''Aménagement Concerté, dont la maitrise d''oeuvre est confiée à la société privée Atlantic Design Construction, intégrera de nombreuses entreprises de services, ainsi qu''un supermarché et un restaurant.

Cette nouvelle activité devrait créer 150 emplois nouveaux mais l''essentiel n''est pas là : pour Mme Espiaube, la Maire de la commune, ce projet permettra surtout de changer radicalement l''attractivité du Boucau, fortement limitée par&' || 'nbsp; l''activité industrielle à risques&' || 'nbsp; du Port de Bayonne.

Cette fronde, partagée également par la Ville de Tarnos, semble tout autant le résultat d''une image publique historiquement dégradée par l''activité industrielle du Port que par la volonté, non dissimulée, de veiller à ses propres intérêts communaux.

En effet, la logique régionale de renforcement industriel du Port, et, au final, sa délégation confiée à la CCI en début d''année, n''aura pas donné lieu à un dialogue sur un développement différent que Bordeaux aurait pu proposer au Boucau.

En actant la création de cette ZAC, les élus de cette commune auront rappelé aux élus régionaux que la décentralisation des compétences, déjà difficile au niveau national, ne devrait pas s''affranchir de l''écoute des élus locaux.


Les pressions des industriels du Port et de la Région Aquitaine

Cette réserve foncière de 7 hectares, en regard du terminal St Bernard du Port de Bayonne, intéressait tout particulièrement les usagers industriels de la zone portuaire pour une extension de son activité économique..

En octobre dernier, ceux-ci confiaient volontiers ne pas concevoir qu''il puisse en être autrement, relayés en cela par la CCI, chargée depuis le début de l''année par la région Aquitaine d''en développer l''attractivité industrielle.

Par la voix de son Vice-Président, Jean-Louis Carrère, les habitants de Boucau étaient censés comprendre que "il faut savoir ce que l''on veut : on ne peut pas demander des emplois et râler à cause de quelques nuisances" : il n''aura visiblement pas été entendu.


La fronde des élus du Bassin de l''Adour

La présence à proximité de l''Aciérie de l''Atlantique qui génère certainement plus de pollution atmosphérique et géologique que d''emplois n''aura guère incité le Conseil Municipal de Boucau à accepter ce seul axe de réflexion.

En juin 2008, ce Conseil Municipal a voté la préemption de ces terrains de 7 hectares afin de les soustraire très officiellement aux orientations de la Région Aquitaine et aux décisions de développement industriel de la CCI de Bayonne.

"Seveso, ça suffit" aura convaincu la majorité des élus, souhaitant tourner la page de cette norme industrielle liée à des risques industriels majeurs.

Dans la même logique, les anciens terrains des Raffineries de l''Adour du groupe Total, plus en amont et classées en exploitation à risque Seveso 2, sont en voie de désossement et devraient également accueillir une activité moins polluante.

A Tarnos, la venue du laminoir du groupe Beltrame, bien accueilli lors de la présentation publique, avait inspiré cette remarque à Mr Lespade, son Maire : "ce projet, c''est quand même autre chose que ce que la CCI voulait nous refiler avec l''usine de colles Derivados Forestales", du nom d''un projet industriel avorté après la résistance des associations locales de citoyens.


La dépollution de l''ancien site de Fertiladour

Son activité de broyage de minerais rares dans les années 90 a provoqué la contamination en thorium et uranium d''une partie importante de son empreinte géologique : une dizaine d''années aura été nécessaire aux associations locales pour exiger et obtenir la prise en compte de cette atteinte environnementale à l''ensemble des pouvoirs publics.

Aujourd''hui, à la Mairie du Boucau, on assure que "le site est entièrement dépollué, sur la base du rapport officiel de la Direction Régionale de l''Industrie de la Recherche et de l''Environnement locale (DRIRE)".

Rappelons que&' || 'nbsp; c''est ce même organisme qui assurait également que "compte tenu de la problématique "pollution faiblement radioactive" fréquemment associée à l''industrie des engrais, il a été demandé à l''industriel d''adjoindre à son étude des sols une cartographie de la radioactivité du site (terrains et bâtiments)".

Un document réclamé dès 1997 mais jamais fourni par l''industriel, cette zone restant de fait laissée à la supervision très subjective du directeur de l''usine, Mr Capdepuy, et à de simples mesures de radioactivité des écoulements d''eaux éventuels sur trois points du terrain.

Des bigs bags de terres contaminées au thorium et à l''uranium auront ainsi été stockés durant plus de 10 ans sans précautions particulières sur le site de l''usine, tandis que les endroits où ces terres furent excavées furent livrés aux éléments naturels sur la même période.

Sans doute l''opiniâtreté du Collectif d''Associations pour la Défense de l''Environnement CADE, quelques articles de presse et le reportage d''eitb.com auront contraint son Directeur à se résoudre à traiter ce problème.

La production publique de la topographie radioactive exacte du site devrait, à n''en pas douter, éviter de faire naître toute nouvelle possibilité de controverse.



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