Infos

Économie

Restez informé par RSS

Économie

Un os dans le jambon

Les banques vont très bien, et elles vous remercient

Ramuntxo Garbisu

22/07/2009

Un an après la crise bancaire qui a terrassé le monde économique, les banques d'affaires renouent avec des bénéfices stratophériques. Les politiques haussent le ton, mais ces sociétés n'en ont cure : ceux qui ont cru à la "moralisation" du marché en sont pour leurs frais.

Commentaires

Le bilan économique est sombre, les perspectives industrielles ne sont guère réjouissantes, mais les vénérables institutions bancaires ont retrouvé en quelques mois leur statut hors du commun.

Les résultats bancaires voient l''explosion pour certaines de tous leurs bénéfices historiques et garantissent pour leurs employés des primes de résultats doublées par rapport à l''an passé.

Après avoir joué un rôle central dans les plus grandes crises financières des 80 dernières années, dans l''explosion de la bulle spéculative, après avoir contribué à faire disparaître une activité économique estimée à 5.000 milliards de dollars, après avoir refilé des milliers de prêts immobiliers toxiques à des retraités aujourd''hui expulsés et à des municipalités en quasi-faillite, après avoir contribué à soutenir la flambée des prix du pétrole et des matières premières, après avoir ainsi poussé des millions de personnes à souffrir de la faim dans le monde entier, les plus célèbres banques d''affaires sont les seules à marcher sur l''eau.

Les grands sauveteurs publics, d''Obama aux Etats européens, prononcent du bout des lèvres l''hypothèse "odieuse" du retour aux affaires traditionnelles.

Wall Street flambe, toutes les "anomalies du marché" sont autant d''aubaines pour les placements risqués et juteux : les banques ne devraient plus tarder à vous vendre à crédit la bouée de sauvetage pour les uns et les balles pour les autres.


L''impuissance des Etats à moraliser la finance

Aujourd''hui, Obama et les autres chefs d''Etat ont de très faibles moyens pour contraindre les banques à arrêter ces pratiques. Face à ces firme, le chef de la plus grande puissance du monde lui-même doit s''incliner, vaincu par K.O.

"Le temps viendra pour les banquiers de faire des profits et de toucher des bonus. Mais ce moment n''est pas arrivé", avait clamé Barack Obama le 30 janvier 2009 en apprenant que 18,4 milliards de dollars de primes de fin d''année avaient été distribués par les banques de Wall Street à leurs employés pour "leurs performances" en 2008. Six mois après, Obama ne peut même plus s''insurger.

En octobre dernier, on annonçait la fin des stock-options, des salaires exponentiels et des dividendes gargantuesques. Le fantasme de la "moralisation" a vécu, et aucun Chef d''Etat ne pourra parler de "moralisation" quand la richesse actuelle des firmes bancaires se fait actuellement sur l''achat, pour des miettes, de leurs concurrents ou de société en faillite.

Des stratégies qui ne laissent guère rêveurs les analystes économiques américains : "Seul un économiste gouvernemental ou un déficient mental peut estimer qu''il s''agit là de preuves d''une reprise économique. Car la question qui doit être posée est la suivante : contre qui ces grandes institutions financières sont-elles en train de trader ?", peut-on lire dans la presse nord-américaine.


Retour de la prospérité pour Goldman Sachs, mais leurs clients attendront

La plus célèbre banque d''affaires au monde a repris contact avec ses bénéfices stratophériques, une aubaine saluée par ses salariés qui toucheront en 2009 des primes de résultats jamais distribués par le passé.

Après que le Trésor américain ait pris en charge ses filiales "toxiques" noyées dans les sub-primes, comme sa branche d''assurances AIG, Goldman Sachs a explosé tous les compteurs en dégageant en trois mois le chiffre d''affaires le plus important de son histoire : 13,8 milliards de dollars.

Son bénéfice est en hausse de 65% par rapport au même trimestre en 2008, et ses employés peuvent s''attendre à recevoir le plus gros paiement de bonus depuis la création de la banque, il y a 140 ans : la banque a déjà mis de coté 20 milliards de dollars pour 2009, destinés à des primes pour ses employés, soit une moyenne de 700.000 dollars par salarié, le double des bonus de 2008 et un chiffre proche de record de 2007.

La publication des résultats semestriels d''une banque à l''origine de nombreux cracks boursiers, notamment en Argentine en 2000, n''a jamais eu la moindre mesure de rétorsion contre elle. Mais soyez patients : la banque a d’ores et déjà prévenu les marchés que les revenus de ses activités entre mars et juin seraient "colossaux".


Obama trouve que "Wall Street n''a pas assez changé"

Pour le président américain, les opérateurs de Wall Street ne semblent pas avoir le moindre remord d''avoir pris autant de risques. Jugeant que leur comportement a peu évolué, le président réitère l''intérêt d''effectuer des réformes du système de régulation.

"Le problème, selon moi, c''est qu''on n''a pas l''impression que les gens de Wall Street aient le moindre remord d''avoir pris autant de risques", a-t-il confié dans un entretien accordé à la chaîne de télévision PBS lundi


Lagarde pousse un "cri du coeur" contre le retour des "vieilles pratiques"

La Ministre française de l''économie, Christine Lagarde, a exhorté aujourd''hui les gouvernements du G20 à cesser de "tergiverser" et à mettre en place des garde-fous contre ces bonus dont la ministre estime qu''ils encouragent trop la prise de risque.

"Je crois que c''est une honte absolue que des primes garanties de plusieurs années puissent encore être versées ou que certains soient tentés de remettre en place les vieilles pratiques de compensation avec une relation insuffisante entre la compensation et une performance durable et une bonne gestion du risque", souligne Mme Lagarde.

En février dernier, les banques françaises ont annoncé leur engagement à encadrer les bonus versés aux traders afin de limiter ces prises de risques excessifs.
Aujourd''hui, elle estime qu''il est "difficile" d''imposer ces règles aux banques françaises, dans la mesure où ces règles pourraient les "désavantager" en termes de recrutement.

Profitant du rebond des argentiers américains, les établissements bancaires français remontent "vaillamment" la pente : à Paris, Société Générale a signé lundi la meilleure performance du CAC 40 avec un gain de 3,2% à 42 euros, à l''unisson des enseignes comme BNP Paribas ou le Crédit Agricole.



Les infos du Pays Basque

  • Euskal Herria

    Euskal Herria

    Retrouvez toutes nos actualités les plus récentes relatives au Pays Basque recueillies sur une seule page.

Le plus vu