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Déchets radioactifs

Un poisson d'Avril retrouvé à Fertiladour

Ramuntxo Garbisu

02/04/2009

Seule la date du 1er avril était exacte dans notre article sur la "reconversion réussie" du site toujours contaminé de l'usine d'engrais Fertiladour. La neutralisation radioactive du lieu, pourtant vendue par certains élus de Boucau, reste encore du domaine de la fiction.

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L''article présentant l''approbation en réunion publique de la réhabilitation des terrains boucalais de Fertiladour arrivera peut-être un jour, mais cela n''est pas tout à fait pour demain.

La présence dans les sols de cette usine d''engrais de thorium radioactif issu du broyage de terres rares de monazite entre 1973 et 1992 est revenue dans l''actualité l''automne dernier, avec un reportage que nous lui avions consacré ainsi qu''avec de nombreux articles réalisés par le quotidien Le Journal du Pays basque.

Si la procédure de dépollution du site s''est quelque peu accélérée quelques temps après, c''est essentiellement dû à la mise en vente du terrain de 7 hectares parson propriétaire, et rachetée par la Municipalité du Boucau : un projet de Zone d''Activités Commerciales (ZAC) sur ce site a déjà été présenté à la presse et à la population.

Notre idée de place "Pierre et Marie Curie" en honneur de ces deux chercheurs en radioactivité morts de leurs travaux ne devrait pas y voir le jour, pas plus que ce bitume dont le code couleur permettrait de savoir combien de temps on peut rester sur le parking recouvrant des sols encore contaminés (de 5 minutes à 2 heures).

Un exercice traditionnel de "désinformation" limité au 1er avril, à voir comme la réponse aux élus socialistes de Boucau qui, le 25 mars dernier, qualifiaient "d''intoxication" et de "choux gras médiatiques" nos informations.


Quand les élus socialistes du Boucau s''emmêlent

Dans leur édition "Zoom, l''info vue par le Parti Socialiste du Boucau", ils dénoncent le traitement médiatique lié à Fertiladour admettent que "le site était effectivement pollué", mais que l''industriel de Fertiladour devait le dépolluer avant son départ, "ce qui a été fait".

Joint par téléphone, leur chef de file Christophe Martin n''a pas souhaité communiquer les informations que ces élus détiendraient, apportant la preuve de cette décontamination et qu''aucun journaliste ici ni militant de la coordination écologiste locale Aloes-Boucau ne possèdent.

Répondant aux critiques soulevées par cette publication de "Zoom", Pierre Favraud, socialiste et Adjoint à l''Urbanisme de Boucau, l''a admis : "Lorsqu''un journaliste nous annonce que la zone est polluée et radioactive par endroit, il ne nous apprend rien".

C''est pourtant le plus sérieusement du monde que cet élu explique avoir "exigé" du promoteur immobilier que les zones contaminés et simplement recouvertes de gravier "ne soient pas construites pour éviter de remuer les terres en profondeur".

Avant de conclure, magistralement, et en lettres capitales : "NOUS NE TRANSIGERONS PAS SUR LA SECURITE DU SITE !"

"Si le journaliste considère que le travail de dépollution effectué par l''industriel est incomplet, pourquoi pas, qu''il en apporte la preuve", peut-on encore y lire : quelques informations complémentaires paraissent donc utiles...


Les Bigs Bags de terres contaminées de Fertiladour

Durant presque 10 ans sont restés sur le site près de 400 sacs ayant recueillis les terres contaminées à isoler :
- 17 bigs bags avec les déchets les plus radioactifs (200 fois plus radioactives que le sol local)
- 373 sacs avec des taux de radiation sensiblement inférieur (30 fois la radioactivité naturelle).

Ces derniers ont été acheminés vers une décharge industrielle adaptée en région parisienne : malgré nos demandes et celles du Collectif d''Associations pour la Défense de l''Environnement (CADE), le bordereau prouvant le nombre exact de sacs transférés ne serait toujours pas établi selon la réponse de la DRIRE.

Les 17 bigs bags les plus dangereux sont toujours sur le site, l''industriel jugeant "trop excessifs" les tarifs demandés par l''Agence nationale des Déchets radioactifs (ANDRA) pour les récupérer.


L''état des sols

Les élus boucalais se satisferont de la couche de gravier posée aujourd''hui sur les sols de Fertiladour présentant des taux de radiation 30 à 40 fois supérieurs à la radioactivité naturelle.

Un traitement de "crotte de chat" dénoncé par la CRII-RAD mais globalement accepté par la législation française.

Restent que la DRIRE confirme que la spectrométrie de ces sols n''est toujours pas effectuée, rendant douteuse l''affirmation de M.Dubourdieu, adjoint au Maire : "Aujourd''hui, nous considérons à juste titre que le site est totalement dépollué".


Le devenir du site

Le projet d''aménagement de la ZAC comprenant un centre commercial et un restaurant devra donc "zigzaguer" entre les zones recouvertes de gravier, comme le confirme la DRIRE, qui s''est engagée à assigner un bureau d''études spécialisé : aucune fondation ou travaux ne seront effectués sans surveillance systématique.

Il aurait sans doute été plus sécurisant de demander l''extraction pure et simple de ces terres recouvertes : une option que, visiblement, la Municipalité de Boucau rechigne à exiger du pollueur.

Le Thorium 232, présent dans ces terres contaminées, est un nucléide radioactif d''une durée de vie de 14 milliards d''années.



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