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Fertiladour

Au Boucau, la radioactivité assassine toujours la terre

Ramuntxo Garbisu

17/04/2009

Le relevé officiel des opérations de dépollution de l'usine Fertiladour montre que la zone de radioactivité s'est encore accrue et s'étale très largement sur l'ancien site de broyage de monazite. L'industriel et les élus locaux sont désormais face à l'obligation de remédier à ce désastre environnemental.

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L''ensemble de la presse locale avait répondu présent ce jeudi matin 16 avril à la conférence de presse organisée au Boucau, près de Bayonne, où les lanceurs d''alerte du Collectif d''Associations pour la Défense de l''Environnement (CADE) ont dévoilé la carte officielle issue de la dépollution radioactive de l''ancienne usine d''engrais et de minerais Fertiladour.

Un premier arrêté préfectoral en 2000 avait demandé une première séries de mesures contraignantes quant à l''excavation de terres de monazite fortement contaminées au thorium 232, d''une durée de vie de 14 milliards d''années.

Neuf ans après, si le site a cessé son activité, la dépollution radioactive devait ouvrir la voie à une reconversion du site en zone de commerces et bureaux, selon les voeux de l''équipe municipale.

Effectuée par un bureau d''études indépendant et réceptionnée officiellement il y a quelques jours à peine par la Direction Régionale de l''Industrie, de la Recherche et de l''Environnement (DRIRE), elle atteste malheureusement d''une contamination radioactive qui s''est aggravée avec les travaux dits de dépollution effectués sous l''autorité du Directeur d''Exploitation de la firme, Mr Capdepuy.

De nouveaux "points chauds" sont désormais mis à jour, tandis que la zone dépassant le plafond toléré de radiations représente désormais une bonne partie de l''aile gauche de l''exploitation.

Les travaux de recouvrement par du gravier des zones connues dès 1997 sont elles à un niveau lui aussi supérieur aux normes de santé.

Informé du sombre bilan environnemental par la DRIRE, et sans doute averti de l''imminence de la conférence de presse, l''exploitant a pensé bon de labourer et camoufler en divers recoins du terrain les excès de radioactivité, comme le montre cette vidéo.

Une méthode douteuse qui devrait refroidir jusqu''aux ardeurs de ces quelques élus locaux qui demandaient aux journalistes d''apporter la preuve de la non-dépollution de Fertiladour plutôt que de procéder à une intoxication du débat...


L''alerte du CADE totalement légitimée

Une nouvelle étude indépendante de dépollution devra donct être refaite, afin d''obtenir la validation préfectorale obligatoire de cessation d''activité.

Mais les méthodes mises en oeuvre ici ont plus à voir avec la technique de la "crotte de chat" que l''on cherche à dissimuler qu''à une véritable prise de conscience de la dangerosité du site.

Le CADE l''a réaffirmé ce matin : "Nous garderons la mémoire de ce site, aujourd''hui, demain ou dans quarante ans ! Il faut que l''industriel concerné et les élus locaux apportent une réponse valable à ce problème, nous resterons en vigilance pour chaque centimètre de ce terrain, pour chaque brin d''herbe, pour chaque demande de permis de construire".

Dans les jours qui viennent, le CADE devrait proposer une réunion publique afin d''informer les habitants de Boucau mais également tous les salariés, d''hier et d''aujourd''hui, sur la réalité de ce site industriel.


La situation de Fertiladour aujourd''hui

Si le projet de reconversion annoncé pour la fin de l''année est irréalisable en l''espèce, il faudra sans doute attendre des organismes d''Etat d''encadrer plus efficacement la décontamination du site.

L''Agence Nationale des Déchets Radioactifs (ANDRA) n''a toujours pas réceptionné les 17 "bigs bags" contenant des terres plus de 100 fois supérieures au maximum autorisé.

Quant aux 373 "bigs bags" des terres excavées en 2001, l''exploitant industriel n''a toujours pas fourni à la DRIRE le certificat de bonne expédition de ces déchets contaminés vers la décharge adéquate, une opération qu''il aurait effectuée en octobre 2008.

Quant aux salariés qui ont travaillé dans cette usine, aucune étude épistomologique n''a encore été étbalie pour connaitre l''étendue des dégâts humains causés par une pratique industrielle qui n''a jamais respecté les contraintes préfectorales exigées : port de masques et de combinaison type CEA (Commissariat à l''Energie Atomique).




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