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Lignes à Grande Vitesse

De nouvelles voix, contre les voies

Rédaction

20/05/2009

Trois référendums d'initiative populaire seront organisés au Pays Basque nord en marge des élections européennes du 7 juin prochain, afin d'obtenir la "photographie" d'un refus grandissant contre le projet de nouvelles Lignes à Grande Vitesse entre Bordeaux et les Pyrénées.

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C''est dans un contexte de "cacophonie politique" que les opposants au projet de LGV Sud Ouest ont souhaité organiser un vote par référendum sur les communes de St Pierre d''Irube, Lahonce et Villefranque (Pays basque nord).

A l''occasion du vote pour les Européennes le 7 juin prochain, sera donc organisée à l''extérieur des bureaux de vote classiques une consultation populaire de ces trois communes visées par le faisceau d''un kilomètre des nouvelles voies.

L''objectif est de constituer une "photographie" du sentiments des habitants qui se sont pressés en nombre aux réunions publiques organisées depuis le 16 janvier en divers points du Pays Basque nord (plus de 2.500 personnes à ce jour).


Réintégrer les effets de la crise sur les prévisiosn de trafic

"Les élus, mais également les citoyens, prennent de plus en plus conscience de l''importance des sollicitations financières que l''Etat, via son opérateur RFF, tente de lui imposer", explique le collectif.

Avec la crainte de voir les villes moyennes "mangées" par l''implantation - hypothétique - d''une nouvelle gare sur telle ou telle commune, tout un front du refus se positionne désormais contre un projet dont l''inéluctabilité n''est plus aussi évidente.

"La rénovation des voies actuelles est largement suffisante, au vu de l''impossibilité d''une croissante constante de 6% jusqu''en 2020, comme présenté initialement", rappelle Victor Pachon.

Des doutes qui semblent gagner du terrain jour après jour : le 1er avril dernier, la Commission européenne a été saisie pour lancer une étude sur le réajustement des perspectives de l''autoroute ferroviaire entre la France et l''Espagne, à la demande des deux gouvernements.


Les "anti-LGV" relèvent une "cacophonie" des élus pro-LGV

Les remontrances récentes du premier Ministre François Fillon contre les communes ou collectivités rechignant à financer ce projet de plusieurs dizaines de millions d''euros sans contre-parties directes (création ou renforcement d''une gare existante) ont débouché sur une remise à plat du financement du tronçon entre l''agglomération bordelaise et les Pyrénées.

"Certains élus qui se sont endormis pro-LGV nous font la surprise de se réveiller le matin en fervents opposants à ce projet pharaonique qui détruit notre cadre de vie", ironise Victor Pachon, qui, au sein du CADE, mène depuis plus de 10 ans une bataille méthodique contre le sérieux des hypothèses proposées par l''opérateur Réseau Ferré de France, chargé de trouver le financement global d''un projet de 2 milliards d''euros.

Le ralentissement économique rend en effet encore plus incertaines les perspectives d''une hausse du trafic du transports voyageurs et du fret de marchandises de l''ordre de 6% chaque année jusqu''en 2020.


Les opérateurs privés désormais peu pressés de se positionner sur ce projet

Après avoir avancé le chiffre d''un fret de 40 trains par jour entre Hendaye et Bordeaux, la SNCF vient d''ailleurs d''admettre que le nombre réel ne train serait de l''ordre de 14.

Avec l''affaiblissement des compagnies de transports sur rail comme Novatrans, ce chiffre, fixé avant la crise, n''a pas été réactualisé par la SNCF ni la Chambre de Commerce et d''Industrie de Bayonne, "mais tout le monde le sait, le fret ne cesse de décroitre depuis janvier 2008, en moyenne de 30% sur ce tronçon en une seule année", avance Victor Pachon.

Une incertitude qui gagne jusqu''aux rangs des opérateurs privés pressentis pour en financer une partie importante, contre reversement des taxes voyageurs.

"Un groupe comme Veolia est en train de revoir à la baisse sa politique de fret, après avoir vu son action chuter de 30% en quelques mois. Même l''assurance que l''Etat, c''est à dire le contribuable, leur paiera le manque à gagner du trafic ferroviaire ne suffit pas à les convaincre", rappelait un des porte-paroles du collectif.


"Les élus pro-LGV devront répondre de leurs positions"

Nullement ennemis du fret ou des TGV, les opposants à la construction de nouvelles lignes (destructrices de 8 hectares de forêt par kilomètre de nouveau rail dans les Landes) souhaitent en finir avec ce "mythe de la croissance", servi par la région Aquitaine ou certains élus du Pays Basque nord.

"On nous dit que nous ferions mieux de nous occuper de la forêt des Landes, dévastée par le cyclone Klaus", évoque Victor Pachon, "mais si nos interlocuteurs pensaient, comme nous leur demandons depuis des années, à arrêter l''arrivée en Aquitaine de tous ces bois exotiques, nous pourrions peut-être commencer à leur faire confiance".


Un problème possible de jonction avec le LGV espagnol

Le projet de construction de nouvelles Lignes à Grande Vitesse a été récemment accéléré, de part la même volonté exprimée par Madrid et par le nouveau chef du gouvernement basque Patxi Lopez.

"Ils essaient effectivement de rattraper le temps perdu depuis des années, mais leur projet porte essentiellement sur le transport de voyageurs, alors que le projet français repose sur le fret", explique le collectif.

D''après Victor Pachon, "récemment, un rapporteur de la SNCF reconnaissait avoir un doute sur la comptabilité réelle des tracés au point de jonction à Hendaye".



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