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AZF : peine maximale pour l'industriel

Agences

25/06/2009

Au terme de huit heures de plaidoirie devant le tribunal correctionnel de Toulouse, les procureurs ont requis la peine maximum prévue par la loi à l'encontre de la société Grande Paroisse, filiale de Total et de Serge Biechlin, le directeur de l'usine chimique AZF.

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Le ministère public a requis mercredi une peine de trois ans d''emprisonnement avec sursis et 45.000 euros d''amende, soit le maximum, à l''encontre de Serge Biechlin, l''ancien directeur de l''usine AZF qui comparaissait pour "homicides et blessures involontaires" et "destructions de biens" devant le tribunal correctionnel de Toulouse dans le procès sur l''explosion de l''usine AZF, qui fit 31 mort et des milliers de blessés le 21 septembre 2001 à Toulouse.

"Serge Biechlin et Daniel Grasset, représentant de Grande Paroisse, sont responsables et coupables", a martelé Patrice Michel, procureur adjoint de la République de Toulouse. "Comment le directeur de l''usine n''a-t-il pas pensé aux risques et à l''erreur humaine?", s''est-il interrogé, précisant que sur un même site classé Seveso 2, "on fabriquait des produits explosifs et il y avait un risque de croisement des produits qui est non seulement créé mais organisé par Grande Paroisse".

"Il y avait deux usines en une aux portes de Toulouse et elles auraient dû être séparées", a ajouté le procureur Michel, relevant les "dysfonctionnements graves dans l''organisation et la gestion des déchets" au sein de l''usine ainsi que "la sectorisation du travail" et les différences de traitement entre les salariés et les sous-traitants.

"Requérir n''est pas une chose facile", a indiqué le procureur adjoint en préambule de son réquisitoire, le dossier de l''instruction étant "complexe".
"Jamais, je n''oublierai ces visages d''hommes, de femmes et d''enfants qui sont venus à la barre témoigner et nous parler de leurs derniers moments passés avec ceux qu''ils aimaient", a-t-il ajouté, soulignant que ces quatre mois d''audience étaient "intenses" et "riches en émotions". "Aucune condamnation ne pourra jamais réparer les souffrances infinies", a-t-il ajouté.

Maître Daniel Soulez-Larivière, avocat de Grande Paroisse, a souligné pour sa part que la peine maximale requise par le ministère public était "dans la logique de la poursuite", ajoutant qu''il plaiderait la relaxe. "Je n''ai pas trouvé dans ces heures de réquisitoire une démonstration utile par rapport à tous les doutes manifestés durant ces quatre mois d''audience", a-t-il expliqué devant la presse, faisant valoir que l''expertise officielle était "très contestée, très discutée et discutable".

"Cela nous semble tout à fait normal et tout à fait logique compte tenu de la gravité de cette affaire", a estimé pour sa part Me Stella Bisseuil, avocate de l''Association des familles endeuillées, au sortir de la salle d''audience.

Quant à Jacques Mignard, ancien salarié d''AZF et président de l''association "AZF Mémoire et Solidarité", il a jugé que les réquisitions "correspondent à la démarche du procureur, adossée à une thèse officielle, qui nous paraît absolument invraisemblable". Selon M. Mignard, "la vérité judiciaire n''est pas la vérité scientifique. On en a eu la confirmation aujourd''hui".

En près de huit heures de réquisitoire retraçant l''enquête menée depuis la catastrophe, Patrice Michel a notamment fustigé la commission d''enquête interne de Grande Paroisse qui, selon lui, a "pollué, retardé, parasité" l''enquête officielle, soulignant le "glissement" de cette commission "en comité de défense, après la remise de son rapport en 2002".

En revanche, le parquet a plaidé l''irrecevabilité des plaintes des parties civiles contre le groupe Total et son ancien PDG, Thierry Desmarest, qui avaient bénéficié d''un non-lieu du juge d''instruction au motif que Grande Paroisse est une société autonome. Outre l''irrecevabilité juridique, le parquet a estimé qu''" aucun élément dans le dossier ne permet de les mettre en cause".

Les sept avocats de la défense plaideront jusqu''à lundi prochain et le procès se terminera le 30 juin par une audience consacrée aux demandes de dédommagements. Le tribunal rendra son jugement courant novembre.



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