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Valorisation des déchets

Méthanisation au Pays Basque nord : derrière le concept, les doutes subsistent

Ramuntxo Garbisu

07/08/2009

Le procédé de méthanisation, en voie d'être expérimenté dans une usine à Bayonne, entraîne de nombreux désagrééments pour les riverains, spécialement dans le cas des usines citées en référence pour ce projet par le syndicat Bil Ta Garbi qui s'insurge contre cette opposition.

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A la recherche d''une alternative à l''incinération et à l''enfouissement des déchets, le syndicat Bil Ta Garbi en Pays basque nord avait l''impression d''avoir privilégié un projet présenté comme "novateur", par le procédé de méthanisation des déchets, permettant un traitement rationnel de valorisation des déchets, par la production de compost et de biogaz.

Largement promu par le Grenelle de l''environnement, ce dispositif existe depuis plus de 30 ans en Inde ou en Allemagne, mais force est de constater que les récentes usines implantées en France causent de nombreux désagréments, motivant la création à Bayonne d''un collectif d''opposition au projet, l''Adech.

Depuis plusieurs mois, l''Association de défense de l''environnement du Chemin Hargous conteste l''implantation de cette usine de méthanisation à proximité des habitations du quartier de Bats à Bayonne, qui devrait être installée près d''un futur quartier de résidences, de la mosquée de Bayonne, et à proximité des barres HLM des Hauts de Ste Croix.

Initialement opposée au choix du lieu, l''Adech s''oppose également aujourd''hui au processus industriel, au vu des problèmes constatés à Montpellier par exemple, présenté à l''époque comme "un véritable défi technologique".


La recherche d''une alternative à l''ancien incinérateur de Bacheforès

Faute d''infrastructure de traitement des déchets en Pays Basque depuis la fermeture de l''incinérateur de Bachefores en 2004, les déchets récoltés par les communes adhérentes au syndicat sont valorisés et triés par le Syndicat Bil Ta Garbi, puis "exportés" à hauteur de 60 000 tonnes vers le site girondin de Lapujade.

Une solution valable jusqu''en 2013, date à laquelle les Girondins finiront d''apprécier d''accueillir ces milliers de tonnes de déchets venus du Pays Basque.

Pour les 75.000 tonnes à traiter prévu dans le futur, le syndicat Bil Ta Garbi a donc opté pour la méthanisation sur le site du quartier de Bats.

A proximité d''un espace naturel classé par le Ministère de l''Écologie et des cités Breur, Ste Croix et Habas, il est clair que cet emplacement ne correspond plus aux injonctions du Ministère de l''Ecologie qui impose des implantations éloignées des lieux de vie.


L''Adech conteste l''absence déclarée de nuisances

Tout en étant "consciente de l''importance et de la nécessité d''une usine de retraitement des déchets", l''Adech motive son refus de voir ériger une usine de méthanisation à proximité d''immeubles et de résidences.

D''autre part, les exemples avancées par Bil Ta Garbi sont loin de convaincre ce collectif, qui en dénonce les nombreux désagréments : bruits, odeurs, présence massive de mouches.

Leur demande de débat public a fait bondir Alain Iriart et le Maire de Bayonne, Jean Grenet, qui refusent de voir remis en question le choix du site et de la technologie.


Le mauvais exemple de Montpellier

Cela devait être un projet-référence, et cela se transforme en un cauchemar permanent.

A Montpellier, l''usine Garosud a été promue comme la "plus grande usine de méthanisation de France".

Depuis son ouverture en juin 2008, les nuisances sont nombreuses, en dépit des importants travaux engagés par l''Agglomération de Montpellier pour les réduire.

Une odeur âcre de maïs broyé sous silo, ou d''étables d''un élevage bovin soumis à la chaleur : les riverains de l''usine de méthanisation d''Amétyst ont le choix des comparaisons pour définir leur gêne.

Le constat s''impose : les nuisances olfactives, émanant notamment des hangars de maturation des composts, s''avèrent plus importantes que jamais dans le voisinage et provoquent l''exaspération des habitants, comme le montre ce reportage de France2, sur l''invasion de mouches dans le voisinage.


Bil Ta Garbi se tourne désormais vers d''autres références

En réponse à cette comparaison, le syndicat, aidé par le Maire de Bayonne, tente de convaincre les riverains en leur expliquant que le coût de leur projet est deux fois plus important que celui de l''usine de Montpellier, et plus respectueux des contraintes environnementales.

Et balaie donc les craintes exprimées par l''association des riverains : l''usine de tri n''émettra ni gaz ni odeur 98 % du temps pour ce dernier, comme l''exige le règlement.

Aujourd''hui, c''est vers l''usine de méthanisation d''Usurbil, près de Donosti/San Sebastian (Pays Basque sud) que elurs regards se tournent, y voyant des "avancées très satisfaisantes".

Ces nombreuses interventions du syndicat mixte pour dissiper les craintes des futurs riverains et leurs promesses de transparence ne semblent pourtant avoir rien changé de la détermination des opposants au projet.


Un procédé "révolutionnaire" largement pris en défaut malgré tout

Au-delà des nuisances qui n''ont jamais été totalement éradiquées sur aucun des sites français, l''association Terre Verte a envoyé trois de ses adhérents au colloque "Prévention &' || 'amp; gestion des déchets dans les territoires" organisé par l''ADEME et le Ministère de l''écologie et du développement durable les 20, 21 et 22 juin 2009 à la Maison de la Chimie à Paris.

Ce colloque montrera que seuls 2 sites sur un total de 80 usines en exploitation arrivent à fabriquer ce compost recherché, et que, par exemple, les Allemands viennent d''interdire l''épandage de compost provenant du traitement des ordures ménagères.

Par ailleurs, GDF ayant refusé un accord d''achat systématique des biogaz, les syndicats de gestion des déchets en sont rendus à proposer cette énergie aux industriels à des prix plus bas, permettant difficiles le retour sur investissement prévu.

Par ailleurs, pour l''Observatoire des déchets de l''agglomération de Montpellier, association d''experts, ingénieurs et universitaires, qui s''interdit de sortir d''un avis technique, les risques se multiplient, devenant moins maîtrisables, avec la taille de l''usine, le nombre de réacteurs et la proximité de la zone habitée.

Le procédé de méthanisation exige également que les déchets soumis soient exempts de toute matière solide non-fermentescible. Cela exige, en particulier, un tri citoyen sérieux à la source pour séparer la Fraction Fermentescible des Ordures Ménagères (la FFOM) du reste : dans le cas contraire, un tri supplémentaire est nécessaire, pratiqué en plein air sur le site de réception des déchets.



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