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Bayonne : TMB, c'est Très Mal Barré?

Ramuntxo Garbisu

23/10/2009

Un soutien financier de l'ADEME au projet bayonnais de Tri Mécano Biologique n'a jamais été prévu, a rappelé le Conseil Municipal ce jeudi, en ne prenant pas le soin, par contre, d'expliquer pourquoi.

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La polémique sur le futur centre de Tri Mécano Biologique (TMB) par méthanisation, impulsé par le syndicat Bil Ta Garbi dans le quartier Hargous de Bayonne (Pays Basque nord), a connu un nouveau rebond, avec la publication d''un article de presse locale, le 12 octobre dernier, rapportant le retrait financier du projet de l''ADEME (Agence de l''Environnement et de la Maîtrise de l''Energie).

Balivernes et fariboles pour le Maire de Bayonne, Jean Grenet, qui a répondu aux critiques de l''opposition de gauche sur ce sujet.

"L''ADEME n''est jamais rentré dans le montage financier", a-t-il tenu à rectifier, "elle ne l''a jamais fait nulle part, pas plus ici qu''ailleurs !", affirma-t-il.

Une précision rigoureusement exacte, mais sans que la majorité municipale n''en explicitent les raisons.


L''ADEME&' || 'nbsp;attend un "réel retour d''expérience"

Si l''ADEME intervient financièrement dans des études innovantes sur les déchets - ou sur des partenariats ponctuels comme le cahier de texte thématique mis en place par Bil ta Garbi, l''Agence ne s''est jamais clairement prononcée sur son appréciation du TMB.

Après avoir été perçu comme la panacée en termes de transformation d''ordures ménagères en compost agricole, le procédé de TMB semble perdre un peu de sa superbe, comme a souhaité le préciser en juin dernier Marc Cheverry, chef du département gestion optimisée des déchets de l''ADEME.

Pour ce haut-responsable de l''Agence, les TMB doivent être considérés comme un moyen partiel du traitement des déchets, et pas comme une solution universelle, dans l''attente surtout d''un réel "retour d''expériences".

Mis en cause dans ce procédé, le risque majeur de retrouver des déchets dangereux (métaux lourds) ou de déchets de soins dans les ordures ménagères résiduelles à l''entrée des TMB.

Cela passera donc obligatoirement par la plus grande efficacité de la collecte sélective, élevant fortement son coût de fonctionnement.


Modifier un process de plusieurs millions d''euros reste problématique

La question de la qualité du compost final est également posée, avec une très grande hétérogénéité des flux de déchets entrants, qui ne permet pas d''envisager son utilisation systématique en milieu agricole.

"Le compost final ne sera pas un déchet, mais bien un produit", répond-on au syndicat Bil Ta Garbi, "son utilisation pourra être envisagée en particulier pour certaines grandes cultures ou dans du compost pour les collectivités, comme les bacs à fleurs par exemple".

Alors que la première des enquêtes publiques n''aura lieu qu''en décembre 2009, la question se pose déjà de sa capacité à modifier et diversifier son process (en lieu et place du compost, le résultat final pourrait au bout du compte déboucher sur du matériau propre de combustion, confirme l''ADEME).

Pas question donc de subventionner cette équipement, ni hier ni aujourd''hui, l''ADEME se contente aujourd''hui de doucher quelque peu l''enthousiasme de ses premiers promoteurs (à ce jour, 5 unités sont ouvertes), et de préconiser quelques avertissements nécessaires.

La nécessité de "lier la construction de l''usine et son exploitation par le même opérateur" a été entendue du côté de Bil Ta Garbi, qui en a fait la pierre de voûte de son appel à candidatures.

"Cinq candidats ont déjà été auditionnés", confirme Vincent Bru, Maire de Cambo et vice-Président du syndicat, "et cette double exigence sur-détermine notre recherche d''un maximum de garanties".


L''opposition socialiste de Bayonne évoque un "contresens écologique"

Bil Ta Garbi l''avance d''ailleurs comme une preuve flagrante de la sincérité de la sa démarche : "A côté du TBM et d''un centre spécifique de tri d''emballages plastique, nous construirons également notre siège social ainsi qu''une ferme pédagogique", souligne-t-il.

Une garantie pas suffisante aux yeux de l''opposition de gauche à Bayonne, qui, au-delà d''un "contresens écologique", peste contre le choix de son implantation dans un tissu urbanisé, rejoignant ainsi la position de l''Association de Défense de l''Environnement du Chemin Hargous (ADECH).

"Si je peux me permettre un mauvais jeu de mots", leur a répondu le Maire de de Bayonne, "j''ai compris que le PS, c''est l''ADECH" (la dèche, ndlr).

Il reste jusqu''au 31 décembre 2012 à l''agglomération Bayonne-Anglet-Biarritz pour trouver une solution à ses déchets : ils sont actuellement envoyés par camions en Gironde.

D''ici là, il faudra sans doute garder le réflexe de trier dans ce débat complexe, geste fondamental pour préserver notre environnement.



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