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Risques sanitaires

Port de Bayonne : les riverains exigent la fin de la loi du silence

Rédaction

14/12/2009

A l'issue de la soirée-débat de vendredi portant sur le Port de Bayonne, une centaine de riverains exige désormais des pouvoirs publics d'être réellement informés des risques pour leur santé.

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Une centaine de personnes a assisté à la première projection du documentaire "Dans le Port on nous dit que tout est bon" sur la zone industrialo-portuaire de Bayonne (Pays Basque nord), réalisé par un journaliste d''eitb, Ramuntxo Garbisu, dans le cadre d''une soirée organisée par les collectifs de veille environnementale CADE, ZIPADOUR, IDEAL et Attac.

Silence, puis applaudissements, avant que les riverains ne se lèvent&' || 'nbsp; tour à tour pour exprimer leur colère, leur exaspération ou leur volonté de saisir la justice, et avant que certains témoins du développement industriel du Port apportent également de nouvelles révélations.

Face bien moins visible que la communication sur "son rôle de développement et de dynamisme" pour le Pays Basque nord, la réalité environnementale et sanitaire de la zone portuaire apparait comme totalement barrée par une rétention d''informations pensée et organisée ; par ces affirmations habituelles des élus contredites par l''investigation développée durant 16 mois par le journaliste ; et par le travail long, complexe et parfois frustrant, des associations pour porter des exigences de respect des normes en cours.

"Il faut bien comprendre qu''une norme sanitaire industrielle n''est rien d''autre que la valeur autorisée de pollution", rappelera Michel Botella, Conseiller technique du Secrétariat Permanent de Prévention des Pollutions Industrielles de l''estuaire de l''Adour.

Les deux cas traités dans le documentaire, l''usine d''engrais et de minerais Fertiladour du Boucau et l''Aciérie de l''Atlantique ADA, semblent bel et bien deux exemples particuliers d''un problème plus général d''accès à l''information.

Une pétition portée par l''ensemble des collectifs environnementaux a été lancée (bientôt accessible via Internet), pour exiger des pouvoirs publics qu''ils acccèdent à leur demande, au minimum, d''un site Internet consultable par tous les riverains, où pourraient être communiquées les données sanitaires et environnementales du Port (pourtant transmises périodiquement aux élus) ainsi que l''ensemble des injonctions préfectorales et autres procès-verbaux concernant la zone.

De nouvelles dates de soirées-débat et de diffusion du documentaire "Dans le port on nous dit que tout est bon" pourraient avoir lieu dès janvier 2010, dans deux communes du littoral portuaire (à Anglet mi-janvier, et fin janvier au Cinéma L''Atalante de Bayonne).

Tous les renseignements, les dates de diffusion, et les détails de l''investigation, sont à retrouver sur le site www.yallah-yallah.net.


Le parcours du combattant des associations, la responsabilité des élus et des industriels

"Quand nous demandons les résultats des auto-contrôles de rejets des industriels, on ne nous dit jamais non", expliqua Victor Pachon pour le CADE, "mais certaines fois, elles nous parviennent au bout d''un an, voire deux".

La responsabilité de Michel Amiel, délégué local de la Direction Régionale de l''Industrie, dela Recherche et de l''Environnement (DRIRE), a été largement commentée, quand il ne cesse de répéter "Attendons que le dossier soit bouclé pour en parler", ou, quand il rédige depuis 2002 une observation semi-annuelle jugée "satisfaisante" de la radioactivité des eaux de ruissellements de Fertiladour : dans la réalité, il ne possède pas de compteur Geiger pour faire les contrôles dont il a la responsabilité...

(signalons-lui que l''on peut en acheter sans difficulté sur le site de la CRII-RAD)

La responsabilité des municipalités et des Préfectures des Landes et des Pyrénées Atlantiques est également soumise à débat, quand arrive en mai 2009 le constat de "nombreux cas de dépassements des normes autorisées depuis 10 ans" dans le cas d''ADA, ou bien que les quelques élus qui les ont interpelés n''obtiennent pas plus de réponses à leurs demandes d''explications.

Les associations auront pu faire part de décennies d''opposition du "pot de terre contre le pot de fer", quand la justice tranchera à de nombreuses reprises en faveur des industriels pour des verdicts sur la forme de l''accusation, jamais sur le fond.

Des salariés du port auront également exprimé leur désarroi, et leur émotion, notamment devant les souffrances de "Henri et Roland", ex-salariés de Fertiladour qui témoignent dans le film, peinant encore à se convaincre d''avoir été ainsi confrontés à de telles mises en danger de la santé des travailleurs.

"Jamais les installations prévues pour de l''engrais n''auront été modifiées pour apporter la sécurité nécessaire au broyage de la monazite, radioactive à l''état naturel", leur confirmera pourtant Yves Santamaria, témoin de l''époque en tant qu''Inspecteur chargé de la prévention des Accidents de travail pour la CRAMA.



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