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En pleine crise du monde paysan

Ils l'affirment : "L'avenir de l'agriculture au Pays Basque passe par la Chambre d'Agriculture officielle"

eitb.com

20/11/2008

A Bayonne aujourd'hui, l'assemblée plénière de la Chambre d'Agriculture des Pyrénées Atlantiques a permis d'évoquer le futur de cette activité, mais aussi le dossier des OGM ou celui de Laborantza Ganbara.

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La Chambre d''Agriculture des Pyrénées Atlantiques avait donné rendez-vous à ses adhérents ce jeudi 20 novembre à la Chambre de Commerce et d''Industrie de Bayonne (Pays Basque nord), afin d''évoquer la situation du monde paysan, lourdement fragilisé par la volatilité des marchés ou la hausse de l''ensemble des matières premières (semences, carburants, etc...).

En présence du sous-Préfet des Pyrénées Atlantiques, un tour de table exhaustif aura donc été dressé, sous la houlette de Jean-Michel Anxolabéhère, Président de la Chambre d''Agriculture.

Une adaptation nécessaire

"C''est notre capacité à répondre très précisément aux besoins des agriculteurs, notamment par des solutions techniques, qui permettra de répondre à nos problèmes économiques", déclare-t-il en préalable.

Devant répondre aux "préoccupations du moment", l''avenir du monde paysan passerait par un double enjeu.

D''abord adapter les projets au "capital de la planète, même par une contribution modeste" et réfléchir à de nouvelles structures de bâtiments ou de consommations d''énergie : maitriser ses coûts de production semble donc la leçon à tirer - de toute urgence - de la crise actuelle.

"Nous devons mieux apprécier la situation actuelle dans la recherche de nouvelles pistes de travail, en matière de choix des produits vendus. Cela doit passer par la restructuration de certaines filières, conformément à toutes les analyses des marché dont nous disposons au travers des nombreux observatoires économiques et statistiques mis en place depuis des années par la Chambre d''Agriculture".

Ensuite, obligation est faite d''anticiper les dépendances du secteur par un dialogue permament avec l''Etat : "La consolidation de notre activité ne pourra pas se faire avec des personnes qui n''y croient plus. Les solutions à la crise ne vont pas tomber toutes seules du ciel : l''ajustement de nos pratiques doit se faire au sein des chambres consulaires actuelles, en mettant tous les acteurs au même niveau et sans chercher à les opposer comme cela se produit dans notre département".

Les perspectives d''avenir des cultures bio

Pour Guy Estrade, Vice-Président plus particulièrement chargé du Béarn, la production bio "reste un laboratoire technologique important pour l''avenir et faire fi de cette dimension est un vrai danger".

"Nous devons nous positionner sur cet enjeu de transfert technologique : l''innovation en termes de génie génitique est l''avenir", poursuit-il.

Evoquant logiquement le dossier des OGM, Guy Estrade poursuit : "Le débat passionnel des OGM est tranché, définitivement : il appartient au passé depuis le moratoire sur l''OGM MON 810. Il faut respecter les recherches actuelles, notamment en plein champ : cela ne représente plus aucun danger pour le reste des cultures, même bio, puisque tout est sécurisé".

La spécificité du Pays Basque

Pour Jean Pierre Goity, plus particulièrement chargé du secteur Pays basque, "il existe une solution concrète" pour régler le problème de l''agriculture au Pays Basque : d''abord la prise en compte de ses spécificités - "cette partie du territoire des PA est par exemple plus favorable à l''agro-tourisme que le Béarn" -, et ensuite la mutualisation des moyens au niveau du Département, "et pas ailleurs."

Balayant d''un revers de la main toutes les réflexions sur un Département basque, l''avenir passerait par la capacité du Pays Basque à comprendre que le dialogue doit s''engager avec l''Etat : "si l''analyse de l''agriculture du département doit se faire de façon de façon pertinente, elle passera par des efforts spécifiques pour ces territoires distincts du Béarn et du Pays Basque, mais à l''intérieur des organismes existants. Nous avons la satisfaction de voir notre travail aujourd''hui reconnu par l''Etat : toutes les discussions sur un département basque ou sur une chambre d''agriculture alternative représentent un combat d''arrière-garde", précise-t-il.

Le cas de la Chambre d''Agriculture Alternative du pays basque Euskal Herriko Laborantza Ganbara

La Justice examine actuellement une plainte en pénal du Préfet contre Laborantza Ganbara, plainte pour laquelle la Chambre d''Agriculture s''est portée partie civile.

Pour le Préfet, cela n''est pas "une attaque contre la réflexion sur le monde paysan menée par cette association", mais il s''agit bien d''une plainte contre la "confusion" que représente le nom choisi, trop proche de l''organisme public.

"Dans une orientation de re-définition des interlocuteurs du territoire, l''Etat doit veiller à une cohésion des acteurs publiques".

Un point de vue que partage Jean-Michel Anxolabéhère, Président de la Chambre d''Agriculture, mais en des termes moins techniques : "On ne peut pas imaginer ce genre d''auto-proclamation ! Je n''hésite pas à dire que c''est honteux d''utiliser la crédulité, la patience même, des paysans aujourd''hui ! Laborantza Ganbara leur fait avaler des couleuvres, afin de diviser les forces politiques, dans un arrière-plan idéologique que tout le monde aura perçu !".

Nul doute que ce débat, rendu publique - avec précaution - lors de l''organisation du salon "Une Ferme en Ville" contre l''initiative de "Lurrama La Ferme Basque", ne trouve dans les jours qui suivent de nouveaux développements : le 19 janvier 2009 verra s''ouvrir un procès qui montre à lui seul la volonté d''en finir avec toute forme d''opposition.



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