Infos

europe

Restez informé par RSS

europe

Un os dans le jambon

Voir les Abruzzes détruites, et relire "Gomorra" de Roberto Saviano

Ramuntxo Garbisu

13/04/2009

La "négligence" criminelle est désormais invoquée pour expliquer la désintégration des bâtiments dans une région de fortes contraintes sismiques. Quelques souvenirs du roman "Gomorra" de Saviano suffisent à éclairer comment le secteur du bâtiment en Italie est devenu un pivot de l'activité mafieuse.

Commentaires

Une enquête a été ouverte par le procureur de L''Aquila, Alfredo Rossini, pour déterminer s''il y a eu négligence criminelle dans la construction de certains bâtiments. Ingénieurs et géologues estiment que des édifices construits selon des normes antisismiques n''auraient pas dû s''écrouler dans un tremblement de terre de magnitude de 6,3 sur l''échelle de Richter.

Des pompiers qui ont eu à fouiller les décombres ont affirmé avoir vu, dans certains immeubles, des piliers en béton réduits en poussière. Cela laisse à penser que beaucoup de sable a été utilisé dans leur conception.

Certains bâtiments qui se sont effondrés lors du séisme ayant fait près de 300 morts lundi dernier dans le centre de l''Italie n''étaient pas conformes aux normes de construction en zone sismique, selon les premiers éléments de l''enquête publiés dimanche par le Corriere della Sera.

A L''Aquila, épicentre du séisme, certains bâtiments de construction récente présentaient de "graves anomalies" selon les experts mandatés par le parquet dans le cadre de l''enquête destinée à rechercher d''éventuelles responsabilités dans la catastrophe, cités par le Corriere.

Les structures portantes du foyer d''étudiants qui s''est écroulé comme un château de cartes, entraînant la mort de 8 personnes, et de l''hôpital qui s''est en partie effondré, auraient ainsi été construites avec une «quantité anormalement basse de fer», rapporte le quotidien.

La police enquête aussi sur les défaillances de contrôles menés par les autorités dans cette zone à haute sismicité.


Elements de réponses dans le livre de Roberto Saviano, "Gomorra"

Avec beaucoup de réalisme, l''écrivain napolitain&' || 'nbsp; a décrit les mécanismes mafieux ayant conduit à la maitrise de la plupart des grands travaux d''urbanisme en Italie, du détournement des lois sur les appels d''offres à la conception de la moindre briquette.

Le dernier grand séisme en Italie, en 1980, avait donné lieu à une entreprise gigantesque de détournement de fonds européens de reconstruction.

Cette catastrophe dans les Abruzzes met en lumière le non-suivi des procédures de surveillance, de contrôle et de sécurité des constructions d''habitations et de ba^timents civils.

Un contexte de "malfaçon" très habituel que Roberto Salviano a fixé pour longtemps dans les consciences italiennes avec ce livre sur la Camorra qui répète jusqu''au dégout : "Je sais, et j''ai les preuves";

"Les entrepreneurs italiens qui gagnent viennent du béton. Ils font eux-même partie du cycle du béton. Je sais qu''avant de se transformer en séducteurs de mannequins, en propriétaires de yatchs, en conquérants des marchés financiers, en magnats de la presse, avant tout ça et derrière tout ça, il y a le béton, les sous-traitants, le sable, la pierre, les fourgonnettes remplies d''ouvriers qui travaillent la nuit et disparaissent au lever du jour, les échafaudages pourris, les polices d''assurance bidon. C''est sur l''épaisseur des murs que reposent les fleurons de l''économie italienne. Je connais les mains, les doigts, les plans. Et le sable. Je sais et j''ai les preuves".



Les infos du Pays Basque

  • Euskal Herria

    Euskal Herria

    Retrouvez toutes nos actualités les plus récentes relatives au Pays Basque recueillies sur une seule page.

Le plus vu