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Gordon Brown gère "le désastre des élections européennes"

Agences

09/06/2009

Au lendemain du plus mauvais score électoral du Labour en un siècle, Gordon Brown qui joue sa survie politique devant les parlementaires travaillistes a prévenu qu'il ne quitterait pas son poste. Le Premier ministre britannique leur a promis de s'améliorer, tentant d'étouffer la contestation dans ses propres rangs.

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Avec le départ d''une dizaine de ministres, les appels à sa démission, et la cuisante défaite du Labour aux élections européennes, on ne donnait pas cher de sa peau. Pourtant, il a indiqué lundi soir qu''il ne quitterait pas son siège de Premier ministre.

Au lendemain du plus mauvais score du Labour en un siècle aux européennes, Gordon Brown jouait sa survie politique devant les parlementaires travaillistes. Le Premier ministre britannique leur a promis de s''améliorer, tentant d''étouffer la contestation dans ses propres rangs.

Gérer la débacle du Labour

Après cette réunion d''une heure et demie lundi soir avec plusieurs centaines de membres travaillistes du Parlement, le chef du gouvernement semblait avoir assuré le soutien d''une majorité des parlementaires de son camp.

Les travaillistes rebelles qui réclament son départ ont besoin de 71 voix sur les 350 élus du parti pour monter une contestation officielle. Si aucun vote n''a eu lieu lundi, le Premier ministre a peut-être réussi à inverser la tendance lors de sa réunion avec les parlementaires. "Je crois que le complot est mort et enterré et passons à autre chose", commentait la parlementaire Geraldine Smith.

Gordon Brown a été accueilli par une salve d''applaudissements dans la salle du Parlement. "J''ai mes forces et j''ai mes faiblesses. Je sais que j''ai besoin de m''améliorer. Il y a certaines choses que je peux bien faire, d''autres que je ne fais pas si bien. J''ai appris qu''il faut continuer d''apprendre perpétuellement", a-t-il lancé à l''assistance, selon le texte de son discours fourni par son cabinet.

Derrière les portes de la salle de commission, on pouvait entendre les parlementaires acclamer le Premier ministre et taper du pied alors qu''il promettait de ne pas démissionner. "Il y a eu une démonstration d''unité massive", a rapporté le ministre de la Culture Ben Bradshaw. "Il a fait le discours de sa vie".

Avec tout juste 15% des suffrages, le Labour est arrivé troisième aux européennes, derrière les conservateurs du parti tory, principale formation d''opposition, mais aussi derrière l''eurosceptique Parti de l''Indépendance (UKIP). Il enregistre ainsi son plus mauvais résultat lors d''une élection nationale depuis 1910.
Le Labour n''a pas fait mieux lors d''élections locales organisées simultanément: il a été défait dans plusieurs circonscriptions du sud et du centre de l''Angleterre qui avaient contribué aux trois victoires successives de l''ex-Premier ministre du Labour Tony Blair.

Des résultats qui semblent annoncer une catastrophe électorale pour les travaillistes lors des prochaines législatives, qui doivent avoir lieu d''ici juin 2010. Les Conservateurs de David Cameron semblent quasiment assurés de revenir au pouvoir, mettant fin à un règne travailliste ininterrompu depuis 1997.

"Partir pour éviter la débacle"

Pour certains travaillistes, Gordon Brown doit partir pour éviter la débâcle. "Le Labour ne peut pas gagner avec l''actuel Premier ministre", écrivait lundi le parlementaire travailliste Franck Field. Gordon Brown porte aussi sur ses épaules le poids des critiques liées au scandales des dépenses des parlementaires, qui ont allumé la colère populaire: douze ministres ont quitté son gouvernement la semaine dernière à cause de cette affaire.

Mais les anti-Brown au sein du Labour risquent d''avoir du mal à se rassembler autour d''un candidat à la succession de ce dernier. Un changement à la tête du Labour risquerait aussi d''accélérer les élections: si l''affable Alan Johnson, secrétaire à l''Intérieur, semble en bonne position pour succéder à Brown, le pays se retrouverait pour la deuxième fois avec un Premier ministre non-élu, comme Brown lui-même lorsqu''il succéda à Tony Blair en 2007.



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