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Le traité de Lisbonne, Barroso et la crise, au rendez-vous du conseil européen

Agences

18/06/2009

La réélection de José Manuel Barroso, les crises financières ou le changement climatique sont parmi les sujets à traiter par les 27 lors du conseil européen qui aura lieu le 18 et 19 juin à Bruxelles.

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Les 27, qui se réunissent à Bruxelles pour un conseil européen jeudi et vendredi, devraient s''entendre pour ouvrir le processus de désignation de José Manuel Barroso pour un nouveau mandat à la tête de la Commission européenne et sur les concessions susceptibles de convaincre les électeurs irlandais d''accepter le traité de Lisbonne qu''ils ont rejeté il y a un an.

Deux semaines après la victoire des conservateurs aux élections européennes, le président de la Commission sortante devrait obtenir l''appui politique des chefs d''Etat et de gouvernement des 27 Etats-membres, malgré son image très libérale.

Même si les libéraux et les conservateurs réunis ne peuvent pas compter seuls sur une majorité absolue, et malgré l''offensive "Stop Barroso" lancée par le vert Daniel Cohn-Bendit, les eurodéputés devraient être suffisamment nombreux pour confirmer le choix des chefs d''Etat. Dans ce cas, sa désignation sera formalisée lors du prochain conseil européen.

Sur le traité de Lisbonne

La commission elle-même ne devrait être composée que dans un deuxième temps, après l''étape cruciale du second référendum irlandais sur le traité de Lisbonne. L''accord des Irlandais, qui seront consultés fin septembre ou début octobre, est crucial pour simplifier la désignation du nouvel exécutif européen: les règles du traité de Lisbonne prévoient que chaque pays conserve un poste de commissaire, alors qu''il faudra en supprimer un si on en reste aux règles de l''actuel traité de Nice.

Pour éviter un second "No" irlandais, l''Union devrait donner des garanties écrites à Dublin. En premier lieu, un texte viendra spécifier que le nouveau traité ne remet pas en question les règles irlandaises sur l''avortement, la politique de la famille ou l''éducation, qu''il ne change rien aux règles fiscales et qu''il ne va pas à l''encontre de la neutralité de l''Irlande, autant de sujets qui ont inquiété les électeurs.

Le Premier ministre irlandais Brian Cowen, avec qui Nicolas Sarkozy devait s''entretenir au téléphone mercredi soir, demande que ces garanties soient annexées au traité de Lisbonne sous la forme d''un "protocole", ce qui donnera lieu à un débat juridique. Certains, dont la Grande-Bretagne, craignent en effet que ce terme n''impose à tous les Etats de ratifier le traité à nouveau, ce qui retarderait son entrée en vigueur.

Pour le moment, le traité Lisbonne a été accepté par toute l''Europe sauf l''Irlande, mais les présidents polonais et tchèque n''ont toujours pas définitivement signé la ratification, et la Cour constitutionnelle fédérale allemande doit encore se prononcer sur le texte, soupçonné de transférer trop de pouvoirs à l''Union. Autant de difficultés que les diplomates français minimisent: "si le vote irlandais est positif, tous les obstacles qui demeurent sauteront immédiatement", croit-on à Paris.

Sur le climat

Les 27 doivent aussi se pencher sur la préparation du sommet de Copenhague sur le climat en décembre. Nicolas Sarkozy entend que l''Union prépare cette négociation internationale en brandissant "l''épée de Damoclès" d''une "contribution climat", une taxe qui serait imposée aux importations des pays insuffisamment vertueux en matière d''environnement. "Plus on est déterminés à la mettre en oeuvre, moins on aura à s''en servir", glisse un conseiller de l''Elysée qui espère pousser ainsi les pays émergents à "verdir" leur développement.

Sur la crise économique

Enfin, le conseil examinera les mécanismes mis en place pour prévenir les crises financières et se penchera sur l''analyse de la crise économique. "Il semble qu''il y ait un assez large consensus sur le fait qu''on n''est sans doute pas loin du point d''inflexion", note-t-on dans l''entourage du président français, même s''il "y a des débats dans chaque pays". A commencer en France, où le Premier ministre François Fillon et le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy se sont opposés ces derniers jours par médias interposés sur la perspective d''une "sortie de crise".



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