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Cameron opposé à une taxe Tobin uniquement européenne

Rédaction

09/01/2012

Le Premier ministre britannique David Cameron a réaffirmé dimanche son opposition à une taxe européenne sur les transactions financières, à moins qu'elle ne soit décidée au niveau mondial.

  • Le Premier ministre britannique David Cameron.

    Le Premier ministre britannique David Cameron. Photo: EFE

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Le Premier ministre britannique David Cameron a déclaré dimanche qu'il s'opposerait à une taxe européenne sur les transactions financières, dite "taxe Tobin", que Nicolas Sarkozy veut appliquer en France sans attendre de consensus européen.

"Je crois que l'idée d'une nouvelle taxe européenne qui ne serait pas mise en place ailleurs n'est pas censée et donc je m'y opposerai à moins que le reste du monde ne soit d'accord en même temps pour que nous adoptions tous une taxe", a expliqué le chef du gouvernement conservateur sur la BBC.

M. Cameron a estimé que la "taxe Tobin" souhaitée par la France et l'Allemagne -mais Berlin veut une solution européenne- coûterait des emplois et des recettes fiscales. "Ce serait mauvais", a-t-il jugé, cité par l'agence britannique Press Association. Cependant, a-t-il ajouté, "si les Français veulent mettre en place chez eux une taxe sur les transactions, libre à eux de le faire".

Vendredi, le président du Conseil italien Mario Monti, en visite à Paris, avait de son côté jugé "nécessaire que les différents pays européens n'aillent pas en solitaire dans l'application" d'une telle taxe.

Le projet de taxe sur les transactions financières devrait figurer au coeur des discussions entre la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy, qui se retrouvent lundi à Berlin.

Vendredi, Nicolas Sarkozy a prévenu que Paris n'attendrait "pas que tout le monde soit d'accord" pour mettre en oeuvre la taxe sur les transactions financières. Son conseiller spécial Henri Guaino annonçait le jour-même une décision "avant la fin du mois de janvier", expliquant que la France "donnera l'exemple sur ce sujet".

Cette mise en oeuvre uniquement française suscite déjà l'"opposition" de l'association Paris Europlace, qui regroupe des acteurs de la place financière française (PME, assurances, sociétés de gestion, banques, etc...). Elle a estimé vendredi qu'une taxe sur les transactions financières, "si elle n'était pas européenne, affaiblirait l'économie française".

Une telle taxe "alourdirait les conditions de financement de nos entreprises et de l'ensemble de l'économie française et entraînerait une perte de substance de la place financière de Paris". Si elle "était appliquée seulement en France, elle entrainerait inéluctablement une délocalisation des activités concernées des banques, sociétés d'assurance et sociétés de gestion au profit des grandes places financières mondiales", avertit Paris Europlace dans un communiqué. Elle "réduirait en conséquence la maîtrise des conditions de financement de notre économie et le rôle de la place de Paris dans l'économie européenne et mondiale".

"Ce sont quand même ces places financières diverses et variées qui, en 2008, ont provoqué entre guillemets la crise des subprimes", a répondu dimanche le secrétaire d'Etat au logement Benoist Apparu sur Radio J. "Il n'est pas tout à fait illogique, il est en tout cas totalement moral que ces mêmes places financières soient mises à contribution pour la sortie de crise", a-t-il jugé, annonçant qu'un texte instaurant la taxe passerait en conseil des ministres "probablement pendant le mois de février".



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