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Début du procès du juge espagnol Baltasar Garzon

Rédaction

17/01/2012

Le juge espagnol Baltasar Garzon se retrouve sur le banc des accusés mardi dans le cadre d'un procès pour écoutes téléphoniques illégales, un procès qui pourrait mettre fin à sa carrière.

  • Début du procès du juge espagnol Baltasar Garzon.

    Début du procès du juge espagnol Baltasar Garzon. Photo: EFE

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Le juge Baltasar Garzon, connu dans le monde entier pour avoir inculpé le général Pinochet, est jugé depuis ce mardi devant le Tribunal suprême espagnol pour sa gestion d'une enquête en corruption, un procès qui pourrait mettre fin à sa carrière.

Le magistrat est accusé d'avoir outrepassé ses pouvoirs en ordonnant des écoutes illégales de conversations entre trois accusés en prison et leurs avocats. S'il est condamné, il risque jusqu'à 17 ans d'exclusion de la magistrature. Il est aujourd'hui âgé de 56 ans et les magistrats espagnols prennent généralement leur retraite à 70 ans.

Ce procès, qui doit durer trois jours, s'annonce comme une épreuve pour le juge Garzon, devenu une star pour les militants des droits de l'Homme dans le monde, mais qui compte nombre d'ennemis politiques dans son pays.

La semaine prochaine, il devra affronter un autre procès pour avoir enquêté sur des atrocités perpétrées par l'extrême droite durant la Guerre civile espagnole (1936-1939), des crimes couverts par l'amnistie de 1977, dans le cadre de la restauration de la démocratie en Espagne après la mort du général Francisco Franco en 1975. Ce procès doit durer un mois.

Mardi, quelque 50 personnes s'étaient massées devant le Tribunal suprême pour acclamer le juge Garzon à son arrivée dans le palais madrilène qui abrite l'instance. Alors qu'il attendait devant la chambre l'ouverture du procès, des collègues de l'Audience nationale sont venus lui manifester leur soutien, l'embrassant ou lui donnant l'accolade. D'une voix rauque, il a expliqué qu'il se remettait d'un rhume et de fièvre mais se sentait en forme.

Au coeur de ce premier procès, se trouve une affaire de corruption, dans laquelle des hommes d'affaires sont soupçonnés d'avoir versé de l'argent à des membres du Parti populaire (PP; conservateurs) aujourd'hui au gouvernement en échange de lucratifs contrats publics dans les régions de Madrid et de Valence.

Si le droit espagnol autorise les écoutes de conversations en prison entre des détenus soupçonnés de terrorisme et leurs avocats, il est beaucoup plus flou sur les enquêtes qui ne relèvent pas de l'antiterrorisme. Il est ainsi prévu que des écoutes dans un cadre pénitentiaire peuvent être ordonnées par un magistrat s'il pense que les conversations peuvent fournir des éléments concernant l'enquête.

Le juge Garzon s'est justifié en expliquant qu'il avait ordonné ces écoutes en 2008 parce qu'il pensait que des personnes rendant visite aux suspects servaient de messagers pour transmettre des consignes concernant le blanchiment d'argent.

Les avocats des trois détenus répondent que, la loi ne stipulant pas spécifiquement qu'elle autorise l'interception de conversations entre des détenus et leurs avocats en dehors des affaires de terrorisme, ces écoutes étaient illégales.

L'affaire est jugée à la suite de la plainte de ces avocats, même si le parquet avait estimé que le juge Garzon n'avait pas agi dans l'illégalité et demandé un non-lieu. Le droit pénal espagnol permet toutefois à des citoyens de poursuivre quelqu'un malgré l'opposition du parquet.

Ardent défenseur de la compétence universelle en matière de crimes contre l'humanité, le juge Garzon est connu pour avoir lancé des poursuites contre l'ancien dictateur chilien Augusto Pinochet et le chef du réseau al-Qaïda Oussama ben Laden, aujourd'hui décédés, mais aussi contre les séparatistes basques et les suspects de la "Sale guerre" en Argentine (1976-83).



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