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Contestations des élections : ce n'est pas fini

Rédaction

21/06/2009

Alors que les médias officiels iraniens ont fait état dimanche d'un bilan de 17 morts en une semaine de confrontation post-électorale, la résistance contre le résultat des élections ne faiblit pas, dans les rues de Téhéran (interdites aux journalistes) ou à l'étranger.

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La journée de manifestation, interdite, de samedi, se serait soldée par une dizaine de morts et une centaine d''autres blessées, d''après la télévision d''etat iranienne.

Après de violents heurts entre manifestants et policiers, appuyés par des miliciens en civil, un calme inhabituel régnait dans les rues de Téhéran, policiers et bassidji ayant pris position dimanche sur les principaux axes et les grandes places de la capitale, y compris devant l''université, théâtre des violences de la veille.

On ignorait pour l''heure où aurait lieu le prochain rassemblement de l''opposition, qui continue de réclamer un nouveau scrutin présidentiel.


Un nombre de victimes difficile à connaître

D''après la chaîne officielle en langue anglaise de la télévision d''Etat, qui n''est diffusée qu''en dehors de l''Iran, "des émeutiers" sont à l''origine des troubles de ces derniers jours.

Ces mêmes émeutiers auraient aussi incendié deux stations-services et attaqué un poste militaire.

C''est la deuxième fois que le autorités annoncent publiquement des décès liés à la crise de ces derniers jours. Plus tôt cette semaine, elles avaient déjà annoncé la mort de sept personnes.

Amnesty International a toutefois prévenu qu''il était "très difficile" de vérifier le bilan des victimes. "Le climat de peur a jeté une ombre sur toute la situation", a déclaré Drewery Dyke, spécialiste de l''Iran pour Amnesty.

L''ONG International Campaign for Human Rights, en Iran, a affirmé pour sa part que de nombreux manifestants blessés qui voulaient se faire soigner après les affrontements de samedi avaient été arrêtés par les forces de sécurité dans des hôpitaux de Téhéran.

Selon l''ONG, les médecins ont reçu l''ordre de signaler les blessés aux autorités, et certains manifestants grièvement blessés ont cherché refuge dans des ambassades étrangères pour essayer d''échapper à une arrestation.


La communauté internationale priée de "rester à sa place"

Ce dimanche, le ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki a critiqué la Grande-Bretagne, la France et l''Allemagne pour leurs déclarations concernant les allégations de fraudes électorales dans l''élection présidentielle iranienne, remportée par Mahmoud Ahmadinejad.

M. Mottaki a critiqué la France pour ses "approches perfides et injustes", et il a dit que la Grande-Bretagne avait "toujours créé des problèmes" dans les relations entre pays.

Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner appelle à "poursuivre la tentative de dialogue" avec les dirigeants iraniens sur fond de tensions diplomatiques liées aux manifestations qui ont suivi l''annonce des résultats contestés de la présidentielle du 12 juin, selon le "Journal du dimanche".

Cette semaine, des manifestants se sont rassemblés à plusieurs reprises dans la capitale française en signe de solidarité avec les Iraniens contestant l''annonce de la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad.


L''information reste un "sport de combat", en Iran

Les autorités iraniennes ont arrêté 23 journalistes et cyberdissidents depuis le début de la contestation post-électorale voilà une semaine, a annoncé dimanche l''organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF), signalant que le correspondant de la BBC est en passe d''être expulsé.

"Rien ne sera épargné aux médias iraniens et étrangers pour les empêcher de témoigner de la situation actuelle du régime des mollahs", observe RSF dans un communiqué.

L''ONG appelle la communauté internationale à "se mobiliser en faveur de la libération de tous les journalistes emprisonnés en Iran avant et après l''élection présidentielle".

Le communiqué de RSF ajoute que la BBC a confirmé dimanche après-midi du 21 juin, que son correspondant à Téhéran, Jon Leyne, avait reçu l''ordre de quitter le pays dans les 24 heures. Le journaliste est accusé de "soutien aux émeutiers" par les autorités qui accusent la Grande-Bretagne de "comploter" contre l''Iran.


L''Allemagne demande un nouveau comptage

La chancelière allemande Angela Merkel a appelé dimanche à un nouveau comptage des bulletins de la présidentielle contestée en Iran, et exhorté les autorités à autoriser des manifestations pacifiques et laisser la presse couvrir librement les événements dans le pays.

Dans un communiqué, la chancelière allemande assure que l''Allemagne "se tient du côté au peuple en Iran qui veut exercer sa liberté d''expression et de rassemblement".

Soulignant que les droits de l''Homme doivent être "pleinement respectés", Mme Merkel appelle les autorités iraniennes à autoriser des manifestations pacifiques, s''abstenir d''utiliser la force contre les manifestants, relâcher les membres de l''opposition interpellés, autoriser une couverture journalistique libre et conduire un nouveau comptage des voix de la présidentielle du 12 juin.



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