Infos

international

Restez informé par RSS

international

Honduras

Le Président Manuel Zelaya victime d'un coup d'Etat "à la chilienne"

Rédaction

28/06/2009

Alors que le Président Manuel Zelaya défendait son projet de consultation populaire pour pouvoir briguer un second mandat, l'armée l'a arrêté ce dimanche, et expulsé du pays. Présentation d'un homme politique qualifié de "nouveau Chavez".

Commentaires

La tension monte au Honduras autour du projet de réforme de la Constitution. Après que le président Manuel Zelaya ait décidé d''engager une consultation populaire pour lui permettre de briguer un nouveau mandat, l''armée est intervenu ce dimanche matin au domicile du Chef d''Etat et l''aurait arrêté, selon les déclarations faites aux médias locaux par son secrétaire Enrique Reine.

Une situation déjà préoccupante, dans un contexte où le Parlement et la Cour suprême s''opposent à ce référendum, et où l''armée s''était rangée à leurs côtés.

Certains parlent déjà de tentative de coup d''Etat, d''autres d''une éventuelle procédure de destitution contre le président Zelaya : la réalité est que le Honduras est secoué par un vrai séisme politique.


Confirmation de son enlèvement

Selon laradio hondurienne HRN, qui cite des "sources dignes de foi", ManuelZelaya est parti en exil -ce que n''a pas confirmé l''intéressé. Il aapparemment été conduit de force au Costa Rica, où il a expliqué à unechaîne de télévision locale qu''il se trouvait à l''aéroport de lacapitale San José.

Dénonçant un "coup d''Etat" et un "enlèvement",il a fait part de son intention de poursuivre son mandat jusqu''à sonterme prévu, début 2010. Il a souligné qu''il ne reconnaîtrait "aucungouvernement d''usurpation". D''après la Constitution du Honduras, c''estle président du Congrès, Roberto Micheletti, qui est susceptibled''assurer l''intérim. Aucune décision en ce sens n''a pour le moment étéannoncée.

A Washington, le président américain Barack Obama s''estdit "profondément préoccupé par les informations en provenance duHonduras concernant la détention et l''expulsion du président ManielZelaya".


Le projet de réforme constitutionnel du chef de l''Etat

Manuel Zelaya a été élu en 2006 pour un mandat de 4 ans non renouvelable. Il a récemment décidé d''organiser un référendum pour s''engager dans un processus de révision de la Constitution, ce qui lui permettrait de se représenter ultérieurement.

Le Congrès et la justice estiment que cette consultation est hors la loi et l''armée a rejoint la fronde.


L''armée du Honduras dans le viseur du Président

Cette semaine, le chef d''état major général, le général Romeo Vasquez a refusé d''ordonner à ses hommes de distribuer le matériel électoral pour le scrutin qui est prévu dimanche 28 juin.

Le Président Zelaya a immédiatement limogé le général et accepté la démission d''autres militaires de haut rang ainsi que celle du ministre de la Défense.

La destitution du chef d''état major "a violé les garanties constitutionnelles", affirme de son côté la Cour suprême, et a ordonné au Président de réintégrer le général Vasquez : une injonction à laquelle le chef de l''état hondurien a refusé de se soumettre.


Passage en force

Manuel Zelaya n''a pas l''intention de lâcher prise et argumente : il estime avoir les coudées franches pour lutter contre la pauvreté au Honduras, qui touche 7 personnes sur 10 : selon le chef de l''Etat, l''actuelle constitution ne lui donne pas les moyens de ses ambitions.

Il persistait donc à vouloir organiser dimanche un vote pour demander aux électeurs s''ils sont d''accord pour entamer le processus de révision constitutionnelle.


Des protestations jusque dans son propre camp politique

Ce programme a soulevé un vague de protestations dans l''opposition, mais aussi au sein de la formation présidentielle, le parti libéral.

Le Président du Congrès Roberto Micheletti, membre du parti au pouvoir a dénoncé "les aspirations d''un homme tourmenté qui veut garder le pouvoir".

Les parlementaires ont donc bloqué le projet cette semaine en adoptant une loi qui interdit "la tenue d''un référendum ou d''un plébiscite 180 jours avant ou après une élection générale".

Mais Manuel Zelaya et ses partisans ont bien l''intention d''aller jusqu''au bout.


Sur les traces d''Hugo Chavez ?

Elu en 2006 sous l''étiquette conservatrice, Manuel Zelaya a opéré au cours de son mandat un étonnant virage à gauche.

Sous sa présidence, le Honduras a renforcé ses relations avec Cuba et le Vénézuela, deux pays qui affichent clairement leur soutien au président hondurien.

Hugo Chavez souhaite la destitution des militaires, Fidel Castro juge que "Zelaya n''a pas commis la moindre violation de la loi. Il n''a pas réalisé de coup de force".

Daniel Ortéga, le Président du Nicaragua, déplore quant à lui "un processus de coup d''Etat technique".

L''Alliance Bolivarienne pour les Amériques (Alba) apporte donc son soutien inconditionnel au "camarade José Manuel Zelaya".



Les infos du Pays Basque

  • Euskal Herria

    Euskal Herria

    Retrouvez toutes nos actualités les plus récentes relatives au Pays Basque recueillies sur une seule page.

Le plus vu