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Tegucigalpa est divisée, la communauté internationale se mobilise

Agences

01/07/2009

Au Honduras, au lendemain du putsch qui a renversé le président Manuel Zelaya, la communauté internationale travaillait lundi à rétablir l'ordre constitutionnel après le premier coup d'Etat en Amérique centrale depuis 16 ans.

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Face à la mobilisation internationale, les nouveaux dirigeants du pays se montraient déterminés à résister à la pression internationale, affirmant que la destitution du président Zelaya était conforme à la Constitution dans la mesure où ce dernier s''apprêtait à la violer en convoquant un référendum jugé illégal par la Cour suprême.

Le président Zelaya a été renversé par l''armée et expulsé de son pays dimanche avant l''aube, quelques heures avant la tenue d''un référendum destiné à l''autoriser à briguer un second mandat alors que la Constitution du Honduras impose un mandat présidentiel unique de quatre ans et interdit de modifier cette clause.

Quelques heures après le putsch, le président du Congrès Roberto Micheletti, qui appartient au même Parti libéral que Manuel Zelaya, prêtait serment comme nouveau chef d''Etat après avoir été désigné par les parlementaires pour le remplacer jusqu''au terme du mandat en cours, le 27 janvier 2010. Une élection présidentielle est prévue en novembre prochain au Honduras.

Dès dimanche, la Cour suprême a approuvé le renversement du président Zelaya par l''armée, estimant qu''il s''agissait d''une question de défense de la démocratie. Lundi, Le nouveau ministre des Affaires étrangères, Enrique Ortez Colindres, a affirmé qu''aucun coup d''Etat n''avait eu lieu. Selon lui, l''armée a simplement fait respecter la Constitution "que le précédent gouvernement voulait réformer sans aucun fondement et d''une façon illégale".

Mais la communauté internationale ne l''entend pas de cette oreille. Les Etats-Unis, l''Union européenne, l''ONU et l''Organisation des Etats américains (OEA) ont tous dénoncé le renversement par l''armée du président démocratiquement élu et exigé le rétablissement de l''ordre constitutionnel au Honduras.

Lundi, les chefs d''Etat et de gouvernement des pays d''Amérique latine étaient réunis au Nicaragua, en présence de Manuel Zelaya, pour un sommet prévu de longue date, mais désormais consacré à la situation au Honduras et à la prise de "mesures pertinentes" afin de rétablir le président légitime dans ses fonctions. L''OEA pourrait décider de suspendre le Honduras de l''organisation lors d''une réunion de ses ministres des Affaires étrangères prévue mardi.

Le président vénézuélien Hugo Chavez, duquel s''est rapproché Manuel Zelaya ces derniers mois, a pris la tête de la croisade anti-putsch. "Si les oligarchies violent les règles du jeu comme elles l''ont fait (au Honduras), la population a le droit de résistance et de combat, et nous sommes avec elle", a-t-il déclaré à Managua, la capitale du Nicaragua, où se tient le sommet latino-américain.

Le président Zelaya, arrivé au Nicaragua dimanche soir à bord d''un avion prêté par son ami Chavez en provenance du Costa Rica où l''avaient expulsé les militaires, a soutenu qu''il était toujours le président légitime du Honduras et exprimé le souhait de rentrer dans son pays.

L''administration Obama cherchait à faire rentrer le président Zelaya dans son pays et à convaincre le Congrès du Honduras de renoncer aux nouvelles structures de pouvoir mises en place dans la foulée de sa destitution, selon deux hauts responsables américains.

De son côté, l''Union européenne a proposé sa médiation pour aider à l''ouverture d''un dialogue entre les deux camps. Washington et Bruxelles ont assuré qu''ils ne reconnaîtraient pas les nouveaux dirigeants issus de cette "violation inacceptable de l''ordre constitutionnel".



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