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Les putschistes honduriens dans l'impasse diplomatique

Agences

02/07/2009

La pression internationale s'accroît sur le Honduras. Après la condamnation par l'Assemblée générale de l'ONU du coup d'Etat contre le président Manuel Zelaya, l'Organisation des Etats américains (OEA) a lancé un ultimatum aux auteurs du putsch.

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Le Honduras refuse toujours de réintégrer Manuel Zelaya à la présidence malgré les protestations des supporters du chef de l''Etat destitué le week-end dernier.

Les nouveaux dirigeants du Honduras se montrent inflexibles. Désigné président intérimaire par le Parlement après le coup d''Etat, le président du Congrès Roberto Micheletti a exclu catégoriquement de rendre le pouvoir à Manuel Zelaya.

"Personne ne peut me forcer à démissionner si je n''enfreins pas les lois du pays", a-t-il déclaré dans une posture de défi envers l''ONU, l''OEA, les Etats-Unis et les autres gouvernements qui ont condamné le coup de force des militaires.

Compromis de Manuel Zelaya

Manuel Zelaya a été renversé par l''armée et expulsé de son pays dimanche avant l''aube, quelques heures avant la tenue d''un référendum constitutionnel, jugé illégal par la Cour suprême, le Parlement et l''armée, destiné à l''autoriser à briguer un second mandat. Le président déchu, dont le mandat de quatre ans s''achève normalement en janvier, a annoncé mardi qu''il renoncerait à organiser la consultation s''il était rétabli dans ses fonctions.

Inflexibilité du président intérimaire

Roberto Micheletti, qui appartient au même Parti libéral que Manuel Zelaya, estime que ce dernier "a déjà commis des crimes contre la Constitution et la loi". "Il ne peut plus revenir à la présidence de la République à moins que le président d''un autre pays d''Amérique latine ne vienne l''imposer par les armes", prévient-il. Et "si l''on envahit notre pays, 7,5 millions de Honduriens seront prêts à défendre notre territoire, nos lois, notre patrie et notre gouvernement".

Ultimatum de l''OEA et condamnation de la communauté internationale

Reste que l''OEA a donné mercredi trois jours aux auteurs du coup d''Etat pour rendre le pouvoir au président Zelaya, faute de quoi le pays "risque d''être suspendu" de l''organisation régionale, a précisé son secrétaire général, José Miguel Insulza, évoquant un "ultimatum" adressé à Tegucigalpa. "Nous devons montrer clairement que les coups d''Etat militaires ne seront pas acceptés", a-t-il ajouté lors d''une session de l''OEA à Washington.

Ce délai de 72 heures (qui échoit samedi), qui ouvre la possibilité de négociations, a conduit Manuel Zelaya a différer à ce week-end son retour au Honduras, qu''il comptait initialement effectuer jeudi. Roberto Micheletti prévient qu''il sera arrêté s''il rentre au Honduras, bien que la présidente argentine Cristina Kirchner-Fernandez, le président équatorien Rafael Correa et les patrons de l''OEA et de l''Assemblée générale de l''ONU aient promis de l''accompagner.

Mesures repressives et retrait des diplomates français et espagnols

Les Etats-Unis soutiennent Manuel Zelaya, estimant qu''il n''y a pas d''autre solution acceptable que son retour au pouvoir. Washington envisage de suspendre son aide au Honduras, a précisé Ian Kelly, porte-parole du département d''Etat américain.

De leur côté, la France et l''Espagne ont annoncé mercredi le rappel de leurs ambassadeurs respectifs au Honduras. "La France condamne fermement le renversement de l''ordre constitutionnel au Honduras", souligne le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner dans un communiqué, précisant que "cette décision a été prise en liaison avec les partenaires européens de la France présents au Honduras". Para ailleurs, plusieurs organisations et pays occidentaux ont suspendu leurs crédits au Honduras.



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