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Afghanistan

Karzaï et Abdullah appelés à partager le pouvoir

Agences

18/10/2009

Des tractations diplomatiques sont en cours pour qu'Hamid Karzaï accepte d'éviter un second tour, les résultats officiels du premier tour des présidentielles faisant l'objet de fraudes massives.

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Dans l''attente de la publication des résultats corrigés du premier tour de la présidentielle afghane, entachée de fraude, la diplomatie internationale tentait samedi d''obtenir un accord entre le sortant Hamid Karzaï et son rival Abdullah Abdullah, afin d''éviter un second tour coûteux et risqué.

Mais les deux camps refusent de s''engager avant les résultats. Celui de M. Karzaï maintient qu''il a remporté le scrutin dès le premier tour, et celui du Dr Abdullah assure qu''il en faudra un second.

Les résultats préliminaires du premier tour organisé le 20 août donnaient Hamid Karzaï vainqueur de l''élection avec 54,6% des suffrages, contre 28% à Abdullah Abdullah, mais de très nombreuses fraudes ont été signalées, la plupart au profit du camp Karzaï.

Un second tour nécessaire

A l''issue de l''examen des réclamations et du recomptage effectué par la Commission des plaintes électorales (ECC), soutenue par les Nations unies, il est probable qu''aucun des candidats ne dépassera les 50% des voix et qu''un second tour s''avérera nécessaire. Après maints reports, la commission espère publier les résultats très prochainement, peut-être dès samedi.

Hamid Karzaï apparaît comme le favori d''un deuxième tour, mais l''organisation du scrutin dans les semaines à venir poserait une nouvelle fois d''énormes problèmes de sécurité, dans un pays dont une partie est contrôlée par des talibans déterminés à renverser le pouvoir central. Des affrontements entre pro-Karzaï et pro-Abdullah ne seraient pas non plus à exclure. En outre, la neige pourrait empêcher de nombreux électeurs du Nord de se rendre aux bureaux de vote.

Un accord pour éviter un second tour

Pour éviter cela, la diplomatie internationale espère donc amener les deux candidats à un accord sans second tour, selon un responsable occidental au fait des pourparlers.

Le secrétaire général de l''ONU, Ban Ki-moon, la cheffe de la diplomatie américaine, Hillary Rodham Clinton, et le Premier ministre britannique, Gordon Brown, se sont entretenus au téléphone avec MM. Karzaï et Abdullah vendredi. Samedi, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, s''est rendu en Afghanistan, où se trouvaient également le sénateur démocrate américain John Kerry et l''ancien ambassadeur américain en Afghanistan, Zalmay Khalilzad.

M. Khalilzad a rencontré les deux candidats dans la semaine et "les (a) exhortés à admettre la gravité des circonstances et à se montrer à la hauteur de la situation", a-t-il dit. M. Kouchner les a appelés à respecter les résultats de la Commission des plaintes électorales, ce qui n''est pas gagné.

Un accord entre les deux candidats mettrait fin aux contestations

Un responsable de la Commission électorale indépendante nommée par le gouvernement afghan, Zekria Barakzai, a en effet déclaré que sa commission ne reconnaîtrait pas automatiquement les résultats de celle des plaintes. Mais un accord négocié entre MM. Karzaï et Abdullah mettrait fin aux contestations.

Mohamed Mohin Murstal, député et membre de l''équipe de campagne du président sortant, a laissé entendre que ce n''était pas totalement exclu. Les diplomates étrangers, a-t-il dit, "veulent que nous mettions en place un gouvernement fort, une coalition de gouvernement". "Après l''annonce des résultats, (le président Karzaï) donnera une chance à toutes les personnalités politiques de s''impliquer dans le gouvernement. Mais pas avant", a-t-il lancé.

Le président "ne va pas compromettre les résultats de cette élection par quelque accord politique que ce soit", a tranché un porte-parole de la campagne, Wahid Omar.

En attendant les résultats

Dans le camp Abdullah, son directeur de campagne, Satar Murad, a aussi exclu tout accord immédiat. "Pour l''instant, ce qui est important pour nous, ce sont les résultats de l''élection. Nous ne réagirons pas avant", a-t-il affirmé.

La tenue ou non d''un second tour aura probablement une influence sur la décision du président Barack Obama quant à la stratégie américaine en Afghanistan. Plus de 65.000 soldats américains se trouvent déjà en Afghanistan et plusieurs milliers d''autres pourraient venir en renfort pour lutter contre l''insurrection talibane.



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