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Un os dans le jambon

Reconstruire Gaza... et la vérité sur cette guerre

Ramuntxo Garbisu

23/01/2009

Une semaine après la fin des combats, l'avenir de la bande de Gaza emprunte les voies d'une enquête de l'ONU sur des "crimes de guerre" commis par Tsahal : la réconciliation entre le Fatah et le Hamas est également au coeur du processus de reconstruction du pays.

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Investi président des Etats-Unis depuis mardi, Barack Obama a téléphoné dès mercredi au président de l''Autorité palestinienne pour l''assurer de son implication dans le processus de paix.

Après avoir choisi le silence, embarassant, pendant le conflit, Obama n''a guère évoqué cette guerre dans son discours d''investiture.

La nomination de George Mitchell, l''ancien chef de la majorité démocrate au Sénat, comme envoyé spécial des Etats-Unis pour le Proche-Orient, permettra rapidement de lire plus clairement les axes de l''intervention diplomatique américaine dans ce conflit.

En 2001, George Mitchell avait déja dirigé une commission internationale chargée d''enquêter sur les violences au Proche-Orient, et remis un rapport appelant, d''une part, au gel des colonies israéliennes en Cisjordanie et, d''autre part, à la répression de toute forme de terrorisme de l''Autorité palestinienne.

Depuis, le contexte a changé : l''allié traditionnel israélien semble avoir accéléré le processus de trêve avant la nomination de Barack Obama, signe d''une crainte de modification des rapports entre l''administration US et la "légitimité" dont le gouvernement d''Ehud Olmert prétend se parer.

Mais une toute autre réalité pourrait rattraper l''état israélien.

Scandalisée par l''attaque qui a touché un centre de l''ONU à GAZA-City, l''organisation a dépêché sur place Richard Falk, rapporteur spécial de l''ONU pour les territoires palestiniens... et bête noire des Israéliens.

En déclarant qu''il n''y a "aucun doute sur le caractère inhumain d''une opération militaire à grande échelle du type de celle qu''Israël a engagé le 27 décembre contre une population essentiellement sans défense", le juriste américain pourrait réclamer l''ouverture d''une enquête internationale devant "le spectre de crimes de guerre systématiques".

"Les preuves de violations des règles fondamentales du droit international humanitaire sont si accablantes qu''elles doivent faire l''objet d''une enquête internationale indépendante", a confirmé par la suite le rapporteur.

Barack Obama pourra difficilement signer la fermeture de Guantanamo, prôner une démocratie empreinte de "dignité et de respect de nos valeurs fondamentales"... et ne pas tenir compte de cette série de mises en accusation.


De douteux écrans de fumée

Il faudra aussi compter avec l''opiniâtreté d''Amnesty International qui, aujourd''hui, accuse Israël d''avoir utilisé des bombes au phosphore blanc durant le conflit : arme servant à créer des écrans de fumée afin de dissimuler des mouvements de troupes sur-le-champ de bataille, cette arme est totalement prescrite dans des zones fortement peuplées comme à Gaza.

C''est trois de ces bombes qui ont été utilisées contre l''agence de l''ONU pour l''aide aux réfugiés palestiniens. Chaque obus, quand il explose en vol, lâche 116 particules imprégnées de phosphore, qui s''enflamment au contact de l''oxygène et tombent en ordre dispersé, parfois sur une surface au moins aussi grande qu''un terrain de football. Ce jour-là, des camions-citernes ont pris feu, détruisant des tonnes d''aide humanitaire, et les blessés se sont alors comptés par dizaine.

L''humanité ne peut pas passer sous silence un nouveau Guernica, et la recherche de la vérité sur ces faits aura pour conséquence de déterminera la place d''Israël dans le concert international.


La reconciliation des frères palestiniens

Toutefois, en reconnaissant qu''il n''avait pas de moyen de résoudre la lutte de pouvoir entre le Hamas et l''Autorité palestinienne, le rapporteur de l''ONU ouvre le dossier, encore obscur, du rôle du Hamas avant, pendant, et après le conflit.

Les affirmations guerrières sur "Gaza, cimetière des soldats israéliens" devraient désormais faire place à d''autres déclarations, plus constructives, que réclame la population de Gaza, affaiblie depuis 2006 par les conflits entre les deux factions palestiniennes.

Mais la divulgation par l''entourage du président de l''Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas de cas d''assassinats "par dizaines" de ses sympathisants par le Hamas durant l''opération "Plomb durci" vient rappeler que la réconciation des frères ennemis pourrait se faire attendre

A Gaza-city, un porte-parole du Hamas, Ikhab Ghessin, a reconnu en début de semaine qu''une série d''exécutions avait bien eu lieu, visant - à la kalashnikov et sans autre forme de procès - des "collaborateurs de l''ennemi sioniste" : 40 à 80 personnes auraient ainsi été abattues.

La demande par la communauté internationale de la formation d''un gouvernement associant le Hamas et Mahmoud Abbas passera par une phase intérieure où tous les cadavres devront sortir des tiroirs dans lesquels il sont dissimulés.

La population de Gaza n''attend pas les déclarations des "vainqueurs" du conflit : prendre en compte sa demande de pouvoir survivre, à l''intérieur et à l''extérieur des territoires palestiniens, est l''unique victoire escomptée.



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