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Egypte

Le procès de Moubarak ajourné au 5 septembre

Rédaction

15/08/2011

Le magistrat a ajourné le procès de Moubarak au 5 septembre et interdit la retransmission télévisée des prochaines audiences, une mesure d'"intérêt général".

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Le procès de l''ex-président égyptien Hosni Moubarak pour complicité de meurtres de manifestants et corruption a repris lundi matin au Caire, avant d''être ajourné au 5 septembre. Comme lors de la première audience le 3 août, l''ancien raïs âgé de 83 ans a comparu sur une civière.

Hospitalisé depuis le 3 août au Caire, Hosni Moubarak est arrivé en hélicoptère au tribunal, puis transféré dans une ambulance jusqu''aux portes du bâtiment. Il a ensuite été amené, allongé sur une civière, dans le box des accusés grillagé où se tenaient ses deux fils, Gamal et Alaa -qui a tenté d''empêcher un caméraman de la télévision publique de filmer l''arrivée de son père.

"Présent", a simplement déclaré Hosni Moubarak à l''appel de son nom par le président du tribunal, Ahmed Rifaat. Le magistrat a par la suite ajourné le procès au 5 septembre et interdit la retransmission télévisée des prochaines audiences, une mesure d''"intérêt général".

Jugé avec ses deux fils et six responsables de l''ancien régime dont l''ancien ministre de l''Intérieur Habib el-Adly, Hosni Moubarak a plaidé non coupable le 3 août des chefs de corruption et de complicité dans les meurtres de manifestants commis pendant le soulèvement qui l''a contraint à démissionner le 11 février.

Comme le 3 août, le juge Rifaat a ordonné à l''issue de l''audience le maintien en détention de l''ancien raïs au Centre médical international, un hôpital militaire à la périphérie du Caire. Un oncologue figure sur décision du magistrat parmi l''équipe médicale, ce qui apparaît confirmer les rumeurs circulant depuis plusieurs mois, selon lesquelles l''ex-chef d''Etat âgé de 83 ans souffre d''un cancer.

Hosni Moubarak, selon l''acte d''accusation, s''est rendu complice, avec le ministre de l''Intérieur de l''époque, "du meurtre avec préméditation de manifestants pacifiques". On lui reproche d''avoir "autorisé (Habib el-Adly) à faire usage de munitions réelles" dans la répression des 18 jours de soulèvement, qui a fait près de 900 morts. Des faits passibles de la peine de mort.

L''ancien président et ses fils sont par ailleurs accusés d''avoir reçu cinq villas d''une valeur de près de sept millions de dollars (4,9 millions d''euros) de l''homme d''affaires Hussein Salem en échange de la garantie d''un accord foncier avec l''Etat à des conditions préférentielles.

Ses fils, Gamal, 47 ans, qui était considéré comme son dauphin, et Alaa, 49 ans, riche homme d''affaires, étaient aux côtés de leur père, se penchant vers lui pour lui parler. Détenus au Caire depuis la mi-avril, ils sont soupçonnés notamment de corruption et abus de fonds publics. Eux aussi ont plaidé non coupable.

De brèves échauffourées entre partisans et adversaires de l''ex-président se sont produites devant l''école de police où se tient le procès, sous haute sécurité.

Sur décision du juge Rifaat, les prochaines audiences ne seront plus retransmises à la télévision. Cette mesure "satisfait la plupart des avocats (de familles des victimes) travaillant vraiment sur les dossiers", a commenté Me Gamal Aid, qui représente plusieurs familles. "Cela leur permettra d''avoir du calme et de la concentration, et de revenir à une affaire judiciaire, et pas du spectacle", a-t-il commenté.

Lundi matin, le président du tribunal avait vivement rappelé à l''ordre des avocats qui se querellaient concernant leur placement dans la salle ou leur ordre d''apparition à l''audience. Certains défenseurs ont accusé leurs confrères d''être surtout soucieux de passer à la télévision.



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