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Moscou continue de soutenir Damas, sans pouvoir faire plus

Rédaction

30/01/2012

Le Kremlin est en conflit avec l'Occident parce qu'il protège le régime de Bachar el-Assad des sanctions de l'ONU et continue à le fournir en armes.

  • Moscou continue de soutenir Damas, sans pouvoir faire plus.

    Moscou continue de soutenir Damas, sans pouvoir faire plus.

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Le refus du Kremlin de s'associer aux sanctions internationales visant le régime de Bachar el-Assad s'explique principalement par le fait que la Syrie est désormais le dernier allié de la Russie au Proche-Orient. A l'approche de l'élection présidentielle russe du 4 mars, Vladimir Poutine ne va certainement pas faire preuve de souplesse. Mais Moscou ne pourra pas aller plus loin dans son soutien à Assad.

Le Kremlin est en conflit avec l'Occident parce qu'il protège le régime de Bachar el-Assad des sanctions de l'ONU et continue à le fournir en armes, contrairement à la plupart des autres pays qui ont imposé un embargo sur les livraisons d'armes à Damas. Mais M. Poutine semble souhaiter défier Washington dans ce dossier et faire preuve d'une indépendance qui peut lui profiter au niveau électoral.

"Cela n'aurait aucun sens pour la Russie de retirer son soutien à Assad", commente Rouslan Poukhov, directeur du Centre d'analyse sur les stratégies et les technologies. "Il est le dernier allié de la Russie au Proche-Orient, lui permettant de conserver une influence dans la région".

La Russie espère sans doute aussi que Bachar el-Assad puisse rester au pouvoir avec son aide, et payer de retour Moscou avec de nouveaux contrats d'armement et autres accords lucratifs. Et les observateurs estiment que si elle n'a rien à perdre à soutenir le fils d'Hafez el-Assad, la Russie n'a rien à gagner à changer de cap et à soutenir l'opposition.

"La Russie a franchi le Rubicon", estime Igor Korotchenko, directeur du Centre d'analyse sur le commerce mondial des armes.

Selon lui, la Russie sera toujours considérée comme le protecteur du régime d'Assad quelle que soit l'issue du conflit, ce qui ne va pas la motiver pour tendre la main aux opposants syriens. D'après des estimations de l'ONU, plus de 5.400 personnes ont été tuées depuis le début du soulèvement en mars dernier.

"La Russie sera perçue comme l'allié du dictateur. Si le régime d'Assad perd le pouvoir, cela signifiera la fin de la présence de la Russie", avertit Fédor Loukianov, rédacteur en chef du magazine "La Russie dans la politique mondiale".

Depuis l'époque soviétique, avec Hafez el-Assad à sa tête, la Syrie a toujours été le principal allié de Moscou au Proche-Orient. Le Kremlin considérait cette alliance comme un rempart pour s'opposer à l'influence américaine dans la région et à celle d'Israël.

Si les relations avec l'Etat hébreu se sont beaucoup améliorées depuis la chute de l'Union soviétique, les liens avec Damas ont aidé la Russie à conserver son influence en tant que membre du Quartette pour le Moyen-Orient, l'organisation qui essaye de négocier la paix entre Israël et les Palestiniens.

Quand Bachar el-Assad a succédé à son père en 2000, la Russie a cherché à renforcer ces relations en acceptant d'annuler 73% de la dette contractée par la Syrie vis-à-vis de l'Union soviétique. Au milieu des années 2000, Vladimir Poutine a affirmé que la Russie rétablirait sa place au Proche-Orient par "la route syrienne".

Le port syrien de Tartous est aujourd'hui la seule base navale dont dispose la Russie en dehors de l'ancienne URSS.

Pendant des décennies, la Syrie a été un client majeur de l'industrie russe d'armement, dépensant des milliards pour acheter des avions de combat, des missiles, des chars et d'autres armes. Et contrairement à d'autres pays, comme le Venezuela, qui a obtenu des armes russes grâce à des prêts du Kremlin, le régime d'Assad payait cash.

Aujourd'hui, à Moscou, les observateurs affirment toutefois que la Russie ne peut pas faire grand-chose de plus pour aider la Syrie que de s'opposer à des sanctions de l'ONU. Fédor Loukianov observe que si la Russie a dit qu'elle bloquerait toute tentative visant à donner un feu vert onusien à une intervention militaire en Syrie, elle ne pourrait pas empêcher les voisins de Damas de monter une telle action.



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