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Bayonne, un an après les Municipales

50 ans de dynastie Grenet à Bayonne, et après ?

Ramuntxo Garbisu

25/03/2009

Les histoires de Bayonne et des Grenet, père et fils, sont intimement liées depuis le 21 mars 1959. Retour sur quelques étapes d'une particularité électorale locale qui devrait normalement durer jusqu'aux prochaines élections en 2014.

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Si son origine grecque désigne la succession de souverains qui ont une même famille, le mot "dynastie" traduit également la succession de personnes célèbres d''une même famille, comme c''est le cas à Bayonne de deux personnalités connues de tous, Henri Grenet et son fils Jean. Maire chacun leur tour de la capitale labourdine (entre autres similitudes de parcours), leur règne électoral a connu le 21 mars 2009 son 50ème anniversaire.

L''ascension politique d''Henri Grenet

Né le 7 février 1908 à Bègles d''une famille girondine modeste, Henri Grenet arrive au Pays Basque à l''occasion du remplacement en 1936 d''un collègue chirurgien.

C''est donc à Bayonne que son emprise sur la vie politique locale s''exercera, depuis cette clinique Paulmy et ce microcosme de la médecine qui donnera nombre d''élus à la capitale labourdine.

Prenant ses distances avec la bourgeoisie marchande et cléricale, c''est par le sport, et en particulier le rugby, qu''il gravit ses premiers échelons de responsable politique, en prenant la présidence du prestigieux Aviron Bayonnais.

En 1957, les ennuis de santé de Maurice Delay, alors Maire de Bayonne, provoquent un intermède de quelques mois à la tête de la Mairie avec Georges Forsans, mais pour les élections de 1959, c''est un chirurgien réputé et un homme appréciédu monde sportif que l''on vient chercher pour diriger la ville : le 21 mars 1959, le destin s''apprête à rattacher pour longtemps le nom des Grenet à Bayonne.

Henri Grenet et sa politique de grands travaux

Elu sous une étiquette de centre gauche (FGDS) qu''il abandonnera plus tard pour rejoindre l''UDF, Henri Grenet taille à coups de bistouri les abcès d''une Bayonne assoupie : il créé des ponts sur les fleuves, des logements sociaux dans les flancs des collines de Bayonne nord (la ZUP, en 1969), ouvre le débat sur le regroupement des trois villes concurrentes au sein d''une même unité d''agglomération (ce sera le District en 1972, puis la CABAB en 1999)

Un mandat de Président du Conseil Général de 1985 jusqu''en 1992 assoit encore son rayon d''influence dans la région.


La chute du dauphin et l''ascension du fils

Parmi ses fidèles lieutenants au Conseil Municipal, Maurice Touraton, un homme venu de la presse et du monde économique, présenté par Henri Grenet comme son "probable successeur".

En dehors de ces destins politiques, Jean Grenet, l''un des fils du Maire, commence à marcher sur les traces de son père. Celui qui déclare à cette époque que "l''admiration, le défi m''ont fait marcher dans ses pas", est devenu, comme lui, chirurgien, puis Président de l''Aviron Bayonnais, de 1976 à 1989.

Une situation sociale et professionnelle qui le place dans une légitimité sans failles pour intégrer l''équipe de son père aux élections municipales de 1989, à laquinzième place, celle du dernier défenseur au rugby.

A la suite du décès de l''Adjoint à l''Urbanisme Jean-Claude Leclerc d''Orléac, il monte en grade et occupe à partir de juin 1993 ce poste si important au regard de toute la stratégie politique de Grenet père. La presse locale ne manque pas de titrer sur les convergences entre ces deux trajectoires politiques, une vague de communication qui n''échappe pas à Maurice Touraton dont le rêve de dauphin tourne au vinaigre.

En octobre 1994, Touraton jete officiellement l''éponge, laissant la place vacante de premier Adjoint à celui que le journal satirique basque Kutzu surnomme désormais "Henri II".


Le fils du Maire au pouvoir

Jean Grenet se confie fin 1994 au journal Sud Ouest pour expliquer que sa décision de se présenter aux futures élections municipales de 2005 n''est pas arrêtée, et qu''en tout état de cause, il pense plutôt à arrêter la politique qu''à endurer la vie exigeante de premier élu d''une ville.

Il n''en faut guère plus pour convaincre toutes les forces vives de Bayonne pro-Grenettistes à l''encourager de reprendre un flambeau que d''aucuns voient basculer dans l''opposition avec l''affaiblissement de la santé d''Henri Grenet.

Le 3 février 1995, il est élu ace à la figure montante de l''opposition, la socialiste Nicole Péry, déjà conseillère municipale dans le précédent mandat du père : une figure emblématique de la gauche au Pays Basque, réputée pour une pugnacité que les Grenet père et fils salueront eux-même.

Si le projet d''Henri Grenet n''a jamais été de voir s''instaurer une "dynastie municipale", toute sa majorité et ses réseaux d''influence saluent l''arrivée du "fils".

Une réussite politique que le père ne pourra apprécier que quelques semaines : il décède le 14 avril 95 après 6 mandats de Maire, non sans avoir recommandé à son fils de garder à l''avenir "ses convictions chevillées au corps".

Des deux premiers mandats

Jean Grenet s''installe donc dans le fauteuil de maire et passera un premier mandat à imprimer sa "marque de fabrique" à Bayonne qui a sans doute plus à avoiravec un tempérament fonceur et autoritaire qu''avec une vraie vision politique.

Il se concentre sur la redynamisation du centre-ville, attire les investisseurs et pleure leurs promesses non tenues, de l''échec politique et financier de l''usine Sony à Bayonne jusqu''au feuilleton débridé des salles de cinéma en 2000.

Contesté et raillé dans la rue, notamment dans celles du Petit Bayonne, sa ré-élection en 2001, avec plus de 57% dès le premier tour, est autant due au manque de maturité de son opposition socialiste que du soutien toujours aussi massif du monde économique, sportif et traditionnel de Bayonne.


2008 signe son ouverture politique

En 2008, c''est avec ses bilans à lui, et plus celui de son père, qu''il se présente de nouveau devant les électeurs. Celui qui déclare alors que "un bilan ne permet pas de gagner des élections, mais peut vous les faire perdre" modifie son image d''autocrate, ouvre son camp politique à des membres plus jeunes, à un encarté du PS et surtout à celle qui fut son opposante aux législatives de 2007, la candidate des Verts Martine Bisauta.

Une liste "UMP Arc en Ciel" comme la raillent ses opposants, qui peinent tout de même à s''entendre pour réaliser un front "Tout sauf Grenet".

Jean Grenet, conscient des divisions de ses adversaires, est contraint à un second tour, mais lève déjà les bras au ciel avec ses 44% obtenus lors du dimanche de ce premier tour : le dimanche suivant, le second tour est une formalité, le ré-installant jusqu''en 2014 sur un fauteuil de Maire que sa famille n''a plus lâché depuis le 21 mars 1959.


D''autres cas de dynasties municipales

C''est également en mars 1959 que Paul Alduy a été élu Maire de Perpignan (Pyrénées Orientales) pour la première fois. Il faut attendre 1993 pour lui voir succéder... son fils, Jean-Paul Alduy, UDF converti à l''UMP. Mais un scandale de bourrages d''urnes, dit "de la chaussette", provoque un procès pour fraude électorale : le maintien ou non du Maire sortant sera tranché par la justice en avril prochain.

A Nice, Jacques Médecin, radical lui aussi, suucède aux 37 ans de régne de son père, Jean Médecin. Il fera 5 mandats et 24 ans à la tête de la municipalité niçoise avant d''être rattrappé par la Jusitice pour corruption et abus de biens sociaux.

Plus apaisée, la trajectoire des Bosson se confond avec la ville d''Annecy, où le père, Charles Bosson, fut le premier magistrat de la ville de 1954 à 1975, avant que son fils, Bernard Bosson, ne lui succède en 1983 jusqu''en 2007, malgré des peine de prison avec sursis en 2000 pour&' || 'nbsp; recel d''abus de biens sociaux et d''abus de confiance.



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