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Bayonne, un an après les Municipales

"Rien à voir avec l'UMP " : la stratégie payante de Jean Grenet en 2008

Ramuntxo Garbisu

25/03/2009

Confronté à un troisième scrutin local plus délicat que les précédentes, le Maire de Bayonne n'a eu de cesse de se dégager d'une famille politique UMP à laquelle son Parti Radical "valoisien" appartient pourtant.

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Ce Jean Grenet qui se présente face aux électeurs en 2008 n''est plus tout à fait l''élu fonceur et autocrate que ses amis et ennemis politiques décrivent dans des termes identiques malgré leurs divergences.

Après deux premiers mandats en 1995 puis en 2001, la très conservatrice Bayonne frémit des désirs de se confronter à une fin de règne des Grenet, en place depuis 1959.

En 13 ans, le maire sortant a transformé Bayonne selon une vision très personnelle axée sur le "bien vivre chez nous" qui repose sur ses acquis culturels, économiques et sociaux de cette ville classée parmi les plus agréables de France selon un baromètre INSEE de 2007.

Il le sait, son bilan en termes d''accompagnement social reste encore largement supérieur aux villes voisines de Biarritz et Anglet et sa politique volontariste en termes de séduction économique lui permet d''afficher un taux de chômage un point en dessous de la moyenne départementale (9% de la population).

Mais ses méthodes ont connu des ratés, notamment dans le camouflet infligé par quelques grosses structures économiques qui plombent son image (le départ de Ruwell, et la vague de licenciements qui en découle, en est l''exemple le plus douloureux, même si la responsabilité de cet échec sera portée par la CABAB).

"On n''est pas élu sur un bilan, mais on peut être battu sur un bilan" lance-t-il, malgré tout en début de sa campagne de 2008, sans trop d''inquiétude sur ce sujet.

Se dégager de l''image "UMP"

Le plus grand écueil de sa ré-élection reste l''image déplorable d''une majorité UMP mise à mal par l''omniprésence d''un Nicolas "bling bling" Sarkozy au plus bas de sa popularité.

Jean Grenet comprend que l''élection se jouera principalement à ce niveau et déploie une contre-communication pour s''écarter de ce déficit d''image.

Il multipliera les affirmations selon laquelle le Parti Radical auquel il appartient garde toute sa liberté vis à vis de l''UMP dans laquell elle est pourtant intégrée : présidé par Jean Louis Borloo,&' || 'nbsp; le Parti radical "valoisien" dans lequel est encarté le Maire de Bayonne ne s''est guère écarté des dispositions majeures souhaitées par le Chef de l''Etat.

Jean Grenet ne cessera pas non plus d''expliquer que les élections locales n''ont "strictement rien à voir" avec les scrutins nationaux, allant jusqu''à rappeler les excellents résultats de la socialiste Ségolène Royal aux Présidentielles en 2007 (53% à Bayonne) pour justifier son argumentation.


Un double objectif affiché, pour un double enjeu.

Pour prouver son action d''homme politique "au plus près des Bayonnais", il rassemble autour de lui "non pas une majorité politique mais une majorité de rassemblement", avec un défi : "mener une nouvelle génération aux compétences, pour que demain, elle soit apte" à diriger la ville.

Avec cette communication, Jean Grenet donne tout d''abord le sentiment de réfléchir à un passage de relais, tout en cherchant à s''éloigner le plus possible d''un clivage"droite/gauche classique" qu''il ne maitrise pas.

Pour limiter le risque, il intègre deux Verts déçus des derniers scores obtenus aux législatives de 2007 et peu satisfaits des propositions du Parti Socialiste bayonnais : avec Martine Bisauta dans ses rangs, il possède un atout de choix pour démontrer son désir d''un rassemblement autour d''une "éthique politique" teinté de volontarisme économique local et de compréhension des enjeux du Grenelle de l''environnement (développement durable, transports urbains en sites propres,gestion responsable des déchets).

Ré-élu au second tour

Il le répète à l''envi : "Bayonne n''est pas une ville qui aime les extrêmes, c''est une ville de rassemblement" : Jean Grenet est ré-élu pour son troisième mandat, avec 48% des voix, devant le socialiste Jérome Aguerre (39%) et la liste autonome d''Yves Ugalde (13%).

Il peut fermer son site Internet de campagne, http://www.jean-grenet2008.fr, et laisser jaunir ses affiches de campagne.

Les prochaines élections auront lieu en 2014, Jean Grenet aura alors 75 ans.



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