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Bayonne, un an après les Municipales

La gauche bayonnaise, en désordre de marche

Ramuntxo Garbisu

25/03/2009

L'opposition de gauche peine à contester le règne de 50 ans des Grenet à la tête de la Ville : lancée dans des conditions difficiles, la liste PS a, depuis, vu sa coalition voler en éclats et a toujours des difficultés à rassembler une large alternative pour Bayonne.

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Avec un score de 25% de voix au premier tour des Municipales en 2008, la liste "Bayonne Ensemble" avait pour le moins limité la casse si l''on considère les conditions très douloureuses dans lesquelles elle s''était lancée dans la campagne électorale.

C''est "le coeur et la voix serrés" que Jérôme Aguerre, conseiller général de Bayonne-Est, dut présenter sa liste après le décès brutal de sa tête de liste désignée, Philippe Pouymayou, en décembre, puis la défection pour raison de santé d''un premier suppléant, Hervé Pallas en février.

C''est avec l''énergie de ses deux jeunes directeurs de campagne, Henri Etcheto et Mathieu Bergé, que Jérôme Aguerre dévoile dans sa liste des candidats du PS, mais également du PC et des abertzale d''Eusko Alkartasuna.

Un cocktail qui se voulait explosif, même privé de l''appui officiel des Verts depuis le ralliement de leur chef de file historique Martine Bisauta à la liste du Maire sortant Jean Grenet.

Un positionnement très offensif

Deux thématiques vont conduire une campagne très volontaire (très perceptible dans les réunions publiques par exemple) : la défense d''un "Bayonne solidaire et participative" et l''attaque en règle contre un "élu de l''UMP qui se cache".

La bataille contre l''exploitation du foncier livré aux promoteurs ; contre l''autocratie du Maire ; et contre l''aberration de projets municipaux comme la construction d''un Zénith qui se révèlera au bout du compte un faux miroir aux alouettes : des arguments qui touchent mais ne coulent pas le vaisseau impérial de Jean Grenet.

Le débat sur son alignement dans la majorité de Nicolas Sarkozy se révèle finalement un axe de combat perdu.

Au soir du premier tour, seule l''arithmétique semble pouvoir donner au PS la possibilité de ravir la Mairie au maire sortant.

Contre les 44% de voix obtenus par Jean Grenet, Jérôme Aguerre et ses 25% doivent réfléchir aux 16% du candidat de droite autonome d''Yves Ugalde, des 7,5% de l''extrême gauche, et des 7,5% de la liste basque indépendante Baiona Berria.

Le "Tout sauf Grenet" mis en échec

Là où les calculatrices se satisfont des additions, l''hypothèse d''un front "Tout sauf Grenet" relève de l''impossible.

Inconcevable avec Yves Ugalde taxé de populisme, le rapprochement avec Baiona Berria achoppe sur la présence dans leur rang de Xabi Larralde, élu de l''opposition sortante mais candidat Batsuna, dont le PS ne veut pas entendre parler.

Quant à l''extrême gauche, rien sur Bayonne ne sera différent de la rupture du dialogue au niveau national entre ces deux formations politiques.

Conscient de ces dissensions idéologiques trop fortes, Jean Grenet savoure dès le premier tour sa victoire officieuse tandis que Jérôme Aguerre peut prépare déjà son discours sur le fait de "perdre avec ses idées" plutôt que de "gagner avec celles des autres".

Un an après

Avec 9 représentants au Conseil Municipal, les élus de "Bayonne Ensemble" peinent rapidement à accorder leurs violons.

Le PC, Daniel Romestant en particulier, reprend ses combats dans d''autres circonscriptions sans l''appui du PS, l''alliance avec Eusko Alkartasuna n''existe plus que sur les papiers, et Eliane Pibouleau Blain, candidate assimilée PC élue au Conseil Municipal, apprendra dès ses vacances d''été 2008 qu''elle est écartée de la coalition : elle continue depuis son combat politique toute seule, et isolée au sein de la salle du Conseil.

Les deux directeurs de campagne Henri Etcheto et Mathieu Bergé continuent de pilonner les orientations de Jean Grenet en séances municipales, notamment sur la question de la gestion des déchets de la Ville ou sur l''absence de démocratie participative.

Comme pour Yves Ugalde à leurs côtés dans l''opposition mais loin de leur bord politique, les 5 années qui se présentent à eux seront certainement mis à profit pour s''aguerrir et mieux prendre connaissance des dossiers de la municipalité.

Rien ne dit pour l''instant qu''ils réussiront à représenter une figure de l''opposition socialiste comme le fut Nicole Péry jusqu''en 2002, sans conteste la seule menace réelle de basculement de la majorité bayonnaise.



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