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Bayonne, un an après les Municipales

Lorsqu'un élu bayonnais peut en cacher un autre

Ramuntxo Garbisu

25/03/2009

En dehors de ses fonctions locales de Maire de Bayonne, Jean Grenet a également une activité de Député à l'Assemblée Nationale : à Paris, les distinctions entre ses deux philosophies politiques sont plus difficiles à percevoir au sein du même groupe UMP.

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Dans les premières années de son ascension politique locale, Jean Grenet fut député suppléant d''Alain Lamassoure, de mai 1993 à avril 1997, lorsque celui rejoignit le gouvernement Balladur en tant que Ministre délégué aux Affaires européennes, puis le gouvernement Alain Juppé en tant que Ministre du Budget, et Porte-parole du Gouvernement.

De décembre 1995 au 30 juin 2002, il cumula même les fonctions de Maire, Député et Conseiller Régional d''Aquitaine, ce qui lui permit d''étendre, comme son père avant lui, un réseau vaste de connaissances et d''influences.

A partir de juillet 2002, il sera "Mr le Député-Maire de Bayonne", en charge d''aller défendre à Paris ses dossiers bloqués localement : Balladur interviendra personnellement pour permettre la rénovation du Musée Basque et Jean-Louis Borloo apportera en 2006 un soutien financier et politique appuyé pour la rénovation de la barre d''immeubles de la ZUP, rebaptisée depuis "monument urbain Breuer".

Ses premiers mandats de député portent l''étiquette UDF, issu d''un courant politique dit du Parti Radical valoisien duquel Jean Grenet se revendique : proche des valeurs pronées par Valéry Giscard d''Estaing, en opposition avec celles "ni droite ni gauche" défendues par l''autre (jeune) ténor du parti, François Bayrou.

L''élection présidentielle de 2002 fait exploser le camp de droite, prié de se regrouper sous l''emblème unique de la Droite, l''intégration du Parti radical valoisien est alors signée et la majeure partie de son financement provient dès lors des caisses de l''UMP.

Après avoir servi dans les gouvernements de Raffarin, Villepin, puis actuellement de François Fillon, Jean-Louis Borloo en est son Président depuis novembre 2007.

Quand les Bayonnais s''en prennent au député de leur ville

La plupart des manifestations, qui se tiennent ou se terminent face à la Mairie, ont pour objet de rappeler effectivement à Jean Grenet qu''il ne peut pas toujours se défendre de son affiliation politique nationale.

Une habitude qui, pour reprendre une expression attribuée à Jacques Chirac en son temps, "lui en bouge une sans toucher l''autre".

Cela peut tout de même parfois se compliquer lorsque, en décembre dernier, la cérémonie d''ouverture officielle de l''Université de Bayonne se transformera en jets d''oeufs.

Non pas pour accabler l''élu local malgré ses nombreux efforts réalisés pour son implantation en coeur de ville, mais bien pour signifier au député le mécontentement de la grogne étudiante face aux réformes de l''enseignement supérieur.


Un élu aux ordres de sa majorité

C''est de fait sous cette étiquette UMP que Jean Grenet va défendre à Paris un projet politique national qu''il s''obstine à différencier de celui, local, qu''il mène à la Mairie. Sur le site internet de l''Assemblée nationale ou sur le site même du Parti Radical, cette différenciation n''existe pas, mais le Maire de Bayonne, dans sa campagne des Municipales en 2008, ne veut pas en démordre : "Ma liste a bien l''investiture de l''UMP et du MoDem, mais vous remarquerez que je n''en fais pas état", déclare-t-il en présentant sa liste électorale à la presse, "et nulle part n''apparaîtra le logo UMP, ni dans les bulletins, ni dans les affiches", prend-il la peine de préciser.

Une opération de communication politique qui rejoint sans doute ses convictions personnelles, mais qui doit surtout lui permettre de se dégager de la furia législative qui s''est emparée de l''Assemblée Nationale depuis l''élection de Nicolas Sarkozy.


L''amendement Mariani

Si le député Jean Grenet vote comme un seul homme les orientations générales du gouvernement depuis 2002, l''affaire de l''amendement ADN Mariani embarrasse plus d''un élu local encarté UMP.

En octobre 2007, l''idée de vérifier la réelle filiation des immigrés en France par un test ADN sera abandonné devant un tollé général qui n''hésite pas à demander à chaque député le sens de son vote.

A la question d''un journaliste de Sud Ouest demandant pourquoi il avait "voté contre", Jean Grenet explique alors qu''il reste "attentif aux questions touchant à la biogénétique".

Le plus connu des bloggeurs bayonnais, Moris Dia, prouvera que la réalité était différente, puisque le Maire de Bayonne choisira l''abstention pour exprimer son "vote contre".

L''affaire n''aura pas plus de suite préjudiciable, à quelques mois des élections municipales de 2008, si ce n''est qu''elle convaincra son auteur de fermer dans la douleur son blog citoyen : écoeuré d''être "considéré comme un jambon", il choisira de mettre un mouchoir sur la volonté des Bayonnais de connaître toute la vérité sur leur député-Maire.


Ses autres principales contributions au débat parlementaire

Les principales réformes et projets de lois du gouvernement mis en place par Nicolas Sarkozy seront adoptées par le député bayonnais, comme la réforme de l''audiovisuel public, la mise en oeuvre du Grenelle, la ratification du traité de Lisbonne ou la généralisation du Revenu de Solidarité Active (RSA).

Il vote pour la prolongation de l''intervention des forces armées en Afghanistan, mais bloque sur le projet de loi, adopté par le Sénat, relatif aux organismes génétiquement modifiés (OGM) : il se déclare "non votant" (c''est à dire "présent mais ne participant pas au vote") pour un "projet de production de protéines végétales alternatif aux cultures d''OGM afin de garantir l''indépendance alimentaire de la France".

Il votera, en vain, contre la réforme du Centre National du Cinéma visant à le placer sous une tutelle statutaire de l''Etat, mais accompagnera le vote nécessaire à l''accélération des programmes de construction et d''investissement publics et privés, en début d''année 2009.


Sa participation aux commissions parlementaires
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Ses rendez-vous parisiens sont réguliers, "un député efficace, c''est plus de 1 000 rendez-vous", expliquera-t-il sans frémir, soit une moyenne de 4 par semaine tout au long d''un mandat de 5 ans.

L''observation de ses présences sur le site de l''Assemblée Nationale ne comptabilisant que ses travaux parlementaires ne peut donc pas suivre ce rythme effréné.

En dehors de ces participations aux votes et aux débats, le député bayonnais est Membre de la commission des affaires étrangères.

Il ne fait guère de mystère quant à son rôle de co-Président de la "Commission Nationale de la Tauromachie". Sa participation comme Membre de la Commission Trufficulture relève, pour ce cas-ci, d''un "jardin secret".



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