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Bayonne, un an après les Municipales

A droite, les candidats évitent de se bousculer pour l'instant

Ramuntxo Garbisu

25/03/2009

Si l'opposition de gauche peine à remettre en question la suprématie des Grenet à Bayonne, la percée d'un Yves Ugalde ou les anciennes vélléités de colistiers de droite dessinent une alternance à un pouvoir que l'actuel Maire pourrait ne pas avoir l'intention d'abandonner en 2014.

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Une municipalité qui reste depuis plus de 50 ans désormais entre les mains de la même famille n''est pas une anomalie dans une démocratie apaisée comme celle que vit Bayonne : confortée scrutin après scrutin, cette ligne politique trouve de nombreux appuis dans le réseau économique, associatif et social de la ville.

Face à son 3ème scrutin municipal en 2008, le maire sortant Jean Grenet usait à ce propos d''une formule qui éclairait cette longévité locale : "Bayonne est une ville qui n''aime pas les extrêmes, c''est une ville de consensus".

Preuve s''il en était besoin : la disparition officielle du Front National du champ électoral local (moins de 7% en 2001, absent en 2008) n''a guère donné lieu à des crises aigues de larmes, si ce n''est chez quelques militants du RED (Rassemblement des Etudiants de Droite) qui hantent encore le campus de Bayonne.

Cette particularité électorale ne peut tout de même pas en générer une supplémentaire : celle de n''avoir suscité aucune velléité dans son propre camp politique.

L''exemple de Maurice Touraton, considéré comme le successeur désigné d''Henri Grenet avant d''être dépassé par l''ascension politique du fils du Maire en 1994, est encore dans toutes les têtes de droite, imposant soit une lutte frontale vécue comme un crime de lèse majesté soit une attente patiente, fidèle et surtout discrète auprès de l''édile local.

Après avoir été son Directeur de Cabinet durant quatre ans, Yves Ugalde a choisi la première option.

La naissance de "Bayonne par Coeur"

Animateur estimé de la vie sociale bayonnaise (notamment lors de son activité professionnelle d''animateur de feu-radio Bayonne), ce gérant de société de communication a été l''un des rares à exprimer ouvertement ces "signes de fatigue que présente le système Grenet depuis 1959, père et fils".

Refusant une étiquette de Centre droit (malgré une composition de liste très marquée par cette orientation politique), il a imposé un écho très perceptible au désir affiché du Maire sortant de "mener une nouvelle génération aux compétences, pour que demain, elle soit apte à diriger la ville".

Lui aussi fera la promotion de la nécessité d''une "nouvelle génération d''élus", mais arcboutés contre "la logique de notable et de réservation de pré carré".

La campagne 2008 sera donc acharnée entre les deux hommes, dépassant parfois largement ce que des électeurs sont en droit d''attendre de leurs futurs élus.

Les propositions de la liste "Bayonne par coeur" s''adresseront dès lors à ceux qui, sur un plan local, "ne se reconnaissent plus dans l''opposition gauche/droite", un appel au rassemblement qui va donc des centristes du MoDem, de personnes de centre gauche "gênées par un PS emmanuelliste" et aux "grenettistes pur jus".

Les arguments défendus seront l''arrêt de l''endettement décrit de Bayonne, ainsi que toute une série de projets "bayo-bayonnais" allant de la réhabilitation de la notion du fronton à une autre approche des Fêtes de Bayonne ou des transports en centre ville.

Ce désir de "rendre sa noblesse à un Bayonne capitale du Pays Basque de France" fournira l''incontestable surprise du 1er tour du scrutin de 2008, avec un score de près de 16%.

Et l''impossibilité constatée d''alliances avecd''autres listes n''empêchera pas "Bayonne par coeur" de disposer de deux élus dans l''opposition au Conseil Municipal depuis mars 2008.

Si les relations entre le Maire et "Bayonne par coeur" tendraient à se "détendre", comme le soulignait récemment son chef de file, il est facilement perceptible que la volonté d''Yves Ugalde de chasser dans les terres grenettistes ne connaitra pas de trêve jusqu''aux prochaines élections municipales de 2014.

Silence dans les rangs de la majorité

La compétition pour être désigné dauphin adoubé de Jean Grenet, si elle a commencé depuis de nombreuses années, n''a guère été bruyante médiatiquement.

Les trois mandats du Maire actuel auront permis à certains co-listiers de s''imposer dans des domaines clés de la politique de Jean Grenet : dans l''Urbanisme et désormais la Culture et le Patrimoine pour le seul encarté UDF de son Conseil Municipal, Jean-René Etchegaray, ou dans l''évolution des transports urbains et celle des Fêtes de Bayonne "plus sécurisées" telles que préconisées par son Adjoint à la Sécurité, Henri Labayle.

Les accessions aux plus hautes responsabilités d''une ville ne se préparent pas dans la précipitation, tous les prétendants en sont conscients, en leur for intérieur.

Ils savent aussi que ce qui pourrait les empêcher de prendre la Mairie à la dynastie Grenet n''est ni l''opposition de gauche ni leur immaturité politique : malgré de sérieux problèmes de santé en 2002, Jean Grenet déclarait se sentir animé d''une "flamme" comme jamais en présentant sa liste "rajeunie" de 2008 dont il était le plus ancien avec ses 68 ans...



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