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Onesta applaudit une Europe contre les égoïsmes nationaux

Ramuntxo Garbisu

09/05/2009

Après dix années de vice-présidence au Parlement européen, l'euro-député Vert Gérard Onesta a commenté ce samedi à Bayonne l'apport considérable que représente pour le futur la construction européenne, et plus uniquement nationale, la résolution du conflit basque en constituant un exemple révélateur.

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Pour celui qui n''aime guère "regarder le passé pour appréhender le futur", les prochaines élections européennes, et son départ de la vice-présidence du Parlement de Strasbourg, sont des raisons malgré tout suffisantes pour ré-affirmer une nouvelle fois ses convictions politiques profondément européennes.

Venu à Bayonne (Pays Basque nord) soutenir la candidature de la liste Europe Écologie Sud Ouest menée par José Bové et sa colistière basque Menane Oxandabaratz, Gérard Onesta aura appuyé son euro-optimisme par une liste de quelques sujets fondamentaux de la vue européenne traités sur la seule année dernière.

Sur ces seuls 12 derniers mois ont été abordés au Parlement européen des sujets aussi divers que les règles institutionnelles et financières pour l''Europe, le Paquet Climat et Énergie, l''appréhension des matières cancérigènes, l''agriculture et le dialogue Nord-Sud.

Il en est certain : l''Europe est devenu l''échelon le plus pertinent pour l''avenir, qui sur-détermine les décisions nationales, l''agitation française sur la loi Hadopi, votée en France et rejetée deux fois par l''Europe lui en fournissant la démonstration la plus récente.

Avec 120 partis nationaux, et 23 langues, puis désormais le feu vert de la Tchéquie donné cette semaine à la ratification constitutionnelle, c''est le Parlement qui s''impose par sa pertinence.

"Paradoxalement, la crise a été une vraie opportunité pour cette assemblée supra-nationale, qui a permis d''amortir la crise et de dépasser les égoïsmes jacobins, l''un des plus puissants d''entre eux étant sous nos pieds aujourd''hui", glisse-t-il avec un sourire.

"L''Europe décide aujourd''hui de tout : même si son temps d''action, généralement une dizaine d''années, est très long, c''est une excellente chose pour respecter des équilibres politiques, économique, financiers, bien supérieurs aux réflexes protectionnistes des seuls États".


Une nouvelle ère pour le Parlement Européen

Avec, pour la 1ère fois de son Histoire, l''élection à venir du Président de la Commission Européenne par suffrage direct du Parlement Européen, les pays ne pourront plus conserver leurs pré-carrés sur la légitimité de cet organisme transnational, estime-t-il.

"L ''Europe qui se fait dans notre dos, c''est fini ! Basta Barroso ! Il a passé des années à déminer le terrain des grands pays d''Europe avec des propositions uniquement libérales : le bal des faux-culs doit cesser".

Pour son Vice Président durant deux mandats, le Parlement aurait plus d''une fois eu à empêcher la Commission Européenne d''être laxiste sur le droit social, notamment au moment de la directive Bolkestein sur le moins-disant social (et l''exemple du "plombier polonais").

Un regret, tout de même : le manque de compréhension européenne des deux principaux partis politiques européens, avec le Parti Socialiste Européen et le Parti Populaire Européen.

"27 partis socialistes et 27 projets pour l''Europe, c''est n''importe quoi", estime-t-il, lorsque, en France, le PS de Martine Aubry s''engage effectivement à "dégager" Barroso et que, en Espagne, celui de José Luis Zapatero propose de le maintenir en fonction.

"La liste Europe Écologie est désespérément seule à faire campagne pour des choix aussi engageants pour notre avenir, notamment pour une politique environnementale particulièrement transversale dans les dossiers sur l''énergie, sur l''agriculture ou les transports", affirme-t-il.


La France en retard sur l''Europe

Que cela soit concernant le droit des minorités et des langues, ou l''absence de listes transnationales, "la France ne pense pas européen et ne se renouvelle pas", estime Gérard Onesta.

Sans mâcher ses mots, il estime aujourd''hui que l''élection présidentielle ne pèse rien dans la marche du monde, si ce n''est à élire des Reines d''Angleterre sans chapeau, ou des rois à talonnettes.

Et de conclure : "Il faut que vous sachiez que nous sommes la risée des autres pays européens avec les sondages français sur les futures présidentielles de 2012, alors que le parti gouvernemental UMP vient tout juste de boucler ses listes pour les Européennes, après nous avoir servi du Sarkozy européen pendant 6 mois ! C''est affligeant !".


Pour une résolution européenne du conflit basque

Celui qui fut parmi les artisans d''un "Groupe de soutien au processus de paix basque", déclare à regret être passé "tout près du miracle", lorsque tous les efforts pour mettre la société civile au coeur de la construction de la paix, "l''unique méthode appropriée", ont été réduits à néant par l''attentat de l''ETA contre l''aéroport de Mardid en décembre 2006, causant la mort de deux personnes qui dormaient dans un des parkings.

De la même manière que l''Union européenne a soutenu le processus de paix nord-irlandais, avait été également créé un observatoire extérieur du processus de pacification de la question basque, "pour que celui-ci ne reste pas bloqué dans une relation exclusive entre Paris, Madrid et Bilbao", précise-t-il.

"Toutes les options doivent être mises sur la table, et pas que les impasses. Écarter par exemple l''expression d''une partie du peuple basque aux élections d''Euskadi revient à écarter une partie des solutions, C''est la plus mauvaise des options qui a été choisie et imposée au peuple basque : le gouvernement de Patxi Lopez part dès le départ avec un handicap".

Un processus de paix qui serait regardé par toute l''Europe, confie-t-il, pour sa capacité à dépasser la violence par le dialogue, respecter la culture et l''histoire pour établir un dialogue civil, et envisager naturellement de supprimer la frontière quand elle représente un obstacle.


Son avenir politique personnel

Pour celui qui s''est indigné toute sa carrière durant du manque de renouvellement des élus aux plus hautes responsabilités, cette conviction vaut donc logiquement pour son propre cas personnel.

"On m''a annoncé aux Sénatoriales, aux Régionales : il n''y a guère qu''au Vatican que mon nom n''ait pas été cité. Pour la 1ère fois depuis 23 ans de carrière politique, je vais pouvoir prendre plus qu''un week-end de congés. Sans doute plusieurs mois".

Mais, il ne le cache pas longtemps : si la liste Europe-Écologie renforce ses positions transnationales à Strasbourg, alors il pourrait être tenté par une mission auprès de l''Assemblée Constituante, sur un poste non élu, afin de contribuer à construire l''avenir de ce continent européen d''un demi-milliards de citoyens.



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