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Réforme Balladur

Batera sûre de sa légitimité, pas de son poids

Ramuntxo Garbisu

15/05/2009

La plateforme de revendications d'institutions spécifiques pour le Pays Basque nord ne voit pas dans la réforme Balladur des collectivités territoriales la prise en compte de ses dix années de réflexion locale. Le collectif appelle à rassembler ses forces dès le 6 juin prochain.

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La plateforme Batera, qui regroupe des forces syndicales et politiques de différentes sensibilités, porte depuis dix ans des renvendications d''institutions spécifiques pour le Pays Basque nord : une chambre d''agriculture, une université, l''officialisation de la langue basque, ainsi que la création d''un département propre.

L''Etat est toujours resté sourd sur ce dernier point, tandis que les autres revendications l''ont plutôt amené à une position offensive, voire franchement hostile, comme dans le cas d''Euskal Herriko Laborantza Ganbara.


"Une nouvelle réflexion doit s''articuler face à ce rapport Balladur"

Faisant l''analyse des conclusions de la réforme Balladur, les porte-paroles de Batera ont reconnu l''utilité de "faire le ménage" dans les strates d''une administration qui peine à se laisser décentraliser.

Pour autant, si le projet de prise en compte d''une demande d''institution pour le Pays Basque nord aurait été "entendue" par Balladur lui-même, force est de constater que le rapport n''en tient guère compte.

"Si la notion de département, voire de région, devait disparaitre de la carte de la France, nous réclamerons la création d''une institution nouvelle, mais spécifique, pour le Pays Basque nord", ont-ils souhaité déclarer.

La plateforme Batera souhaite donc rassembler toutes les forces du Pays Basque pour re-penser de nouveaux axes d''interventions auprès de l''Etat.

Une première réunion de "brainstorming" se tiendra le 6 juin à 10h à la Mairie d''Espelette, avant qu''une Assemblée Générale ne fixe les futures priorités le 27 juin, même ville même heure.


La "chronique d''une mort annoncée"

"Avec la disparition de la clause générale de compétences des départements et même des régions, ce rapport, qui est complété par un projet de loi prévu à l''automne, est un recul important vis à vis des grandes étapes de la décentralisation, en 1982 et le projet Deferre, en 1999 et le projet Voynet, ou encore avec la loi de décentralisation de 2003", a commenté Jean-René Etchegaray, avocat et Premier Adjoint à la Ville de Bayonne.

La "chronique d''une mort annoncée" qui ne satisfait pas ce collectif, dont les quatre revendications ont obtenu l''appui de 64% des maires du Département ainsi que 36.000 signatures de soutien.

"Il n''existe aucune autre plateforme en France qui ait ainsi travaillé depuis plus de 10 ans, avec un collectif de près de 400 personnes", a insisté Martine Bisauta, Adjointe à la Ville de Bayonne, "toutes les avancées obtenues, de l''Office Public de la langue Basque au Conseil de Développement du Pays Basque, sont aujourd''hui menacées".


L''Etat ne montre pas l''exemple

Dans un contexte politico-social où le train de l''Etat file sans sourciller sur la LGV de son bon-vouloir, la question des économies par rationalisation ne semble pas s''intéresser à la propre désorganisation de l''exécutif, une aberration pour Jean Lissar, Conseiller régional Verts d''Aquitaine.

"Quand on voit que les membres du Gouvernement, ou le Chef de l''Etat lui-même, n''osent plus s''aventurer dans les régions sans forces massives de police, on peut se demander quelle vision ils peuvent bien apporter à la redistribution des compétences territoriales", conclut-il.



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