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Finances publiques

Le grand emprunt national sera pour 2010

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29/06/2009

François Fillon a fixé la date du lancement de l'emprunt annoncé par le président Nicolas Sarkozy pour financer des investissements d'avenir. La concertation sur les priorités à financer se poursuivra jusqu'à fin octobre.

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Lors d''une brève déclaration après un séminaire gouvernemental sur le sujet, la concertation sur les priorités qui seront ainsi financées se poursuivra jusqu''à fin octobre.

Les conclusions de ce débat seront tirées "dans la première quinzaine de novembre", a-t-il ajouté. "Il y aura alors soit une loi de finances rectificative, soit une loi de programmation au début de 2010 et, dans la foulée, l''emprunt (...) sera lancé."

François Fillon s''est efforcé de donner des gages à ceux qui craignent, à droite comme à gauche, que cet emprunt national serve à dissimuler une nouvelle dérive des finances publiques.

Il a ainsi assuré que le gouvernement avait débattu des moyens de réduire les déficits structurels "sans basculer dans une politique de rigueur" et engagerait une nouvelle phase de réduction des dépenses publiques, de maîtrise des dépenses sociales et de rationalisation des dépenses des collectivités locales, parallèlement au lancement de l''emprunt.

Il a également laissé entendre que le gouvernement ferait appel à des cofinancements privés pour compléter les sommes levées sur le marché ou directement auprès des Français.

Des priorités nationales définies au cours des trois prochains mois devront découler des projets "ciblés", "en petit nombre" et "structurant", avec une rentabilité financière et socio-économique "clairement appréhendable", a déclaré le premier ministre.

Réactions de toute part

Le séminaire gouvernemental, qui s''est déroulé en présence du secrétaire général adjoint de l''Elysée, Xavier Musca, était destiné à mobiliser le nouveau gouvernement mais aussi à définir un calendrier et une méthode pour le promouvoir.

Il a permis de rappeler aux ministres qui ne l''auraient pas compris qu''ils ne devaient pas en attendre des ressources en plus pour des dépenses qui ne seraient pas "d''avenir".

En ce qui concerne le calendrier, Nicolas Sarkozy ouvrira mercredi à l''Elysée le dialogue sur les priorités stratégiques avec les partenaires sociaux, à l''Elysée.

Les commissions parlementaires de l''Assemblée et du Sénat seront mises à contribution, car c''est le Parlement qui devra décider, à l''automne, à la fois des priorités et des modalités de l''emprunt, a indiqué François Fillon.

Si aucun indice n''a été donné sur les modalités du futur emprunt, l''ex-Premier ministre Edouard Balladur, qui a lancé le dernier en 1993, a défendu l''idée d''un emprunt levé auprès des seuls particuliers pour les associer au redressement économique.

Autre ancien Premier ministre de droite, Dominique de Villepin, a en revanche émis des réserves sur le principe même de l''emprunt public. "D''une façon ou d''une autre il faudra rembourser", a-t-il déclaré sur la radio BFM.

Le chiffre de 80 à 100 milliards d''euros a été cité dans la presse. Mais le ministre de la Relance, Patrick Devedjian, a jugé dimanche ce chiffre "trop important".

D''après un sondage OpinionWay, 56% des Français sont opposés à un emprunt. Selon l''Ifop, 82% n''envisagent pas d''y souscrire.
Avant même d''être lancé, cet emprunt suscite en tout cas des dissonances au sein de la direction du Parti socialiste.

Pour le socialiste Pierre Moscovici, tout nouveau dirigeant du pôle économie du PS, a estimé qu''il fallait en tirer "le meilleur", même si ce n''était pas une idée "extraordinaire", tandis que le secrétaire national Michel Sapin a dénoncé une "grande illusion".



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