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LGV Tours-Bordeaux : le "non mais oui" l'emporte sur le "oui mais non"

Rédaction

29/04/2011

Le Conseil Général des Pyrénées Atlantiques a voté une contribution de 79 millions d'euros pour le tronçon Tours-Bordeaux, à l'issue d'un débat où de multiples oppositions auront été communes.

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Bordeaux et Paris en rêvaient, et le Conseil Général des Pyrénées Atlantiques, réuni hier à Pau, l''a fait : l''assemblée départementale a voté une contribution financière de 79 millions d''euros pour le tronçon de nouvelles voies LGV Tours-Bordeaux, ouvrant ainsi en particulier la porte au tronçon Bordeaux-Espagne, malgré l''opposition citoyenne que ce projet suscite en Pays Basque nord.

A l''issue d''un très long débat au Parlement de Navarre, le nouvel exécutif socialiste aura donc maintenu les allures d''un débat, quand aucun des arguments qui s''opposaient à sa majorité n''aura réussi à faire infléchir une position que le nouveau président socialiste du Département, Georges Labazée, refusa de présenter comme l''alignement avec la volonté de la Région Aquitaine d''Alain Rousset.

Après un premier vote en décembre 2008 fixant à 53 millions d''euros la participation de département au projet ferroviaire, l''ordre du jour proposait ce jeudi de passer finalement à 79 millions d"euros la contribution du département.

Un montage financier inacceptable pour le Modem, quand Basques et Béarnais contribueront plus par tête d''habitant que les Girondins, qui verront arriver (plus rapidement) les TGV en gare St Jean ? "La LGV doit arriver dans notre département", leur répondit Georges Labazée.

Des contreparties jugées incertaines par l''UMP, que cela soit soit dans l''aide de l''Etat de 60 millions d''euros pour la construction d''un nouvel axe routier entre Pau et Oloron, ou encore de réels doutes sur le principe de la gratuité du péage à St Jean de Luz ? "Notre Conseil Général ne doit pas être montré du doigt en s''opposant à la LGV", réfuta Georges Labazée.

La demande conjointe de l''UMP et du Modem de décorrélation de la traversée du Pays Basque du reste du projet, en attente d''études complémentaires pour une "reprise apaisée du dossier" ? "Notre co-financement Tours-Bordeaux validera l''engagement de l''Etat sur Bordeaux-Espagne et Bordeaux-Toulouse, c''est essentiel pour notre département", plaidera Bernard Molères, Maire d''Orthez et vice-président chargé de l''Aménagement du territoire et du Développement durable.

Un modèle ferroviaire en perte de vitesse, inutile et trop coûteux, pour l''élu abertzale Alain Iriart, qui défendit une nouvelle fois le réflexe de méfiance vis à vis du lobby RFF/Vinci, l''amélioration des voies existantes, le travail de sape effectué contre l''esprit initial du Grenelle de l''Environnement ? "Pendant que nous bavardons et que le dossier est ralenti, le nombre des camions sur le couloir atlantique augmente", leur répondit le socialiste François Maïtia.

Une diatribe venue du camp socialiste lui-même par la voix de Nathalie Franck, qui refuse de participer à "ce vote de chantage", quand "la justice devrait déjà être saisie pour ces 130 millions d''euros qu''elle doit au département" et qu''elle ne reverse toujours pas, ou de voir "un troc honteux de rail contre de la route" ? "La LGV dans les Pyrénées Atlantiques, c''est le moyen de conjuguer notre département à la dimension européenne, c''est un aménagement vital", lui répondit la socialiste Marie-Pierre Cabannes, vice-présidente chargée des Politiques contractuelles de développement.

Le temps du vote s''approche, l''UMP tente un dernier coup stratégique en proposant de voter "dans le même sens" et que les socialistes, entre "Nous, si on était restés majoritaires, on n''aurait jamais fait ça", et "On est bien entendu pour la LGV, mais où est l''urgence ?", mais Georges Labazée estime que "l''on est arrivés au bout du bout du débat".

Les boitiers électroniques crépitent, et le verdict tombe : sur 52 votes possibles, 32 voix en faveur, 3 contre et 2 abstentions.

Le PS a rassemblé au-delà de ses seuls 28 sièges, la Bayonnaise Marie-Christine Aragon s''abstient, et l''élu indépendant Alain Iriart n''est plus le seul à voter contre, rejoint par Philippe Juzan (Saint-Jean-de-Luz, UMP), et Jean-Marc Grussaute (Lasseube, Forces 64).

15 conseillers généraux auront finalement "refusé de participer au vote", dont le chef de file de l''UMP, Max Brisson, et, par procuration, celui de Forces 64 (Modem), Jean-Jacques Lasserre.

Georges Labazée reconnait devoir désormais mener de difficiles négociations pour mieux appréhender la traversée du Pays Basque nord, obtenir un débat public sur la traversée du Béarn, ou voir l''Etat honorer ses promesses autoroutières.

Les opposants du CADE condamnent "un vote à yeux fermés", et, dans le fond de la salle, David Gros-Claude, élu régional Europe Ecologie - Les Verts, constate amèrement que le basculement à gauche des Pyrénées Atlantiques laisse entière la possibilité d''imposer ses dogmes politiques.

Le début des travaux de la LGV Tours-Bordeaux sont prévus pour 2014, le site France BTP salue cette décision.



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