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La question des prisonniers sur le devant de la scène

Rédaction

31/01/2012

Le ministre espagnol de l'Intérieur, le conservateur Jorge Fernandez Diaz, a annoncé ce mardi qu'il promouvra "une politique de réinsertion individuelle" pour les prisonniers membres de l'ETA.

  • Le ministre espagnol de l'Intérieur, le conservateur Jorge Fernandez Diaz.

    Le ministre espagnol de l'Intérieur, le conservateur Jorge Fernandez Diaz. Photo: EFE

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La question des prisonniers occupe de plus en plus le devant de la scène politique en rapport avec le processus de paix au Pays Basque.

D'une proposition de loi visant le rapprochement familial des détenus, votée la semaine dernière à l'Assemblée nationale de Paris, aux déclarations du ministre espagnol de l'Intérieur ce mardi, en passant par la réunion du président basque et de son homologue espagnol vendredi dernier à Madrid.

Si la plupart des partis politiques, y compris les conservateurs, estiment que la fin de la lutte armée menée par l'ETA est un processus irréversible, le consensus est beaucoup moins évident quand ils évoquent la question du rapprochement des prisonniers.

À Madrid, le ministre espagnol de l'Intérieur, le conservateur Jorge Fernandez Diaz, a annoncé ce mardi qu'il promouvra "une politique de réinsertion individuelle" pour les prisonniers membres de l'ETA qui sont prêts à abandonner la violence, dans les termes prévus par la loi.

"Il s'agira d'une politique intelligente qui saura tirer profit des opportunités qu'offre la nouvelle situation et qui en finit avec la manipulation que souffrent les détenus et leurs proches," a indiqué Fernando Diaz, selon lequel près de 95% des prisonniers de l'ETA obéissent toujours aux instructions de l'organisation armée.

Tout en promettant d'affronter la question de la fin de l'ETA avec "un regard ouvert", le ministre a tenu à souligner que "la seule feuille de route du gouvernement est l'application de la loi". Le nouveau ministre espagnol de l'Intérieur a demandé à l'ETA de se "dissoudre", de "reconnaître la douleur qu'ils ont causée aux victimes" et de "demander pardon".

Fernando Diaz a également annoncé une "importante réduction" des gardes du corps, un service qui coûte "plus de 160 millions d'euros" à l'Etat espagnol, dont 100 millions pour les gardes du corps privés au Pays Basque et en Navarre.

Pour Fernandez Diaz, député de la coalition indépendantiste basque Amaiur, le gouvernement espagnol "se trompe s'il croit que le conflit politique basque pourra être résolu à travers une hausse de la répression et le non-respect des droits fondamentaux". Le député a réclamé le rapprochement des détenus et la fin de l'illégalisation des partis politiques.

Vendredi dernier à Madrid, le président de la Communauté autonome basque, le socialiste Patxi Lopez, a plaidé pour le rapprochement des prisonniers membres de l'ETA dans les prisons du Pays Basque et la légalisation de l'ancien parti Batasuna, interdit pour ses liens présumés avec la bande armée.

"J'ai dit au président (Rajoy) que nous vivons au Pays basque une situation paradoxale: alors que les personnes qui formaient l'Ex Batasuna sont présentes dans les institutions (...), ils n'ont pas de parti légalement reconnu et cette situation crée une 'victimisation' inutile (...)", a dit Patxi Lopez à l'issue d'une réunion avec le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy.

"Mon gouvernement s'engage à ouvrir la porte de la réinsertion pour les prisonniers qui tirent un trait sur leur passé terroriste et s'engagent à réintégrer la voie de la démocratie", a-t-il ajouté.

En France, les députés ont adopté mardi dernier à la quasi-unanimité une proposition de loi visant à favoriser le rapprochement des détenus condamnés, sauf dans certains cas comme, par exemple, pour des motifs de sécurité.

Début janvier, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Bilbao pour réclamer un changement de la politique pénitentiaire et le rapprochement des prisonniers de l'ETA au Pays Basque.

Suite à cette forte mobilisation, le collectif Egin Dezagun Bidea a créé un nouveau mouvement, nommé Herrira, qui sera présenté ce dimanche à San Sebastian (Donostia) et qui veut rassembler "tout citoyen qui a pour objectif le retour à la maison des prisonniers et réfugiés".



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