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Outre-mer

Le LKP s'explique à Bayonne

Jean-Marie Izquierdo

17/04/2009

Des membres du LKP de Guadeloupe et du Collectif du 5 février de la Martinique sont venus expliquer les événements de cet hiver aux Antilles.

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Patrick Dore, secrétaire général de l''Union Générale des travailleurs de Martinique (UGTM) et Casimir Petit-Louis de l''Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG) ont été invités à s''exprimer à Bayonne par le syndicat LAB (Union des travailleurs patriotes basques) avec lequel ils entretiennent des relations depuis plusieurs années.

Ils ont fait part de leur interprétation des événements de cet hiver aux Antilles avant de se prononcer sur les Etats généraux de l''outre-mer auxquels les deux collectifs, le LKP en Guadeloupe et le Collectif du 5 février à la Martinique, ont refusé de participer.

A la Martinique, depuis février 2007, l''UGTM mobilise les travailleurs martiniquais à travers l''association de divers syndicats locaux. Cette initiative intersyndicale a connu un véritable succès lors de l''appel à la grève générale du 5 février 2009 sous un ordre du jour tenant en quatre point : l''amélioration du pouvoir d''achat, la lutte contre la vie chère, l''emploi et la reconnaissance du fait syndical martiniquais. Cet appel à la grève générale, reconductible chaque jour, a tout de suite connu un franc succès. "Pour une Ile comme la Martinique qui compte 400 000 habitants, plus de 20 000 personnes étaient dans les rues" explique Patrick Dore.

En Guadeloupe, le mouvement est tout aussi ancien, sans revenir à la colonisation des îles antillaises, Casimir Petit-Louis, de l''UGTG, précise que depuis des mois et en particulier depuis les élections prud''homales de décembre 2008 qui ont vu le syndicat devenir majoritaire sur l''île, les membres sont allés d''entreprise en entreprise, d''association en association pour défendre les citoyens "contre l''exploitation, contre l''injustice, contre la profitation et pour une société plus humaine".

Patrick Dore dénonce d''ailleurs cette dépendance envers la France et l''Europe. "On produit 15% de ce que l''on consomme, le reste, c''est-à-dire 85% de ce que nous consommons, on l''importe !". Fort de ce constat, les deux collectifs sont allés négocier, point par point, les près de 300 objets de la négociation : des produits de consommation courante, à la santé, en passant par les services, par l''éducation aussi, en demandant aux programmes scolaires de relater l''histoire antillaise en s''appuyant sur les spécificités locales etc. …

Outre ces points négociés, le représentant de l''UGTM comme de l''UGTG font le même constat "la plus grande victoire, c''est de dire que plus rien ne sera plus comme avant. C''est un véritable mouvement révolutionnaire car on observe une transformation réelle de la société" explique Patrick Dore qui précise qu''un observatoire des prix est désormais en place pour "réguler une économie inégalitaire". Un optimisme que renchérit Casimir Petit-Louis en déclarant que "ce n''est pas qu''une avancée pour le mouvement syndical guadeloupéen, c''est une avancée pour le mouvement syndical mondial ! On a retrouvé dans la rue, ceux qui ne travaillent pas, ceux qui sont à la retraite, ceux qui sont handicapés, en chaise roulante, de droite, de gauche… Tout le monde a trouvé une parcelle de revendication qui l''intéressait pour se mobiliser ensemble" explique-t-il.

Mise au point sur les Etats Généraux

Tout deux critiques quant au traitement parcellaire de l''information pendant les événements, ils ont pris le temps de clarifier, comme à Rennes II en mars dernier, devant un auditoire d''étudiants et d''enseignants en grève, leur histoire. Soucieux de préciser les choses et surtout de répondre aux attaques les tachant de racisme, Patrick Dore a expliqué que l''UGTM ne participera pas aux Etats Généraux qui se tiendront la semaine prochaine pour ne pas entrer dans le giron institutionnel de l''Etat français.

"Nous sommes déjà des Etats Généraux depuis le 5 février. Nous avons le mandat de revendication, de lutte, de confrontation sociale que nous ont donné les Martiniquais. Il ne s''agit pas pour nous d''adopter les modes de réponse du gouvernement, de donner nos opinions et qu''une délégation interministérielle traite la question Martiniquaise comme s''il ne s''était rien passé !". Les élus, de leur côté, qui se sont mobilisés autour d''un Agenda 21 local et du Schéma martiniquais de développement économique (SMDM) ont aussi demandé au gouvernement de prendre en compte leur travail avant de lancer les Etats généraux.

Pour la Guadeloupe, Casimir Saint-Louis explique que le LKP ne compte pas se soumettre au rythme imposé par le gouvernement en place. "Nous ne pouvons pas répondre à la concertation qu''ils souhaitent. Notre travail est de faire évoluer les consciences. La forme et le calendrier d''émancipation, ce n''est pas l''Etat qui peut en décider".

Tout comme à la Martinique, le mouvement qui est absolument pacifiste invite cependant tous ceux qui le souhaitent à participer à cet événement organisé par l''État. L''objectif pour le LKP n''est pas là, il est plutôt de parvenir à continuer à mobiliser le "maximum de gens" notamment pour le 1er mai prochain pour dénoncer les "profitations".



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