Infos

Société

Restez informé par RSS

Société

Reportage

De la lutte contre la grippe A à la lutte contre l'industrie de la pandémie

Frederik Verbeke

23/08/2009

Les campagnes de sensibilisation pour la vaccination contre la grippe A sont-elles au service de la santé publique, des profits des princes de l'industrie pharmaceutique ou d'un complot de génocide? Les controverses autour de la grippe A ne cessent de se multiplier.

Commentaires

Les controverses autour de la grippe A/H1N1 et autour des dispositions de lutte à adopter contre l''épidémie ne cessent de se multiplier.

Alors que les uns alimentent la psychose, en décomptant sans cesse le nombre de victimes touchées par le virus, en annonçant une mutation dangereuse à l''automne, en diffusant des messages d''alerte, en établissant des mesures afin de limiter la propagation de la pandémie, d''autres émettent des réserves sur la virulence de la grippe A, critiquent les intérêts économiques de l''industrie pharmaceutique ou avertissent contre les dangers d''une vaccination massive.

En estimant que jusqu''à deux milliards de personnes pourraient être infectées au cours des deux prochaines années, l''Organisation mondiale de la santé (OMS) ne cesse de mettre en garde contre les dangers de la grippe A/H1N1. La propagation de la grippe dans le monde va mettre en danger plus de vies au moment de son accélération dans les prochains mois et les gouvernement doivent être en mesure de fournir une réponse rapide à une "explosion" des cas, a mis en garde l''OMS vendredi dernier.

En plus, l''OMS a alerté ce week-end contre une deuxième vague de grippe. "Nous devons nous préparer à toute surprise que nous réserve ce nouveau virus capricieux", a insisté l''OMS, martelant: il faut se "préparer à une seconde voire à une troisième vague comme nous l''avons vu lors des précédentes pandémies".

En vue de "tranquilliser" les citoyens, les gouvernements annoncent l''achat massif de vaccins, créent des sites Internet, comme celui du gouvernement français, et établissent des mesures afin de limiter la propagation du virus.

En juillet, la France a annoncé, par exemple, l''achat de 94 millions de doses de vaccin pour un milliard d''euros. Un mois plus tard, le ministre de l''Education, Luc Chatel, a fait le point sur le dispositif de prévention envisagé pour les établissements scolaires en cas de pandémie de grippe A. En cas d''apparition de cas groupés, soit un minimum de trois élèves dans une même classe en une semaine, le préfet pourra décider ou non de la fermeture de la classe ou de l''établissement.

Toutes ces mesures et tous ces messages plus ou moins alarmistes sont repris tout de suite par les médias. La psychose s''alimente. L''inquiétude ne diminue pas.

Or, peut-on vraiment justifier tout cela? S''il faut en croire Bernard Debré, médecin, député UMP de Paris et membre du comité national d''éthique, la grippe A/H1N1 "reste une grippette" qui "n''est pas dangereuse" et qu''"il faut siffler la fin de la partie".

Quoi qu''il en soit, ce n''est pas seulement le virus qui fait débat, mais aussi et surtout les moyens de lutter contre la grippe. Les effets indésirables du Tamiflu et les intérêts économiques de l''industrie suscitent des critiques virulentes, alors que la vaccination massive génère même des plaintes pour génocide.


Les effets indésirables du Tamiflu

Selon une étude du British Medical Journal, les enfants atteints de la grippe ne devraient pas être traités au Tamiflu, qui ne leur fait guère d''effet tout en aggravant les vomissements et autres effets secondaires.

Les personnes en bonne santé attrapant la grippe A/H1N1 n''ont pas besoin de prendre de traitement antiviral comme le Tamiflu, sauf s''ils ont une forme sévère de ce virus ou si leurs symptômes s''aggravent, a jugé vendredi dernier l''OMS.

N''empêche que l''organisation onusienne considère qu''il faut prescrire le Tamiflu pour les personnes à risque: les enfants de moins de cinq ans, les femmes enceintes, les plus de 65 ans et les personnes ayant des problèmes de santé, cardiaques, VIH ou diabète.

En bref, acheter des actions de Tamiflu peut se révéler plus intéressant que d''en avaler.


Quand les princes de la pharmaceutique s''en mêlent

Si les décisions de l''OMS représentent un enjeu financier gigantesque et "affectent directement les activités (et donc les profits) de nombre de sociétés transcontinentales privées de la chimie, du génie biologique et de la pharmaceutique," comme l''indique Jean Ziegler dans son livre L''empire de la honte (2005), il n''est pas étonnant de voir comment "certains princes de la pharmaceutique dépensent chaque année des trésors d''ingéniosité et des sommes d''argent considérables pour convaincre diplomates et fonctionnaires qui composent les délégations" de l''assemblée de l''OMS.

Les accusations de Jean Ziegler sont toujours d''actualité. Dans une interview au Spiegel, l''épidémiologiste Tom Jefferson accuse l''OMS et les responsables de la santé publique, les virologues et les firmes pharmaceutiques d''avoir lancé une campagne de peur poussée par la recherche du profit.

"Ils ont construit cette machine tout autour d''une pandémie imminente. Et il y a beaucoup d''argent impliqué, et d''influence, et de carrières, et des institutions entières! Et il a juste fallu que l''un de ces virus de la grippe mute pour que la machine commence à grincer," explique-t-il.


Vaccin ou arme de destruction massive?

Parmi les controverses on en retrouve aussi d''autres, plus difficiles à défendre, comme celle de la théorie d''un complot. Plusieurs plaintes de génocide ont été déposées.

En Autriche, par exemple, une journaliste, Jane Burgermeister, a déposé une plainte contre l''OMS, l''ONU et les géants pharmaceutiques les accusant de vouloir commettre un génocide.

Dans son dossier d''inculpation, Burgermeister accuse un groupe de banquiers internationaux de vouloir considérablement réduire la population mondiale sous le prétexte d''une campagne de vaccination. Le virus A/H1N1 aurait été créé en laboratoire puis lâché dans la population. Le vaccin, plus encore que la grippe, est soupçonné de servir d''"arme biologique pour la dépopulation tant souhaitée par ce cartel politique et économique".

En France, l''association SOS-Justice et Droits de l''Homme a saisi le Parquet de Nice en la personne de son Procureur de la République, Monsieur Éric de Montgolfier, en date du 31 juillet 2009, d''une demande d''ouverture d''enquête criminelle au motif de préparation de génocide.


Le meilleur remède: le rire

D''un extrême à l''autre, d''une vaccination pour se protéger contre la grippe à la vaccination au service d''un génocide, en passant par une vaccination pour augmenter les profits de l''industrie, on a de quoi alimenter les polémiques et les controverses mais aussi les inquiétudes et les préoccupations.

Face à toutes ces controverses, le rire est sans doute le meilleur remède. Des dessins humoristiques, des chansons parodiées, beaucoup d''internautes tournent en dérision la grippe. L''Express.fr en offre quelques exemples.



Les infos du Pays Basque

  • Euskal Herria

    Euskal Herria

    Retrouvez toutes nos actualités les plus récentes relatives au Pays Basque recueillies sur une seule page.

Le plus vu