Infos

Société

Restez informé par RSS

Société

Soirée-débat

Bayonne : de l'industrie ou de l'environnement, qui tombe à l'eau ?

Rédaction

08/12/2009

A l'appel du CADE et d'Attac, un débat sera organisé vendredi 11 décembre au Boucau (18h), autour d'un documentaire sur le Port de Bayonne, réalisé par Ramuntxo Garbisu, journaliste à eitb.

Commentaires

En Pays Basque nord, Bayonne (et les communes voisines de Boucau, Tarnos et Anglet) entretient une histoire particulière avec la zone portuaire de l''Adour, pour son économie, son bassin d''emplois industriels, mais également par les craintes des riverains quant à ses atteintes sur l''environnement.

Depuis des années, de nombreux collectifs de l''estuaire réclament d''avoir une réelle transparence sur les atteintes environnementales réelles générées par l''activité industrialo-portuaire, et, en particulier, par l''Aciérie de l''Atlantique (ADA) à Tarnos, ainsi que par l''ancienne usine de broyage de minerais Fertiladour, dont la contamination radioactive des sols baissera de moitié dans 14 milliards d''années.

C''est dans ce contexte que, ce vendredi 11 décembre au Boucau (salle Prudet, 18h), les associations CADE, IDEAL, Attac et ZIPAdour proposeront une soirée-débat autour du thème "ADA, FERTILADOUR : LE DROIT DE SAVOIR !".

Lors de cette soirée sera diffusé pour la première fois le documentaire "Dans le Port... on nous dit que tout est bon", réalisé par Ramuntxo Garbisu, auto-produit par la structure associative Yallah Yallah Productions.


Présentation du documentaire

Journaliste à eitb, Ramuntxo Garbisu a passé 16 mois à recueillir les affirmations d''industriels du Port, d''élus et de représentants de l''Etat, puis à les confronter avec les analyses d''associations de défense de l''environnement, et de salariés de la zone portuaire.

Dans ce documentaire de 52 minutes est donc contestée la version officielle d''un Port où les cas de pollution seraient marginaux, et les incidents rares.

Destiné à ouvrir un débat sur l''accès citoyen aux informations environnementales, chacun sera sans doute amené à porter ses propres conclusions sur l''équilibre à trouver entre le développement économique du Port de Bayonne et le respect de l''environnement, de ses riverains, et des salariés qui y travaillent.

Tous les éléments d''investigation, la présentation des protagonistes, ainsi que quelques documents officielles sont en ligne sur le site dédié du documentaire.


Fertiladour, "une actualité permanente de pollution des sols"

Si dans un premier temps, la cessation d''activité de l''ancienne usine Fertiladour du Boucau est décrite comme une page à tourner dans l''histoire du Port de Bayonne, un entretien avec le Directeur de l''usine, Henri Capdepuy, permet de re-découvrir cet épisode industriel de broyage de monazite (un minerai radioactif à l''état naturel) entre 1973 et 1992.

Séquence après séquence, ses appels à "un peu d''objectivité scientifique" sur ce dossier sont rapidement contestés par les analyses du CADE à l''intérieur de l''usine, compteur Geiger à la main.

Avec plus de 11.000 m3 officiellement contaminés par de la radioactivité 2 à 3 fois supérieure au maximum autorisé, la volonté de l''industriel "d''abandonner le site" se révèle bien contestable face aux images dévoilées par le documentaire.

Que cela soit dans la volonté d''en nier la contamination, dans les efforts pour déplacer les terres et masquer cette réalité, sont nettement dessinés les contours d''une idéologie industrielle que l''on pensait d''un autre temps, voire d''un autre continent.

Les témoignages de deux ouvriers de l''usine, protégés des rayonnements ionisants de la monazite par de simples masques en papier, apporteront la preuve saisissante que l''histoire de Fertiladour ne peut pas être occultée, au moment où ses 7 hectares sont en passe d''être vendus à un autre industriel.


Retrouvez les deux dossiers réalisés par eitb.com sur cette usine de Boucau

FERTILADOUR : LA RADIOACTIVITE INDUSTRIELLE EN QUESTIONS

APRES LA TERRE DU BOUCAU, FERTILADOUR CONTAMINE LE DEBAT POLITIQUE


ADA, "une réalité occultée par beaucoup de fumées"

Le cas de l''Aciérie de l''Atlantique, si elle n''est pas caractérisée par un tel ravage environnemental et humain, reste malgré tout relié à un même contexte de manque de transparence quant à ses effets sanitaires réels.

Si, dans un premier temps, le Directeur d''exploitation Iñaki Arberats affirme que la vision de rejets dans l''atmosphère peut "ne pas être rassurante", il s''empresse d''affirmer qu''il n''y a aucun danger pour l''environnement.

Une vision "minimale" du fonctionnement de ce grand four à acier, que partage sensiblement le maire de Tarnos, Jean-Marc Lespade.

Mais confronté à son tour aux images tournées le 22 juillet 2008 d''un gigantesque brouillard de fumées rouges enveloppant l''usine et les alentours, l''élu confiera tout à la fois son ignorance de cet incident industriel et son incapacité à savoir de quoi sont formés ces rejets.

Interrogé sur ce point dans le documentaire, Iñaki Arberats ne fuira pas la question, en répondant qu''il s''agit "des ennemis de la santé humaine".

Bien avant cet incident, la nature de ces échappements était pourtant connue de tous : sous la pression du collectif ZIPADOUR, des analyses complémentaires en 2002 avaient conclu à des niveaux extrêmement élevés de métaux lourds (plomb, cadmium, manganèse, arsenic) dans les rejets atmosphériques.


Retrouvez une analyse faite par eitb sur ADA :

Y''A-T-IL ENCORE UN PILOTE DANS LE PORT DE BAYONNE ?



Les infos du Pays Basque

  • Euskal Herria

    Euskal Herria

    Retrouvez toutes nos actualités les plus récentes relatives au Pays Basque recueillies sur une seule page.

Le plus vu