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Antennes relais

Bayonne sur la même longueur d'onde que le Grenelle

Rédaction

03/03/2010

Grâce au Grenelle des Ondes, la question des antennes relais a dépassé le cadre unique de la santé publique. Bayonne contribue à la concertation des multiples acteurs impliqués localement.

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En Pays Basque nord comme partout en Europe, les débats font long feu sur les dangers des antennes-relais.

Grâce au Grenelle des Ondes, la question des "radiofréquence micro-ondes des stations de téléphonies cellulaires" a dépassé les strictes préoccupations relevant de la santé publique pour s''étendre à l''industrie, l''environnement, les Nouvelles technologies et la population.

Grâce à la participation de l''ensemble des acteurs impliqués, la question des antennes-relais devrait être appréhendée de façon moins controversée.

C''est du moins le rôle assigné à la ville de Bayonne qui a été choisie pour évaluer la concertation des multiples acteurs impliqués localement dans le cadre du Grenelle des Ondes.


Le Grenelle, une nouvelle façon de prendre des décisions?

Olivier Borraz, directeur de recherche au Centre de Sociologie des Organisations du CNRS insiste sur le caractère très expérimental de la démarche. "La question des antennes-relais n''est pas un problème investi uniquement par les pouvoirs publics. La constitution d''un Grenelle des Ondes montre d''ailleurs que la position des experts ne peut pas suffire sur un sujet aussi sensible. Les débats sont donc ouverts à la discussion, sans qu''il y ait de règles du jeu prédéfinies".

Le sujet qui a été abordé à l''aune des problématiques de santé depuis la fin des années 1990, essaie aujourd''hui d''être traité de façon beaucoup plus transparente et transversale aussi.

C''est dans ce sens que le Grenelle des ondes a été lancé, dans la ligné du Grenelle de l''environnement, de celui de la Mer ou encore du Grenelle de l''Insertion etc. Ce Grenelle, des ondes en l''occurrence, vise à impliquer tous les acteurs concernés par l''exposition aux champs électromagnétiques, c''est-à-dire les industriels, les pouvoirs publics mais aussi les "citoyens et plus uniquement les experts".

Dans la méthode de travail, il y a une dimension novatrice où l''on souligne "l''importance du dialogue et la prise en compte des préoccupations des citoyens sinon on y arrivera pas" explique le chercheur.

Pour l''heure, il est difficile de savoir s''il s''agit d''une opération de communication ou d''une véritable façon d''intégrer les inquiétudes exprimées par les citoyens. Reconnaissant le caractère un peu déroutant de certains débats, Olivier Borraz y voit néanmoins l''occasion de faire apparaître de nombreux aspects qui ne sont pas toujours envisagés ni par les experts ni par les associations environnementales ou de riverains généralement très bien informés sur les dangers potentiels.

En 2010, le Grenelle s''est institutionnalisé davantage, deux réunions sont prévues chaque année. C''est un premier pas.


Bayonne joue la carte du Grenelle des Ondes

Dans le cadre d''un appel à candidatures pour poursuivre la démarche, auquel 238 communes ou communautés de communes ont répondu, le comité opérationnel a retenu Bayonne parmi 27 autres villes, au titre de l''expérimentation de "nouvelles modalités de concertation".

"Deux catégories de villes sont impliquées dans la démarche. Une première série qui tachera de tester la réduction des seuils d''émission des ondes, par les opérateurs, ce qui est une première en Europe. Il y a ensuite une deuxième série de villes qui travaille sur la concertation et sur la gestion des débats parfois violents avec les citoyens. Cela implique le principe de concertation mais aussi les évolutions technologiques dont le passage de la 3G à la 4G. C''est compliqué. Tout le monde le veut mais personne ne veut voir de nouvelles antennes".

Prudente sur la question et engagée dans un Agenda 21 local destiné à faire émerger une expression citoyenne, la Ville de Bayonne n''a donc pas été retenue pour expérimenter la réduction de la puissance d''exposition aux champs électromagnétiques. Depuis la première réunion du 11 février 2010, Bayonne travaille à la mise en place de nouvelles modalités de concertation autour des antennes-relais, un terrain qu''elle a déjà initié.


Une Instance communale de concertation: un exemple à suivre?

Depuis avril dernier, la ville de Bayonne a mis en place une Instance communale de concertation qui compte la Ville de Bayonne, les trois opérateurs (SFR, Bouygues et Orange), les services de santé (DDASS), les associations PRIARTéM et Agir pour l''environnement.

Le travail de cette instance est de répondre aux questionnements de tous y compris "des opérateurs privés qui font prévaloir leurs intérêts sur la santé des populations" comme l''explique Olivier Borraz. Cette initiative a sûrement intéressé le Comité opérationnel du Grenelle des Ondes.

"Le but est d''aider les municipalités à trouver des lieux de dialogue pour lever les angoisses, pour discuter avant d''inférer sur le cadre législatif" reprend l''adjointe à l''Environnement de la mairie de Bayonne. Au sein d''un réseau de douze villes, Martine Bisauta et ses collaborateurs qui ont tenu la première réunion interne mercredi, rappelle que les résultats escomptés sont destinés à être partagés entre tous car "les villes sont demandeuses".


Comment ces débats seront pris en comte par le législateur? Pour l''instant, nul ne le sait.

Pour l''instant, à Bayonne, l''ensemble des acteurs concernés par la mise en place de nouvelles antennes (dont le nombre devrait s''élever de 40.000 à 50.000 antennes supplémentaires dans le mois à venir en France), devrait continuer à se réunir une à deux fois par an, au minimum, pour aborder le sujet ensemble.



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