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Enfants volés : le gouvernement basque lance une commission d'enquête

Rédaction

26/01/2012

Le gouvernement basque va créer une commission interministérielle d'enquête pour analyser l'affaire des enfants volés et des adoptions illégales.

  • Le cimetière de Polloe, au Pays Basque, où a eu lieu récemment une exhumation.

    Le cimetière de Polloe, au Pays Basque, où a eu lieu récemment une exhumation. Photo: EITB

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Une commission d'enquête du gouvernement de la Communauté autonome basque va se pencher sur l'affaire des enfants volés et des adoptions illégales.

Idoia Mendia, porte-parole du gouvernement basque et ministre de la Justice et de l'Administration publique, a annoncé ce jeudi la création d'une commission interministérielle d'enquête (Santé, Intérieur et Justice).

Ce vendredi, des représentants du gouvernement basque vont se réunir avec les associations de victimes Anadir et SOS Bebes Robados (SOS Bébés volés). Ces réunions devraient se répéter tous les six mois.

"Notre principal obstacle pour trouver la vérité et réparer les victimes est l'écoulement du temps qui empêche de trouver des témoins," a estimé Idoia Mendia.

Ce vendredi, le gouvernement basque devrait expliquer aux associations tout ce que le gouvernement est en train de faire, ainsi que les dernières informations du ministère public. L'objectif de la réunion sera aussi d'écouter les associations et de recueillir leurs impressions, a indiqué la porte-parole du gouvernement.


Près de 200 procédures ont été lancées

Le plus grand nombre de cas a été enregistré en Gipuzkoa, où 126 plaintes ont été déposées. Si 9 plaintes ont été classées, des enquêtes ont été ouvertes pour les autres. En Araba, 31 plaintes ont été déposées. En Biscaye, 66 plaintes ont été déposées, dont 21 ont été classées.


L'affaire des enfants volés

Volés à la naissance contre la volonté de leurs mères, à qui l'on assurait que le bébé était décédé, puis vendus à des familles ne parvenant pas à avoir d'enfants: les collectifs des victimes d'adoptions illégales dénoncent l'existence d'un véritable trafic de bébés, pendant la dictature franquiste (1939-75) et jusqu'à la fin des années 1980.

L'affaire touche l'Espagne entière, mais c'est surtout dans la Communauté autonome basque où le plus grand nombre de cas sont en train de voir le jour.

Sous le franquisme, les bébés étaient surtout volés pour des raisons politiques, à des femmes républicaines et l'objectif n'était encore pas de faire de l'argent. Un décret datant de 1940 permettait au régime franquiste de placer les enfants sous sa garde si leur "éducation morale" était en danger.

Après le franquisme, le système a dérivé. Des médecins et des cliniques privées ont vu qu'il y avait moyen de gagner de l'argent et ont commencé à vendre des bébés, selon un des avocats des victimes. Les identités des bébés étaient falsifiées et l'enfant "acheté" figurait sur le livret de famille comme enfant biologique de la famille.

L'affaire des milliers d'enfants volés a pris une ampleur inquiétante ces dernières semaines. De plus en plus de gens qui ont découvert qu'ils ne sont pas l'enfant biologique de leurs parents se demandent si leur adoption a été légale, alors que d'autres personnes qui étaient au courant de l'affaire ou qui y avaient participé commencent à parler publiquement et à rendre leur témoignage.

"Derrière ces disparitions de centaines de bébé entre les années 1950 et 1990, il y avait forcément un réseau sur lequel il faudra enquêter," a estimé le président d'Euskadi, Patxi Lopez, en ajoutant que "tout cela devait être bien orchestré entre médecins, hôpitaux et cimetières".

Ces dernières semaines, trois exhumations de bébés supposés morts ont eu lieu en Biscaye et en Gipuzkoa, en Pays Basque sud, mais tous les cercueils étaient vides...


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