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Accident industriel

La tragédie d'AZF en procès

eitb.com

24/02/2009

Huit ans après les faits, le procès débute lundi afin de déterminer les responsabilités dans l'explosion de l'usine toulousaine du groupe Total en 2001 qui avait fait 30 morts : 1.600 parties civiles, une soixantaine d'avocats, des dizaines d'experts sont mobilisées.

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Filmé intégralement par des caméras, une première, le procès en correctionnelle de l''explosion de l''usine AZF, qui fit 31 morts et plus de 2.000 blessés le 21septembre 2001 à Toulouse, s''est ouvert lundi après-midi dans la grande salle municipale Jean-Mermoz, mise à disposition par la ville de Toulouse pour l''occasion.

Quelque 1.600 parties civiles, une soixantaine d''avocats, des dizaines d''experts sont attendus pour ce procès en correctionnelle, qui sera "le plus important organisé en France", selon une source judiciaire.

Pendant quatre mois, quelque 2.949 plaignants et 1.813 parties civiles, assistées de plus de 50 avocats, participeront à ce procès pénal dont le délibéré devrait être rendu probablement dans le courant de la seconde quinzaine de novembre. Près de 200 témoins et experts sont appelés à comparaître lors des débats.

Deux prévenus

Sur le banc des prévenus, Serge Biechlin, ancien directeur d''AZF mis en examen en juin 2002, et la société Grande Paroisse (propriétaire de l''usine etfiliale du groupe Total), en qualité de personne morale, mise en examen en mai 2006, comparaissent pour "homicides et blessures involontaires" et "destructions de biens". Dans cette affaire, 12 autres personnes dont un manutentionnaire employé par une entreprise sous-traitante ont été mises en examen avant de bénéficier d''un non-lieu en cours d''instruction.

Thomas Le Monnyer, président du tribunal correctionnel, a souligné à l''ouverture du procès le "contexte particulier dans lequel se présente l''affaire", précisant que le tribunal "ressentait l''émotion immense des victimes". M. Le Monnyer a ajouté que le tribunal présenterait "sans a priori les éléments dégagés par le dossier d''instruction".

Cette première journée d''audience a été consacrée à la présentation du dossier et à la lecture de l''ordonnance de renvoi. Le tribunal a aussi procédé à l''appel des experts, des témoins et des parties civiles. Le tribunal correctionnel a également examiné la demande de deux familles que deux victimes décédées en octobre 2001 et janvier 2002 soient ajoutées à la liste officielle des 29 morts. Le tribunal a accepté la jonction de ces deux cas aux 29 autres.

L''équivalent d''un séisme de 3,4 degrés

Le 21 septembre 2001, l''explosion de l''usine AZote Fertilisants (AZF) avait provoqué une secousse équivalente à un séisme de 3,4 degrés sur l''échelle deRichter. Au terme de cinq années d''investigations, les experts judiciaires avaient conclu dans leur rapport final, remis le 16 mai 2006, à un accident chimique provoqué par la mise en contact, vingt minutes avant l''explosion, de DCCNa, un produit chloré avec une demi-tonne de nitrate d''ammonium, déversés sur un tas d''ammonitrate entreposé dans le hangar 221 où se trouvaient au total près de 300 tonnes d''ammonitrate.

Le rapport dénonce des "négligences et manquements en série" et une "méconnaissance de la réelle dangerosité des nitrates" au sein de l''usine.

D''autres pistes restent à explorer

Plusieurs audiences devront aussi évoquer les nombreuses hypothèses qui ont été évoquées lors de l''instruction comme la cause naturelle (météorite, foudre), le phénomène électromagnétique, la thèse électrique, l''explosion de poussières et d''atmosphère ou encore l''accident industriel préalable.

Par ailleurs, quatre autres audiences seront consacrées à la piste intentionnelle. Une "note" des Renseignements généraux et la "rumeur dans le contexte de l''après 11-Septembre" seront abordées ainsi que les incidents de la veille et ceux du jour même de l''accident entre les chargeurs et les chauffeurs routiers. Une autre audience s''intéressera à Hassan Jandoubi, l''homme qui avait été retrouvé mort sur les lieux de l''explosion avec plusieurs couches de sous-vêtements sur lui.

Me Daniel Soulez-Larivière, avocat de Grande Paroisse, a confirmé vouloir demander "deux relaxes à la fin des débats". "Nous sommes là pour défendre une accusation et non pas des scénarios", a-t-il ajouté.

Pierre Cohen, maire PS de la ville de Toulouse, qui s''est constituée partie civile, a estimé que ce procès était celui de "l''apaisement" et de la "vérité". Enfin, Gérard Ratier, président de l''Association des familles endeuillées, a dit attendre ce procès "avec impatience" et "particulièrement" la deuxième semaine au cours de laquelle les victimes auront la parole.




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