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Abolition des corridas

Bayonne, ville anti-corrida : près de 6.000 signatures en deux mois

Rédaction

03/09/2012

Près de 6.000 personnes ont déjà signé la pétition pour que Bayonne devienne "ville anti-corrida", alors que le Conseil Constitutionnel se penche sur une Question prioritaire de constitutionnalité.

  • Une corrida aux arènes de Bayonne.

    Une corrida aux arènes de Bayonne. Photo: EITB

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Le combat pour l'abolition des corridas se poursuit en Pays Basque. Le CRAC a manifesté ce samedi à Bayonne, alors que près de 6.000 personnes ont déjà signé la pétition pour que Bayonne devienne "ville anti-corrida" et le Conseil Constitutionnel se penche sur une Question prioritaire de constitutionnalité.

Si Donostia-San Sebastian, en Pays Basque sud, s'apprête à interdire la corrida, Bayonne, qui se vante d'être "la ville taurine la plus ancienne de France", veut maintenir la tradition et continue de la financer.

Selon le magazine Terres Taurines, la tauromachie jouirait d'une "excellente santé" à Bayonne. Après le déficit de 400.000 euros en 2011, les arènes de Bayonne auraient redressé leur situation, écrit le magazine dans un édito sans préciser des chiffres. Ce résultat serait dû à un redressement des dépenses (diminution des honoraires des figuras,...) et à une réduction de la programmation. Une réduction qui ne serait pas, selon le magazine, le résultat d'un déclin de la tauromachie...

Selon le Comité radicalement anti-corrida (CRAC), par contre, "la corrida est de plus en plus considérée comme une ringardise". Des anti-taurins ont distribué ce week-end des tracts à Bayonne pour dénoncer, en marge de la Féria de l'Atlantique, la barbarie tauromachique.

 

 

Une question prioritaire de constitutionnalité et une lettre ouverte

Le CRAC et l'Association Droits des Animaux ont déposé une Question prioritaire de constitutionnalité (QPC) auprès du Conseil Constitutionnel, tendant à l'annulation de la décision du ministre de la culture et de la communication d'inscrire la corrida au patrimoine immatériel de la France et de la décision implicite par laquelle le ministre a rejeté le recours gracieux dirigé contre cette décision. La QPC est à l'ordre du jour de l'audience publique du 11 septembre prochain.

Michèle Breut, vice-présidente du CRAC Europe, adressé une lettre ouverte au président de la République, François Hollande, et au premier ministre, Jean-Marc Ayrault, pour dénoncer l'assistance des ministres Manuel Valls et Marie-Arlette Carlotti à des corridas. Selon le CRAC, la complicité avec la torture tauromachique est "incompatible avec le socialisme et la démocratie promise par François Hollande".

"Pensez-vous qu'il soit normal que le Parti socialiste français se conduise comme le PP espagnol, parti de droite qui, méprisant l'évolution des moeurs en Espagne, n'écoutant pas sa jeunesse, qui déserte les arènes, a l'impudence d'investir les fonds européens dans la tauromachie, pour la seule satisfaction de sa passion morbide pour la torture animale?," se demande Michèle Breut dans sa lettre.

 

6.000 signatures

Lancée le 8 juillet dernier, une pétition pour que Bayonne devienne "ville anti-corrida" a déjà recueilli près de 6.000 signatures. Les signataires demandent qu'on "arrête de cautionner le meurtre et la torture d'un animal sensible et innocent". "Les contribuables en ont assez que l'argent public finance la cruauté".

Sachant que 66% des Français (Sondage IFOP Août 2010) se prononce pour l'interdiction des corridas en France, cette pétition veut faire entendre cette majorité. "Quel beau message d'espoir si la municipalité de Bayonne, grande ville taurine, prenait conscience qu'une société civilisée se doit de respecter les animaux et de ne pas banaliser et encourager la violence," estiment les signataires.

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