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L'extension du nom de domaine .eus : un exemple à suivre

Jean-Marie Izquierdo

02/02/2009

L'association PuntuEus suit le modèle catalan de la fondation PuntCAT qui a obtenu l'autorisation d'ouvrir l'extension du .cat en février 2006, une voie que suivent aussi les Bretons de l'association www.bzh.

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Les porte-paroles de l''association PuntuEus ont annoncé jeudi à Durango qu''ils allaient demander une extension du nom de domaine .eus afin de contribuer au développement de l''euskera et de la culture basque sur l''Internet.

L''association PuntuEus suit le modèle catalan de la fondation PuntCAT qui a obtenu l''autorisation de diffuser le .cat en février 2006, une voie que suivent les Bretons de l''association www.bzh.

Un exemple suivi par les Bretons de www.bzh

"Depuis un an et demi, nous avons eu de nombreuses réunions avec les animateurs de .eus. Depuis la candidature de la Catalogne en 2005 et l''ouverture du domaine .cat en 2006, nous essayons tous de suivre l''exemple catalan" rappelle Matthieu Crédou, chargé de mission à l''association www.bzh. qui pour objectif de faire la promotion du .bzh, c''est-à-dire l''extension du domaine Internet pour "la Bretagne, sa langue et sa culture".

Le .bzh, à l''instar du .cat, cherche à défendre une extension culturelle pour promouvoir la langue et la culture bretonne de part le monde. Amadeu Abril i Abril, membre de la fondation PuntCAT, et ex membre du conseil d''administration de l''ICANN (Internet Corporation for Assigned Neames and Numbers) a très largement participé à la promotion de ces noms de domaines culturels.

"Nous avions invité Amadeu Abril en Septembre 2007 lors de la Breizh Touch à Paris, après l''avoir d''abord rencontré un peu avant, à Saint Jacques de Compostelle, avec nos amis galiciens, basques et gallois. Il nous a expliqué la démarche .cat. pour créer un espace pour la culture catalane. Or cet espace ne pouvait être en nom de domaine traditionnel car ces extensions sont orientées vers une activité plutôt économique". La difficulté est de donner un sens au terme de "communauté" qui est un des éléments importants du cahier des charges émis par l''ICANN, l''organisme, dépendant du sous-secrétariat américain au commerce, qui gère les noms de domaines dans le monde entier.

L''extension des noms de domaines: une opportunité pour les cultures

Alors que les dénominations génériques actuelles sont saturées, ouvrir les registres devrait permettre de fluidifier leur flux et de gagner en chiffre d''affaire puisque la rentabilité est liée à la création des adresses. L''ICANN souhaite surtout libéraliser le processus, elle ne veut pas éviter au sens strict l''apparition des marques, mais c''est une conséquence indirecte de leur politique. Il y a un développement potentiel du marketing des extensions liées aux marques (.nike, .mac etc.) que l''orgnaisme veut contrôler. L''ICANN a annoncé l''arrivée d''adresses Internet en une quinzaine de nouvelles langues, incluant le cyrillique et le chinois. Si l''on prend l''exemple catalan, c''est la culture catalane et sa dynamique qui les a attiré et non l''extension en elle-même. Une voie que les .eus, .bzh, .gal, .cym comptent suivre. Mais tout cela n''est pas gratuit, la présentation du dossier d''extension coûte environs 200 000 euros.

"L''ICANN a des critères qui sont tournés vers la rentabilité des noms de domaines créés. Il s''agit donc bien de vendre des noms de domaines qui soient rentables. Il y a là une logique de marché. C''est donc la notion de "communauté" qui demande à être définie puisque l''on voit apparaître des projets .berlin, .paris etc." explique Mariannig Le Béchec, chercheur à l''Université européenne de Bretagne, Rennes 2. "Depuis juin 2008, tout le monde peut déposer un nom de domaine. Pour l''ICANN, il faut que le projet d''''extension soit viable et rentable économiquement. Or, pour l''exemple de la Bretagne, avec 150 000 à 200 000 locuteurs en langue bretonne, il faut parvenir à redéfinir plus largement, au-delà du breton, ce qu''est la communauté bretonne, pour que le projet soit viable" ajoute-t-elle.

Une réalité à laquelle réfléchit très activement l''association www.bzh. "Certes l''exemple catalan nous a montré une voie mais nous avons une contrainte, c''est que le breton n''est pas aussi parlé que le catalan en Catalogne, que le basque en Pays Basque… Nous ne pouvons pas cantonner notre action à l''usage du breton sur Internet. Ce qu''il faut considérer, c''est que les extensions sont des moyens de réunir des communautés sur Internet de manière très positive, très ouverte autour des dimension culturelles en particulier" précise Matthieu Crédou.

L''extension .cat a su convaincre l''ICANN de la pertinence de son extension. "On dénombre aujourd''hui près de 38 000 noms de domaine inscrits en .cat, ce qui démontre que le modèle est viable et même rentable. De notre côté, nous suivons cette voie. Nous constituons le dossier pour la fin de l''année 2009. La Région Bretagne nous a accordé 65 000 euros en fin d''année 2008. Nous allons solliciter les autres collectivités territoriales : les départements, les communes, puis les entreprises et les particuliers pour pouvoir présenter le dossier dans les dates" assure Matthieu Crédou, chargé de mission de l''association www.bzh.



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