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33 ans après, la Vuelta traversera à nouveau le Pays Basque

Rédaction

09/09/2011

Le Tour d'Espagne cycliste arrivera vendredi à Bilbao et samedi à Vitoria, après avoir fait l'impasse sur l'Euskadi durant 33 ans, et estimé que les conditions politiques étaient mieux réunies.

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C’était le 18 juillet 2010, en plein Tour de France, avec une information qui faisait sensation en Espagne, et résonnait particulièrement auprès des amateurs de cyclisme des deux côtés des Pyrénées : les organisateurs de la Vuelta (le Tour d'Espagne cycliste) et le gouvernement basque avaient conclu à la venue, pour 2011, de l’épreuve sur des terres d'Euskadi n’ayant pas servi d’escale depuis 33 ans.

Un véritable évènement, 33 ans après son dernier passage, émaillé d'incidents et de tensions, qui avaient finalement débouché sur l'impasse de cette région.

En 1978, donc, la course se terminait à Donostia/San Sebastian, avec deux demi-étapes le dernier jour. La première avait été raccourcie à cause d’obstacles disposés sur la chaussée. La seconde avait été annulée.

Dix ans auparavant, cela avait été plus dramatique : une action de l'ETA avait eu lieu, sous la forme d'une bombe à proximité de l’endroit où passaient les coureurs, sur le chemin liant Vitoria à Pampelune. Il y avait eu deux blessés. C’était à Urbasa, en Navarre.

Aujourd’hui, vendredi 9 septembre 2011, et à quelques jours du bouquet final à Madrid, Bilbao sera la ville-arrivée de la Vuelta, avant Vitoria, samedi.

"Ce retour représente une double satisfaction", jubile Javier Guillen, directeur général de l'épreuve. "D'une part, parce que le Pays Basque possède l'un des meilleurs publics de cyclisme au monde. D'autre part, parce que c'est une manière pour la Vuelta de renouer avec son histoire: avant 1978, c'est en effet le Correo Espanol, journal de Bilbao, qui organisait la Vuelta".

Pour que rien ne vienne s'interposer à l'épreuve, de lourdes amendes sont prévues en cas d’incidents, allant de 60 000 à 650 000 euros, le gouvernement basque ayant mis la pression pour mettre fin à l'image d'une "région dangereuse".

"Si nous revenons au Pays Basque cette année, ce n'est pas parce qu'avant, la sécurité n'était pas assurée", complète tout de même Javier Guillen. "C'est un tout. Il y a toujours eu des demandes de la part des villes basques pour accueillir la Vuelta durant ces 33 ans, mais c'est en 2011 que tous les facteurs étaient réunis pour mettre en pratique ce retour : le calendrier, l'organisation, le parcours".

La Navarre, 7ème province basque non inscrite dans la communauté autonome d'Euskadi, ne sera pas oubliée l'an prochain, puisque les organisateurs de la Vuelta ont annoncé cette semaine que Pampelune sera une ville-étape, et certains bruits de couloirs au sein du peloton portent l'idée que la capitale navarraise pourrait être la ville de départ de la Vuelta 2012.

Trente-trois éditions plus tard, les organisateurs de l'épreuve rejoignent donc une vision d'une vie politique basque plus stable et d'une menace de l'ETA qui s'éloigne, décidant le temps de deux étapes cyclistes de réparer comme une dette envers une terre qui a pourtant le cyclisme chevillé au coeur et au corps.

L'heure est donc à la réjouissance, qui compensera sans doute la déception de cette année, où aucun coureur basque n'est suffisamment bien placé pour remporter l'épreuve.

Igor Anton, le leader des Euskaltel, équipe basque par excellence, annoncé comme l'un des grands favoris, n'a pas eu les jambes de l'année dernière.

A défaut, le public du cru pourra toujours se rabattre sur l'espoir d'une victoire d'étape basque : Mikel Nieve ou le même Igor Anton pourraient être inspirés par ce retour sur leurs terres natales.


Une épreuve pas forcément la bienvenue pour tous

C'est un fait : proportionnellement aux nombres d'habitants, Euskadi est la région la plus mordue de vélo d'Espagne, avec une Fédération basque de cyclisme qui compte près de 7 000 licenciés pour près de 2 millions d'habitants.

En revanche, pour la coalition indépendantiste Bildu, deuxième force politique d'Euskadi depuis les élections de mai, ce retour de la Vuelta est qualifiée de "régression".

Et la coalition de gauche abertzale a prévenu : la Vuelta n'est pas la bienvenue, quand le gouvernement basque de Gasteiz tente d'"espagnoliser" le Pays basque en niant son existence en tant que nation.

Mais les intentions de contestation ont été clairement affichée ; pas d'appel au boycott des deux étapes du Pays Basque, mais plusieurs rassemblements, sur différents sites, avant le passage des coureurs.



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