
Aristides Sousa Mendes, au milieu de sa famille et d'enfants rescapés. Document EITB
Il aura fallu des années d'obstination pour qu'un collectif international, depuis Lisbonne, Bordeaux, et le Pays Basque nord, parvienne à mettre en lumière le rôle historique d'Aristides Sousa Mendes, consul général du Portugal à Bordeaux, qui exerçait son métier avec dévouement, jusqu'au moment où les troupes allemandes envahissent d'abord la Pologne en septembre 1939 puis, quelques mois plus tard, la France.
La "plus grande action de sauvetage menée par une seule personne pendant l'Holocauste"
A la tête du Portugal, le dictateur Salazar choisit le camp de l'Allemagne, et envoie une circulaire l'ensemble des consuls à l'étranger, et en particulier en France : les visas ne seront plus délivrés que de façon très stricte.
Frappé par les milliers de gens qui, saisis de terreur, font la queue pour échapper à l'arrivée imminente des autorités allemandes, Aristides passe trois jours enfermé dans sa chambre, et n'en ressort qu'avec la ferme conviction d'un "texte immonde" (un sentiment qui n'aura guère effleuré Maurice Papon, Préfet à Bordeaux également, qui s'appliquera avec zèle à remplir de familles juives les trains en direction des camps de la mort).
Sa vie vient de basculer, entrainant toutes celles qu'il décide de sauver.
Il entreprend de signer à tour de bras des visas pour l'Espagne, avant de se rendre compte par lui-même, au poste frontière d'Hendaye, que les réfugiés sont stoppés par la police espagnole.
Soupçonné par sa hiérarchie sur Bordeaux, il "disparait" de la circulation mais investit le Consulat du Portugal à Bayonne, rue du Pilori, signant ses visas sur le moindre bout de papier qu'on lui présente : ses bons de traversées de l'Espagne franquiste pour rejoindre le Portugal et la liberté sont dès lors une course contre la montre.
Il en signera 30.000 en quelques jours, sauvant autant de vies : des juifs, amis également des "personnes de nationalité étrangères", une distinction que ce fervent catholique refuse de considérer.
Sa mémoire réhabilité... 40 ans après sa mort
C'est cette histoire extraordinaire, "la plus grande action de sauvetage menée par une seule personne pendant l'Holocauste" selon l'historien israélien Yehuda Bauer, qui est racontée dans cette fiction édifiante.
Sa mémoire, et sa réhabilitation, ne seront officialisés au Portugal qu'en 1995.
Plus de renseignement sur ce "héros de l'ombre", sur le site de Wikipédia, ou sur le site qui lui rend hommage.