
agrandir imageL'urgence d'un nouveau traité sur les gaz à effet de serre. Photo: Lorentxo Zarautz
Des centaines de scientifiques réunis au Danemark ont fait le point sur le changement climatique. Ils ont averti jeudi que le réchauffement s'accélère plus vite que prévu, il menace de provoquer des bouleversements "irréversibles" pour la planète.
Près de 2.000 climatologues ont participé à Copenhague à une conférence destinée à actualiser les données scientifiques du rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) publié en 2007. Le document sera présenté aux décideurs politiques lors d'un sommet décisif qui se tiendra à Copenhague en décembre prochain. Son objectif est d'établir un nouveau traité sur les gaz à effet de serre, en vue du remplacement de celui de Kyoto qui expire en 2012.
Les chercheurs ont dressé un constat alarmant. Les prévisions les plus pessimistes du GIEC, "se réalisent" au-delà de ce qui était envisagé, ont-ils déclaré dans un communiqué. "Il y a un risque important que beaucoup de ces tendances s'accélèrent, menant à un risque accru de changements climatiques brutaux ou irréversibles."
Le rapport 2007 prédisait une hausse du niveau de la mer entre 18 et 58 centimètres d'ici la fin du siècle, un phénomène qui pourrait contraindre des millions de personnes à quitter leur foyer. Mais selon de nouvelles données, l'élévation du niveau de la mer pourrait en fait atteindre de 50cm à un mètre, sous l'effet notamment de la fonte des glaces polaires.
"Des observations récentes montrent que les sociétés sont très vulnérables à des niveaux même modestes de changement climatique, les pays et communautés pauvres étant particulièrement exposés", précise le communiqué.
Les climatologues notent que les décideurs politiques ont déjà à leur disposition des outils pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre. Mais ces instruments "doivent être mis en oeuvre largement et de manière vigoureuse afin de réaliser les transformations sociétales nécessaires pour décarboner les économies".
"Nous savons d'après les données scientifiques que le changement climatique est une réalité et qu'il aura des effets nuisibles sur l'économie dans le monde entier", a déclaré le Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen, qui a assisté à la conférence. "Nous avons donc besoin d'un accord (...) cette année", a-t-il ajouté en allusion au sommet prévu en décembre.
Un peu plus tôt jeudi, l'économiste Nicholas Stern, auteur d'un rapport pour le gouvernement britannique sur le coût du changement climatique, a déclaré à la conférence que la crise représentait une opportunité pour développer une économie moins consommatrice d'énergie. "Nous devons poser les fondements d'une croissance faiblement carbonée", a-t-il déclaré.
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