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Un tourisme durable est-il possible ?

Jean-Marie Izquierdo - 07/04/2009 | Bayonne |
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Une série de conférences-débats s'est tenue lundi à la Faculté de Bayonne sur la question du tourisme durable en Pays Basque. Des intervenants internationaux et des deux versants de la frontière ont confronté leur approche dans des débats très riches.

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Dans le cadre de la semaine du développement durable, une série de conférences-débats s'est tenue lundi à la Faculté interdisciplinaire de Bayonne, sur le Campus de la Nive, sur la question du tourisme durable en Pays Basque. Des intervenants internationaux et des deux versants de la frontière ont confronté leur approche dans des débats très riches.

Les étudiants du Master 2 Coopération Transfrontalière et Interrégionale de l'UPPA du campus de la Nive ont organisé lundi 6 et mardi 7 avril, deux journées consacrées aux démarches touristiques durables en Pays Basque.

Grâce à un panel associant à la fois des spécialistes de l'environnement en Europe et en Pays Basque, il a été possible d'observer combien il y a de choses communes dans les manières d'opérer : chacun s'ouvre à l'autre pour ne plus gérer les questions environnementales exclusivement de son côté. Pourtant, qu'il s'agisse de la gestion de la qualité des eaux de rivières entre l'Allemagne et les Pays Bas ou de la qualité des eaux de baignade sur la Côte Basque, personne ne peut résoudre ces questions sans coordonner ses efforts avec ses voisins.

C'est ce qu'ont montré les cas concrets présentés par Jan van der Molen des Pays Bas sur la gestion des eaux de rivière sur un territoire transfrontalier, Mare Urdina entre le Pays Basque sud et Nord porté par la Surfrider Foundation Europe, les efforts de coopération défendu par le Maire de Guéthary, Monsieur Larrousset notamment dans le cadre du projet LOREA du Conseil de développement du Pays Basque, ou encore ceux de Kosta Garbia, tous ces exemples ont montré la caractère transversal, "intégré" des problématiques environnementales.

Plus personne ne peut se contenter d'agir seul sur son territoire, il faut agir de concert. "Il y a eu les pavillons bleus mais maintenant, nous nous positionnons sur des normes de qualité certifiée. Ce n'est pas le problème d'une commune mais de toutes les communes de la Côte Basque" a rappelé Albert Larrousset. Une réalité appuyée par les propos de Caroline Sarrade, Chargée de mission au Conseil de développement, ou de Mathieu Darmendrail, responsable du syndicat mixte Kosta Garbia, qui ont démontré les efforts de coordination des initiatives locales en Pays Basque, au sein de LOREA notament, un travail qui s'étend des institutions locales, au Ministère de l'environnement et à l'Europe…

L'intérêt de cette journée fut aussi de confronter des expériences remarquables aux yeux de l'Union européenne. L'action de la municipalité de Lekeitio est à cet égard exemplaire car elle concilie à la fois les enjeux socio-économique, historique et culturel d'un territoire qui vit du tourisme. Nekane Irusta, chargée de développeemnt local de la commune l'a démontré. Acceptant que le tourisme est une ressource, qui peut cependant altérer les équilibres identitaires, sociaux et économiques, le travail de mémoire et de modernisation de Lekeitio permet de gérer au mieux les chamboulements urbains et environnementaux produit par l'économie touristique.

C'est cette question qu'Agustin Arostegi, de la Diputacion de Gipuzkoa a traitée. Comment rendre le territoire gipuzkoan compétitif dans son ensemble ? En gérant son image de marque et de ses marques, en intégrant la diversité de l'offre touristique au niveau d'une députation (département). L'activité touristique est une compétence de l'échelon autonomique (région) et c'est sur l'image du Pays Basque que se positionne le travail des pouvoirs publics. Il s'agit d'un marketing territorial, labellisé qui doit permettre d'intégrer les nouveaux comportements des consommateurs de produits touristiques de la manière la plus harmonieuse.

L'intervention éclairante d'Olivier Bessy, de l'UPPA, a permis d'illustrer à quel point les modèles économiques de tourisme sont désormais divers : il n'y a pas de modèle de tourisme de masse, ni de tourisme exclusivement de niche, tous les tourismes cohabitent pour des consommateurs de tourisme qui "zappe". Nul besoin de "bétonner les côtes et les montagnes", il s'agit bien de coordonner ses efforts au niveau d'un niveau pertinent de gouvernement et de gouvernance pour défendre une image attractive de son territoire.

Comme la question de la gestion des eaux le démontre, plus personne ne peut agir isolément, durablement, sans apprendre à collaborer avec des partenaires afin de promouvoir des territoires que l'on appelle intégrée. Lekeitio, c'est-à-dire un modèle qui respecte tout autant l'histoire, les impératifs économiques que les visiteurs est en ce sens remarquable puisqu'il associe l'ensemble du territoire municipal dans son environnement naturel et institutionnel. Un exemple à suivre.




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