
Le Conseil Régional d'Aquitaine, réuni en plénière ce jeudi 25 juin. Photo : EITB
Comme nous l'annoncions jeudi dernier, la Région Aquitaine a budgétisé la possibilité d'être acquéreur pour 6 millions d'euros des 8 hectares de l'ancienne usine d'engrais et minerais de Fertiladour, au Boucau, mais sa dépollution sera à la charge de l'industriel selon les conclusions qu'un organisme indépendant est donc chargé de dresser avant toute transaction financière.
C'est par une intervention sans détours du groupe des Verts, défendue par Jean Lissar, qu'aura été finalement ajoutée une clause obligatoire qui prévient toute possibilité pour le propriétaire de l'ex-usine Fertiladour du Boucau d'échapper au principe du "pollueur-payeur".
Dénonçant les "conditions calamiteuses tant qu'environnementales que sanitaires", ayant affecté les travailleurs de l'usine ("qui ont déjà payé un lourd tribut au prix de leur santé"), mais également les riverains, Fertiladour est, pour les Verts, "un scandale comparable à l'amiante".
"Ne rajoutons pas un deuxième scandale au premier !"
Une page inattendue, mais espérée depuis de nombreuses années par des associations comme le CADE ou Aloes-Boucau qui n'ont eu de cesse d'exiger des relevés radiamétriques des 8 hectares, quand ils ne menaient pas eux même de multiples mesures sur des points présentant des taux de radioactivité 20 fois supérieurs à la limite autorisée.
Ce ne sera pas celle de l'oubli, de cette "radioactivité naturelle" comme la décrit le Directeur de Fertiladour, celle de l'enfouissement "satisfaisant" des terres sous une couche de graviers et d'une radioprotection acceptable "à 1 mètre du sol".
Non, ce sera bien celle d'une expertise indépendante, confiée à un organisme d'étude comme la Crii-Rad : en octobre dernier, Roland Desbordes, son Président, ne cachait nullement sa colère, sur Eitb, vis à vis de ce traitement de "crotte de chat".
Un "lourd tribut déjà payé par ses salariés"
Les Verts ont tenu à rendre hommage aux associations confrontées à l'attitude d'un industriel qui, "loin d'assumer ses responsabilités, a au contraire tenté de tout faire pour se dérober à ses obligations", mais également, celle, "détestable", du représentant de l'Etat qui n'aura diligenté aucune action coercitive contre Fertiladour.
Et elle se conclut par la nécessité du "respect envers la mémoire des victimes de ce scandale, mais aussi pour éviter dans le futur qu'il ne se reproduise pour le personnel qui aura à travailler sur ce site".
En avril dernier, deux ex-salariés de Fertiladour témoignaient pour Eitb des conditions dantesques dans lesquelles ils travaillaient cette terre rare, importée de Madagascar : radioactive à l'état naturel, son broyage concentrait ses ionisations, lui conférant un danger sanitaire supérieur à celui de l'uranium.
Sa vente sera donc retardée
La déclaration de cessation d'activité de Fertiladour, envisagée pour cet été, comportera son nombre de servitudes et de contraintes que Michel Amiel, l'inspecteur de la DRIRE, chargé de la surveillance du site depuis 2000, considérait comme "dans les clous" et acceptables... pour l'acquéreur.
Celui-ci, la Région désormais, ne se fiera plus à ce seul avis, et il faudra sans doute attendre début 2010 pour obtenir les conclusions de l'organisme indépendant.
Un trop grand écart entre ces deux rapports prouverait alors que, malgré la loi qui les impose pour la sécurité des citoyens, certains "garde-fous" sont en place depuis trop longtemps.
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